Gare maritime Champlain – Une fin de vie écologique

9 août 2012
Par Marie Gagnon
Gare maritime Champlain – Une fin de vie écologique

Depuis février dernier, les travailleurs de Delsan-Aim, un entrepreneur général spécialisé dans les services de démantèlement et de dégarnissage, s’affairent à la démolition sélective de la Gare maritime Champlain, dans le port de Québec. Le projet, dont les coûts s’élèvent à 5,2 millions $ en incluant la décontamination des sols et la réhabilitation du site, constitue le premier projet de cette envergure au Canada. Le gouvernement fédéral, propriétaire du bâtiment, entend d’ailleurs en faire un modèle environnemental en récupérant plus de 85 % des débris issus de la déconstruction.

 

Une déconstruction inévitable

« La Gare maritime Champlain a été construite dans les années 50, à l’époque où le Québec accueillait en moyenne 43 000 immigrants par année, pour abriter les bureaux du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, rappelle Sonia Tengelsen, porte-parole de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC). De 1959 à 2011, de nombreux ministères fédéraux s’y sont succédé. Comme l’Administration portuaire de Québec avait besoin du terrain à des fins d’expansion et que l’édifice ne répondait pas à ses besoins, le gouvernement a autorisé sa déconstruction puisqu’il ne pouvait être sauvegardé ni déplacé. »

 

À l’origine, la Gare maritime se résumait à un bâtiment constitué d’une structure de béton sur pieux. Ses espaces, qui totalisaient 20 085 mètres carrés, étaient aménagés sur quatre niveaux, le cinquième abritant les installations mécaniques. Au début des années 1980, une aile aérienne de 2 300 mètres carrés est venue se greffer au bâtiment principal. Composée d’un seul niveau et dotée d’une structure d’acier avec colonnes s’appuyant sur des pieux, elle était rattachée au troisième niveau du bâtiment d’origine.

 

Le chantier, qui est bien avancé, prendra fin à l’automne. « Les travaux de désamiantage ont été complétés le 19 juillet, précise Serge Demers, gestionnaire principal de projet à TPSGC. On vient d’entreprendre la déconstruction de masse, soit la charpente de béton, les murs de maçonnerie et autres éléments structuraux, qui représentent environ 20 % du bâtiment. »

 

Il précise que la déconstruction s’est amorcée par la vente de l’équipement et du mobilier compris à l’intérieur de l’édifice, suivie de l’enlèvement des tapis, des portes, des cadres et des tuiles de plafond, puis le dégarnissage des finis intérieurs.

 

Les matériaux récupérés ont d’abord fait l’objet d’un tri sommaire au moyen de conteneurs, avant d’être acheminés vers un centre de tri où s’effectue un triage plus complet. Les éléments contenant de l’amiante ont été récupérés en vue d’être traités selon les exigences gouvernementales. Quant aux dormants de chemin de fer, ils ont été acheminés vers une cimenterie pour y être brûlés.

 

Des solutions créatives pour un maximum de récupération

Le gestionnaire, qui est également architecte de formation, ne rapporte aucune mauvaise surprise en rapport avec cette déconstruction. « On a procédé à des relevés exhaustifs, parce que plusieurs modifications ont été apportées au bâtiment au fil des ans, dit-il. Les plans d’origine nous ont permis de voir, par exemple, qu’un deuxième mur se cachait derrière un plus récent. »

 

L’entrepreneur a toutefois dû faire preuve d’imagination afin de trouver une solution pour séparer le béton de la dalle de toiture, souillé de bitume, du béton non contaminé. Pour ce faire, il a d’abord retiré les dalles des niveaux inférieurs et les a empilées sur le site. Il a ensuite désassemblé les composants de la toiture avant de s’attaquer aux poutres, aux colonnes et aux murs. Des mesures d’atténuation ont également été mises en œuvre afin de limiter l’impact du chantier sur les propriétés voisines.

 

Mentionnons en terminant que les firmes Gagnon Letellier Cyr Ricard et Mathieu (architecture), Cegertec (structure/civil), BPR (mécanique/électricité) et Genivar (environnement) ont collaboré au projet.

 


Cet article est paru dans l’édition du mardi 7 août 2012 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

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