1998 : De glace et d’argent

Journal Constructo 1998

Les faits saillants de 1998

  • Crise du verglas
  • Annonce d’une nouvelle aluminerie Alcan à Alma
  • Churchill : entente entre Québec et Terre-Neuve
  • Création d’Investissement Québec
  • Mise sur pied de la Cité du multimédia
  • Début du projet de production éolienne en Gaspésie
Par Patricia Gagnon

L’année se lève sur un paysage de désolation. Dans les premiers jours de janvier, une tempête de pluie verglaçante balaie la province et laisse jusqu’à cent millimètres de verglas dans son sillage. Le sud du Québec est enseveli sous un épais manteau de glace et Montréal est déclarée zone sinistrée.

Des centaines de kilomètres de pylônes et de poteaux électriques, écroulés sous le poids du verglas, jonchent le sol glacé de la Montérégie. Le Québec est paralysé et les dégâts sont considérables.

 

Au plus fort de la crise, le tiers des abonnés d’Hydro-Québec vit dans le noir. C’est finalement le 8 février que les derniers abonnés privés de courant verront à nouveau la lumière après 35 jours de noirceur. La pire catastrophe naturelle de son histoire aura coûté près de 2 milliards $ au gouvernement québécois. À lui seul, le coût des réparations du réseau électrique s’élève à 850 millions $.

 

Mais au-delà du verglas, pas de gel à l’horizon pour l’industrie de la construction ! L’économie est au beau fixe et des sommes colossales sont investies partout au Québec à commencer par Alcan qui entame la construction, à Alma, de sa plus grosse aluminerie. Le plus grand investissement privé jamais réalisé au Québec, soit 2,2 milliards $, générera des retombées de plus de 800 millions $ au Saguenay– Lac-Saint-Jean.

 

L’Aluminerie Alouette annonce, pour sa part, la construction d’une usine à Sept-Îles. Le projet de 1,2 milliard $, dont 330 millions proviennent d’aide gouvernementale, permettra à l’entreprise de doubler sa production d’aluminium, de créer 2 500 emplois pendant la construction de l’usine et 300 emplois permanents par la suite. Du côté d’Asbestos, la construction prochaine d’une usine de magnésium par la compagnie Magnola soulève des doutes quant à la possibilité de produire du magnésium sans polluer. Les 720 millions $ investis dans ce projet créeront tout de même 350 emplois.

 

À une heure de là, c’est au tour d’Osram Sylvania d’investir 48 millions $ et d’ajouter 300 nouveaux emplois à son usine de Drummondville. Les 250 employés actuels produisent, bon an mal an, 51 millions d’ampoules incandescentes et 18 millions de lampes fluorescentes. Sucre Lantic, établie dans l’est de Montréal, annonce quant à elle la modernisation de sa raffinerie au coût de 65 millions $. De cette somme, 17,5 millions $ proviennent du gouvernement du Québec qui profite également de la bonne tenue de l’économie pour injecter 360 millions $ pour mettre sur pied la Cité du multimédia dans le Vieux-Montréal.

 

Le promoteur de ce projet, le ministre de l’Économie et des Finances, Bernard Landry, qui souhaite faire de Montréal une métropole technologique d’envergure internationale, évalue que la Cité regroupera près de 10 000 emplois d’ici 10 ans. Par ailleurs, le gouvernement voit grand et se donne les moyens de ses ambitions en créant Investissement Québec, une nouvelle société d’État dont le mandat consiste à attirer de nouveaux investissements dans la Belle Province.

 

De leur côté, le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard et son homologue terre- neuvien, Brian Tobin, mettent de côté leurs différends constitutionnels et dévoilent les détails d’une entente de 10 milliards $ relative à l’exploitation de la rivière Churchill. L’entente prévoit la construction de deux nouvelles centrales hydroélectriques au cours des 10 prochaines années. Signe que l’environnement revêt une importance grandissante, Hydro-Québec annonce l’implantation de 133 éoliennes près de Cap-Chat en Gaspésie.

 

Sur le plan législatif, c’est en 1998 que le gouvernement impose la Loi sur le tabac qui en limite l’usage dans les endroits publics et les milieux de travail. L’année verra aussi l’entrée en vigueur de l’indicatif régional 450 en périphérie de Montréal. Par ailleurs, le 2 mars, Daniel Johnson annonce son retrait de la vie politique. Jean Charest lui succède à la tête du Parti libéral du Québec.

Cet article est paru dans l’édition du mardi 24 septembre 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !