1969 : Un été chaud

Journal Constructo 1969

Les faits saillants de 1969

  • Merck Frosst Canada s’installe dans un nouveau complexe pharmaceutique de Kirkland
  • Grève de 59 jours dans le milieu de la construction
  • La Foundation Company of Canada Ltd. obtient un contrat de 29 millions $ à l'aménagement hydroélectrique de Churchill Falls
  • Construction d'un premier tronçon de la Transquébécoise (A55), afin de relier le pont de Trois-Rivières à l'extrémité sud de Bécancour
  • Adoption du projet de loi sur les langues officielles du Canada par la Chambre des communes
Par Marie Gagnon

Que dire de l’année 1969, sinon qu’elle marque les annales de l’industrie de manière… explosive ?

Dans la foulée des changements annoncés dans les relations de travail, Montréal est la cible d’attentats à la bombe. En mai, une première bombe saute au siège social de l’Association des entrepreneurs en construction du Québec. Elle est bientôt suivie par l’explosion de trois bombes sur des chantiers de la Compagnie Nord Construction. En juillet, ça saute de plus belle : cinq bombes éclatent dans les bureaux de grands constructeurs de la région de Montréal.

 

L’année débute pourtant sous de bons auspices. Le gouvernement fédéral annonce enfin la construction de l’Aéroport de Mirabel. On se souvient que l’augmentation du trafic aérien justifie la construction d’un second aéroport. Après de nombreux débats, les Basses-Laurentides sont choisies pour accueillir ce nouvel aéroport international. Les travaux, qui débuteront l’année suivante, sont précédés de 3 126 avis d’expropriation aux résidents de Sainte-Scholastique et d’autres municipalités limitrophes.

 

À l’autre bout de la province, le fédéral déclare également son intention de créer le parc de Forillon, en Gaspésie. Il s’agit du vingtième parc national au Canada et du premier en sol québécois. Selon l’entente intervenue, le gouvernement du Québec met le site à la disposition du fédéral pour une période de 90 ans, tout en conservant la possibilité de le récupérer au bout de 60 ans moyennant, bien sûr, une certaine compensation financière.

 

Après plusieurs allers-retours sur les tables à dessins des architectes David & Boulva et Archibald, Illsley & Templeton, les plans du futur palais de justice de Montréal se concrétisent enfin. On se souvient que le projet, largement contesté par la Commission Viger et les Amis du Vieux-Montréal, est revu à la baisse en 1963. Des 40 étages prévus initialement, il n’en reste plus que 30. La première pelletée de terre est donnée en 1965 et les travaux d’excavation se poursuivent au cours de l’année suivante. Puis, tout s’arrête de nouveau. Les plans et devis, qui sont finalement acceptés en 1967, commencent à prendre forme l’année suivante et les travaux s’échelonneront sur trois ans.

 

Pendant que la mise en chantier de la Cité des ondes (Maison de Radio-Canada) par le consortium Janin-Foundation s’amorce, plusieurs projets connaissent leur parachèvement. C’est le cas notamment du pipeline d’Imperial Oil qui relie Montréal et Drummondville. L’oléoduc, qui chemine sous le Saint-Laurent, le Richelieu et la Yamaska, coûte 5 millions $. Les terminaux de Drummondville et de Boucherville desservent un territoire de 10 000 milles carrés.

 

Même chose pour le pont Papineau-Leblanc dont la construction, amorcée l’année précédente, se termine. Puis, c’est au tour des centrales hydroélectriques Outardes-3 et Outardes- 4 d’être mises en service. D’une puissance installée respective de 891 et 785 mégawatts, ces complexes sont érigés sur la rivière aux Outardes. Et, à l’automne, le barrage Manic-5 est rebaptisé en mémoire de Daniel Johnson, décédé l’année précédente, la veille de l’inauguration officielle des installations. L’ouvrage, qui compte 13 voûtes et 14 contreforts, a une puissance installée de 2 592 mégawatts.

 

Du côté institutionnel, c’est au tour du Cégep de Hull de défrayer la chronique. D’abord connu sous le nom de Collège de l’Outaouais, il fait partie des 12 premiers établissements d’enseignement collégial créés en 1967 par le gouvernement québécois. Un peu plus à l’ouest, une brochette de dignitaires, dont le premier ministre Pierre Elliott- Trudeau, assistent à l’ouverture du Centre national des arts à Ottawa. Situé sur les rives du canal Rideau, ce complexe de 50 millions $ est le plus important en son genre au pays. Il est également considéré comme un fleuron de l’architecture du XXe siècle.

Cet article est paru dans l’édition du vendredi 9 avril 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !