2002 : L’année des braves

Journal Constructo 2002

Les faits saillants de 2002

  • Signature de la Paix des Braves
  • Le Canada quitte la table des négociations dans le dossier du bois d'oeuvre
  • Québec dévoile une nouvelle politique de l'eau
  • L’ACQ-région de Montréal devient l’APECQ
  • Signature du protocole de Kyoto
Par Patricia Gagnon

En 2002, l’industrie de la construction marque une pause après des années d’activité soutenue. Malgré tout, la scène politique sera le théâtre de plusieurs événements marquants à commencer par les premières fusions municipales qui prennent effet aux premières heures du Jour de l’An.

Puis, le 7 février, la Paix des Braves, une entente de nation à nation entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris met fin à des années de friction et ouvre enfin la voie au développement hydroélectrique des centrales Eastmain-1 et Eastmain-1-A et à la dérivation de la rivière Rupert. En vertu de cet accord historique, Québec versera 3,5 milliards $ sur 50 ans aux Cris qui s’engagent, pour leur part, à abandonner leurs poursuites judiciaires et les campagnes internationales qui ternissent, depuis plusieurs années, l’image de la Belle Province. Cette entente est aussi assortie d’une aide au développement économique de 800 millions $ sur 25 ans.

 

C’est ensuite au tour des Inuits du Nunavik de conclure un accord de 475 millions $ avec Québec. De cette somme, 360 millions $ seront réservés au développement économique et social des 11 000 Inuits de la région. En contrepartie, le gouvernement obtient les droits d'exploitation sur certains territoires moyennant le partage des recettes générées par les ventes d'énergie. Un gain indéniable pour les populations locales en raison du potentiel hydroélectrique de plusieurs rivières de la région, dont la rivière Caniapiscau, dans la mire d’Hydro-Québec.

 

Pendant ce temps, les perspectives sont nettement moins intéressantes à Murdochville, en Gaspésie. Ayant perdu tout espoir de redonner vie à leur patelin depuis la fermeture des mines de la région et de la fonderie Mines Gaspé, au printemps 2002, les résidents votent à 65 % pour la fermeture de la petite ville de 1 000 habitants. Le premier ministre du Québec, Bernard Landry, voit cependant les choses d’un autre oeil. Il annonce que Murdochville demeurera ouverte et octroie 14 millions $ pour la relance de la région.

 

L’industrie du bois d’oeuvre vit aussi des jours difficiles en 2002. Persuadés que le Canada subventionne illégalement l’industrie, les États-Unis imposent un lourd tarif douanier de 29 % sur le bois d'oeuvre canadien. Le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, stupéfait par cette décision, quitte la table des négociations et menace de soumettre le litige aux instances responsables de l'application de l'ALÉNA. Sur une note plus positive, le ministre de l'Environnement du Québec, André Boisclair, dévoile la nouvelle politique de l'eau et crée, dans la foulée, le Fonds national de l'eau qui impose aux industries et aux embouteilleurs le paiement de redevances gouvernementales.

 

Malgré le ralentissement des activités, l’année 2002 verra néanmoins plusieurs investissements. Parmi les plus importants, mentionnons l’octroi, par le gouvernement fédéral, de 36 millions $ pour la modernisation des installations et des équipements de l’école vétérinaire de Saint-Hyacinthe, affiliée à l’Université de Montréal. C’est aussi en 2002 que l’ACQMontréal se désaffilie de l’Association de la construction du Québec (ACQ) et devient l’Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ). Avec plus de 7 000 membres, l’APECQ constitue aujourd’hui la plus importante association multisectorielle à adhésion volontaire au Québec.

 

Ces bonnes nouvelles sont toutefois assombries par la fermeture définitive, en septembre, de l’usine de General Motors de Boisbriand. Cette fermeture laisse plus de 1 200 personnes sans emploi et frappe durement l’économie des Basses-Laurentides. Enfin, la signature du protocole de Kyoto, le 10 décembre, vient clore l’année sur une note d’espoir.

Cet article est paru dans l’édition du vendredi 11 octobre 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !