1990 : D’une crise à l'autre

Journal Constructo 1990

Les faits saillants de 1990

  • Le consortium franco-québécois Pomerleau-Bouygues lance les travaux de la centrale LG-1 en février
  • Le péage de 25 cents pour la traversée du pont Champlain est aboli en mai, une mesure qui rapportait près de 8 M$ par année
  • L'été est marqué par les tensions entre le gouvernement du Québec et les Mohawks : c'est la crise d'Oka
  • Le maire Jean Doré inaugure l'Insectarium de Montréal
  • On annonce l'aménagement du Parc Alexis-Nihon à Ville Saint-Laurent, un développement industriel de 125 M$
Par Patricia Gagnon

Juillet 1990. Le Québec est en crise. Le torchon brûle entre le gouvernement du Québec et les Mohawks de Kanesatake qui s’insurgent contre l’agrandissement d’un terrain de golf à Oka, dans les Basses-Laurentides.

La tension monte. Le 11 juillet, la Sûreté du Québec prend d’assaut, en vain, les barricades dressées par les Mohawks près de la pinède d’Oka. Les nombreux coups de feu échangés entraînent la mort du caporal Marcel Lemay. En guise d’appui, les Mohawks de Kahnawake, sur la rive sud de Montréal, bloquent l’accès au pont Mercier durant plusieurs semaines envenimant ainsi une situation déjà fort tendue. À bout de souffle, le gouvernement Bourassa appelle l’armée en renfort tandis que les négociations se poursuivent à Kanesatake dans l’espoir de dénouer l’impasse. La crise prendra fin en septembre, avec la levée des barricades.

 

Pendant ce temps, à Ottawa, la crise constitutionnelle secoue toute la classe politique. Dans la foulée de l’échec de l’accord du lac Meech, Lucien Bouchard claque la porte du Parti progressiste-conservateur et fonde le Bloc québécois avec sept autres députés démissionnaires. Le 17 août, Gilles Duceppe remporte l’élection partielle de Laurier- Sainte-Marie devenant ainsi le premier bloquiste élu à entrer à la Chambre des communes. Malgré les querelles politiques et la récession qui frappe aux portes du Québec, les chantiers se multiplient aux quatre coins de la Belle Province. L’année s’amorce avec le début des travaux de la phase 2 de la centrale hydroélectrique LG-1 sur la rivière La Grande.

 

L’investissement de 186 millions $ fournit de l’emploi à plus de 800 travailleurs. À Bromptonville, Kruger entame la construction d’une usine de désencrage alors qu’à Napierville, en Montérégie, la boulangerie Gadoua procède à la première pelletée de terre d’une nouvelle usine évaluée à 4,5 millions $.

 

Du côté de la Vieille Capitale, le gouvernement donne son feu vert à la construction du campus Charlesbourg du Cégep Limoilou. Le contrat, évalué à 16 millions $, est confié à la division commerciale de Construction canadienne, dont le siège social est à Charlesbourg.

 

Les pelles mécaniques ne chôment pas non plus dans la métropole. À Saint-Laurent, le Groupe Alexis Nihon et la Caisse de dépôt et placement du Québec annoncent l’aménagement du Parc Alexis-Nihon, un investissement de 125 millions $. Ce nouveau parc industriel, d’une superficie de 3 millions de pieds carrés, s’adresse plus particulièrement aux entreprises du secteur de la haute technologie.

 

Non loin de là, à Dorval, Air Canada amorce la construction d’un centre de formation évalué à 67 millions $. Doté d’un équipement ultramoderne valant plus de 34 millions $, le centre servira à l’entraînement des pilotes et à la formation des agents de bord.

 

Plus à l’est, le maire de Montréal, Jean Doré, inaugure l’Insectarium de Montréal. Le projet, qui se chiffre à 4,1 millions $, voit le jour grâce à la détermination de Pierre Bourque, directeur du Jardin botanique de Montréal, et de l’entomologiste Georges Brossard qui fait don d’une collection de 250 000 insectes. Fort de ses succès, c’est sans surprise que le maire Doré est reporté au pouvoir, en novembre, avec 60 % des suffrages.

 

Rien n’étant parfait, une menace de grève illimitée plane à nouveau sur le Québec. Plus de 110 000 travailleurs, affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et au Conseil provincial des métiers de la construction, réclament une hausse de salaire, la réduction de la durée de la semaine de travail et la diminution de l’âge de la retraite à 55 ans.

 

Enfin, on ne peut passer sous silence le décès de Gerry Boulet. Le 18 juillet, la légende du rock québécois perd son combat contre le cancer. Il avait 44 ans.

Cet article est paru dans l’édition du vendredi 9 août 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !