1975 : Des hauts et des bas

Journal Constructo 1975

Les faits saillants de 1973

  • La signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois
  • Dépôt du rapport Cliche qui recommande, entre autres, la mise sous tutelle de certains syndicats
  • Tensions au chantier du Stade olympique : accident de travail mortel et contestations des travailleurs
  • L'Office de la construction du Québec (OCQ) se voit confier le mandat d'organiser le scrutin d'allégeance syndicale
Par Marie Gagnon

De 1975 à 1995 s’amorce une période d’importantes mutations au sein de l’industrie de la construction. L’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), reconnue en 1968 à titre d’association patronale représentative, voit son privilège annulé en 1975 dans la foulée de la Commission Cliche et assiste, impuissante, à la création de l’Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ).

En effet, après une année d’enquête, la Commission dépose un rapport de plus de 600 pages dans lequel il est démontré que quelques branches du mouvement ouvrier sont infiltrées par des éléments criminels. Dans leurs recommandations, rendues publiques en mai, le juge Robert Cliche et les deux autres commissaires, Guy Chevrette et Brian Mulroney, suggèrent la mise sous tutelle de certains syndicats affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

 

La tutelle, qui ne sera levée qu’en 1981, sera assortie d’une interdiction à toute personne ayant un casier judiciaire d’accéder à un poste de direction syndicale ainsi que d’une présomption de culpabilité contre les syndicats en cas de grève et de ralentissement de travail illégal sur les chantiers. Alors que l’Organisation des nations unies (ONU) proclame, le 8 mars, 1975 « Année internationale de la femme », Hydro-Québec signe un pacte social sans précédent avec les Premières Nations. La Convention de la Baie- James, puisqu’il faut la nommer, établit les droits et les obligations des autochtones ainsi que les modalités devant régir le développement des ressources du territoire.

 

Du côté de Montréal, la chute d’une poutre du futur stade olympique tue un géomètre et fait quatre autres blessés. L’incident, qui survient au coeur d’une période particulièrement tendue au sein de l’industrie, incite plusieurs syndicats à réclamer une enquête sur la sécurité du chantier. La tension est telle qu’à l’automne la presque totalité des 2 500 travailleurs du chantier olympique quittent spontanément le travail.

 

Par ce geste, ils protestent contre le port obligatoire de la carte d’identité. Les contestataires exigent également la réintégration de 200 de leurs confrères limogés au printemps. Pour la partie patronale, il n’est pas question d’abdiquer ce droit de gérance qui permet aux entrepreneurs d’interdire aux indésirables l’accès au chantier. C’est également au cours de cette année que sera reconnu par la loi le Syndicat de la construction de la Côte- Nord et de Sept-Îles et que sera créé l’Office de la construction du Québec.

 

Entre-temps, le Canadien National fait connaître les divers éléments d’un programme de mise en valeur d’un vaste terrain de plus de 2,5 millions de pieds carrés autour de la gare de Sainte-Foy. Le projet, qui est évalué à 50 millions $, englobe la construction de 900 logements, d’un hôtel de 200 chambres, de deux édifices de bureaux totalisant environ 1 million de pieds carrés et d’un centre de récréation commerciale.

 

De retour à Montréal, on annonce la construction du Square Décarie, un complexe aménagé autour de l’Hypermarché II. Évalué à 75 millions $, le complexe sera construit sur une étendue de 35 acres au sud de Jean-Talon. Un centre résidentiel, un hôtel, des immeubles de bureaux et des aménagements récréatifs composeront l’ensemble.

 

La firme Valorinvest annonce à son tour la construction d’un complexe de 138 millions, le Parc de la Chapelle, sur le site de la maison des Soeurs Grises dont seule la chapelle sera préservée du pic des démolisseurs. De son côté, la Société d’énergie de la Baie James s’apprête à injecter 512 millions $ dans le développement hydroélectrique de la baie James. La majeure partie de cette somme sera investie à LG-2, notamment dans la construction de digues qui complèteront le réservoir, soit 137 millions. Enfin, l’aéroport international de Mirabel, dont la construction s’est amorcée en 1970, est inauguré à l’automne.

Cet article est paru dans l’édition du mardi 7 mai 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !