Un premier bassin de rétention à Montréal

8 octobre 2014
Par Marie Gagnon
Un premier bassin de rétention à Montréal

Les équipes de Demathieu et Bard s’affairent présentement à construire un immense réservoir de béton sous le boulevard Perras, dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles. Cette infrastructure permettra, lors de fortes pluies, de stocker temporairement les eaux usées et d’éviter les refoulements d’égout ainsi que le déversement de polluants dans la rivière et le fleuve. Ces eaux seront par la suite graduellement acheminées vers la station d’épuration des eaux usées J.-R.-Marcotte, pour y être traitées conformément aux normes en vigueur.

 

Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du programme de « Suivi des débordements » du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), limitera à six le nombre annuel de débordements autorisés à l’exutoire du collecteur Marc-Aurèle-Fortin. Jusqu’ici, lors de ces inondations, la Ville de Montréal n’avait pas d’autre choix que d’ouvrir les vannes et de déverser les eaux polluées directement dans les cours d’eau du secteur.

 

Pour pallier ce problème, la Ville s’est donc engagée à construire six bassins de rétention, dont le premier est en chantier sous le boulevard Perras. Il sera suivi en 2015 par le réservoir Rockfield. Quant aux quatre autres ouvrages de rétention, soit les bassins Leduc, Lavigne, William et Garibaldi, ils sont actuellement à l’étape de la conception. Selon le Service de l’eau, leur construction pourrait s’amorcer à compter de 2016. Toujours dans le cadre de son entente avec le gouvernement, la Ville procédera en outre à la réhabilitation des collecteurs Sherbrooke et Saint-Laurent, de même qu’à la mise à niveau de la structure Alepin.

 

Il faut dire que ces chantiers mobilisent d’importantes ressources matérielles et financières, d’où leur planification séquentielle. À lui seul, le réservoir Marc-Aurèle-Fortin représente un investissement global de 16,8 millions de dollars, dont les deux tiers sont financés par le biais du programme Fonds Chantiers Canada-Québec. Le chantier est en effet colossal : il comprend la construction d’un bassin d’une longueur de 190 mètres par 7 mètres de largeur sur 4 mètres de hauteur.

 

Cet ouvrage, dont la contenance est de 4 000 mètres cubes, soit l’équivalent d’une cinquantaine de piscine hors terre de dimension moyenne, sera enfoui à une profondeur de 6 mètres sous le niveau de la rue et s’étendra sous le boulevard Perras, entre le boulevard Marc-Aurèle-Fortin et l’avenue Pierre-Blanchet. Le projet se complètera d’une chambre des vannes et de deux conduites, l’une reliant la chambre des vannes à la structure de dérivation de l’intercepteur Nord, l’autre la rattachant à la boîte de captage de la chute du même intercepteur.

 

La construction du réservoir nécessite par ailleurs une excavation de 12 mètres de profondeur, soit un volume de sol de plus de 34 000 mètres cubes. Compte tenu de la nature argileuse du sol, qui offre une faible résistance en cisaillement, et de la hauteur de la nappe phréatique, la Direction de l’épuration des eaux usées a prescrit l’utilisation de palplanches hautes de 18 mètres comme système d’étançonnement ainsi que le monitoring des pressions d’eaux souterraines.

 

Fait à noter : le bassin de rétention sera opéré à distance au moyen du système de contrôle des intercepteurs (CIDI) de la station d’épuration. Ainsi, lorsque le réseau d’égouts sera fortement sollicité, au lieu de causer un débordement à la rivière, une vanne située dans la structure de régulation s’ouvrira et le bassin se remplira. Lorsque le réseau aura retrouvé sa capacité hydraulique, une seconde vanne s’ouvrira, permettant aux eaux de s’écouler vers l’intercepteur pour ensuite être traitées à la station.

 

Ces nouvelles installations ne seront toutefois pas opérationnelles avant le mois de décembre 2015. À l’heure actuelle, Demathieu et Bard s’occupe en effet de foncer les palplanches qui permettront l’excavation de la première moitié du bassin et le bétonnage de ses quatre premières sections. Après la pause hivernale, les travaux d’étançonnement, d’excavation et de bétonnage reprendront dans la seconde moitié du bassin. Ils seront suivis par la construction de la chambre des vannes et le raccordement de cette dernière aux structures existantes. Le chantier prendra fin au printemps 2016, avec la remise en état de l’aménagement paysager.

 


Cet article est paru dans l’édition du mardi 23 septembre 2014 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

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