1981 : Les transports à un tournant

Journal Constructo 1981

Les faits saillants de 1981

  • Début de la récession
  • Création de Nouveler, qui deviendra Hydro-Québec CapiTech en 1977
  • Investissement de 83 M$ par Gulf Canada à Montréal-Est
  • Modernisation de la Compagnie internationale de papier (CIP) à Gatineau et à Trois-Rivières
  • Entrée en vigueur du nouveau Code civil du Québec
  • Création de la Société de développement industriel de Montréal (SODIM)
Par Marie Gagnon

Au début des années 1980, le Québec plonge dans une importante récession qui persistera pendant presque deux ans. L’inflation grimpe en flèche, les taux hypothécaires frôlent les 20 % et le chômage atteint un sommet historique avec un taux de 15,8 %.

Cette crise marque un tournant dans l’histoire des transports au Québec. Les grands chantiers étant révolus, le gouvernement se tourne vers le réseau routier et accorde désormais la priorité à sa consolidation et à son entretien.

 

En 1981, les mises en chantier se font rares. Malgré la récession qui sévit, le Centre d’études de Hull, fondé en 1976, devient une composante autonome du réseau des universités du Québec. En début d’année, l’annonce d’un investissement de 83 millions $ à Montréal-Est par la pétrolière Gulf disperse un moment la morosité ambiante. Le but de l’opération est d’augmenter la capacité de produire de l’essence à haut indice d’octane et des charges d’alimentation.

 

Au même moment, une compagnie allemande investit 70 millions $ dans la vallée de la Matapédia. Ces investisseurs étrangers veulent implanter un complexe de produits forestiers intégrés composé de trois usines, dont une consacrée à la production de panneaux, une à la fabrication de mélamine et une autre à la fabrication de meubles en kit. La société d’État Rexfor investit 40 % dans cette entreprise qui portera le nom de Sayabec.

 

Alors que l’acquisition de Pétrofina par la société d’État Pétro-Canada provoque la disparition du siège social de Pétrofina à Montréal, la Compagnie internationale de papier (CIP) lance un programme de modernisation de son usine de papier journal de Gatineau et de son usine de rotogravure de Trois-Rivières. Les coûts de l’opération s’élèvent à 126,8 millions $.

 

Preuve que la Belle Province se tourne résolument vers la modernité, c’est également en 1981 qu’entre en vigueur le nouveau Code civil du Québec. Cette nouvelle mouture, mise à jour par l’Office de la révision du Code civil fondé en 1955, se limite à certaines réformes du droit de la famille. Elle reconnaît entre autres l’égalité juridique des conjoints au sein du mariage. En se mariant, les femmes pourront désormais garder leur nom de jeune fille et le transmettre à leurs enfants.

 

Dans le monde des arts, les Québécois assistent à la première mondiale du film Les Plouffe. Ce long-métrage de Gilles Carle s’inspire d’un roman de Roger Lemelin qui, au cours des années 1950, a donné naissance à un téléroman fort populaire. Le film remportera le Prix de la presse internationale au Festival des films du monde et sept Génies, en plus de connaître un franc succès auprès du public québécois : en trois semaines, il enregistre 906 000 $ aux guichets.

 

Histoire de donner un coup de pouce à l’économie montréalaise, les lettres patentes de la Société de développement industriel de Montréal (SODIM) sont enregistrées. La corporation sans but lucratif est chargée d’aménager les six terrains industriels de la Ville. L’aide prend la forme de subventions directes ou indirectes afin de favoriser l’établissement de nouvelles entreprises dans ces zones, la démolition ou la restauration d’édifices industriels ainsi que de permettre à des entreprises existantes de s’y installer. Le conseil d’administration de la SODIM est composé de sept membres nommés par le Conseil exécutif de la Ville de Montréal.

 

Enfin, le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau fait adopter la Loi sur la Société canadienne des postes. Par cette loi, le ministère fédéral des Postes devient une société d’État. Au tournant du millénaire, celleci comptera un peu plus de 50 000 employés et générera des recettes annuelles d’environ 6 milliards $.

Cet article est paru dans l’édition du vendredi 7 juin 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !