La construction industrielle retrouve son élan aux quatre coins du Québec

15 juin 2012
Par Christian Chaloux
Projets du secteur industriel

En cette première moitié de 2012, les projets du secteur industriel cogitant sur les tables à dessin aboutissent un peu partout au Québec, retrouvant ainsi son élan après des années de vaches maigres.

Projets en pleine effervescence

La crise des années 2008-2009, qui a entraîné dans son sillage une baisse marquée de l’activité de construction dans le secteur industriel, semble loin derrière en cette première moitié de 2012 alors que les projets qui cogitent sur les tables à dessin aboutissent un peu partout au Québec. Et la bonne nouvelle pour les entrepreneurs, c’est qu’il y aura du travail autant dans les centres urbains que dans les régions éloignées.

 

Investissements dans les matières premières

L’industrie minière est en pleine effervescence grâce aux investissements massifs dans les matières premières. En tête de liste, il y a le Plan Nord, qui s’avère un incitatif supplémentaire à la réalisation de nombreux projets miniers, suivi de près par l’industrie de l’aluminium qui investit dans la modernisation de ses grandes usines québécoises.

 

Ces deux secteurs investissent massivement depuis le déclin enregistré pendant la dernière crise économique. Avec pour résultat que la croissance de l’activité sur les chantiers industriels sera au rendez-vous pour une troisième année.

 

Augmentation du volume d'ouvrage

Selon la Commission de la construction du Québec (CCQ), le volume d’ouvrage y augmentera de 15 % en 2012, pour se fixer à 15 millions d’heures travaillées, lui qui avait déjà progressé de 10 % l’an dernier.

 

« Tout indique que l’activité demeurera fermement engagée sur la voie de la croissance, et ce, malgré l’assombrissement économique mondial. La turbulence des marchés financiers, si elle se prolongeait, pourrait toutefois nuire à la demande de matières premières et ébranler cet élan », indiquait la CCQ à la fin de 2011 dans son bulletin Perspectives 2012, la construction présente du Nord au Sud.

 

Aux quatre coins du Québec

Les régions qui bénéficient le plus de ce boum industriel sont celles éloignées des grands centres. En parcourant la carte des grands chantiers en cours, on note que la Côte- Nord (+17 %) et le Saguenay – Lac-Saint-Jean (+14 %) seront parmi les meneurs en termes d’augmentation des heures travaillées.

 

Parmi les chantiers industriels en cours dans les régions, Alcoa annonçait en 2011 la prochaine phase d’un plan d’investissement quinquennal totalisant 2,1 milliards de dollars pour ses alumineries de Baie-Comeau, Deschambault et Bécancour. Pour le projet de modernisation de l’aluminerie de Baie- Comeau seulement, Alcoa prévoit qu’il générera des retombées économiques régionales de 500 millions de dollars pour un investissement estimé à 1,2 milliard. L’entreprise remplace ses vieilles cuves Soderberg par une nouvelle technologie.

 

Une enveloppe de 300 millions de dollars ira à l’amélioration de la productivité aux établissements de Bécancour, près de Trois-Rivières, et de Deschambault, près de Québec. L’entreprise investit 600 millions pour le maintien et la réfection de ses équipements actuels.

 

Du côté de Saguenay, on note d’entrée de jeu le projet de Rio Tinto Alcan, qui construit une usine (AP-60) d’une valeur de 1,2 milliard de dollars uniquement pour la phase 1 amorcée en 2007. La phase 2, encore à l’étude, permettrait à l’entreprise d’ajouter un bâtiment d’une superficie de 9 450 mètres carrés, ce qui fera grimper la production de 60 000 à 200 000 tonnes d’aluminium. La phase 3 ajouterait un autre bâtiment de 12 750 mètres carrés et augmenterait la production totale à 400 000 tonnes. Si l’ensemble du projet devait se matérialiser, l’investissement global dépasserait les 3,6 milliards.

 

Toujours dans le giron du Groupe Rio Tinto, la filiale Rio Tinto Fer et Titane a annoncé un investissement de 200 millions de dollars pour prolonger la vie de la mine à ciel ouvert du lac Tio, situé près de Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord. Elle prévoit aussi investir 600 millions de plus dans ses installations de Sorel-Tracy.

 

Vent d’optimisme

Boum dans l’industrie minière

« L’optimisme soutenu des investisseurs devant le maintien, voire la progression des prix des matières premières, laisse présager qu’ils iront de l’avant avec de nouveaux projets », selon la CCQ. Le boum dans l’industrie minière se poursuivra et de nouveaux chantiers sont annoncés pour 2012. Parmi eux, figurent la mine d’or Éléonore de Goldcorp à la Baie-James (1,4 G$), le projet Crevier d’extraction de niobium et de tantale de la société minière MDN au Saguenay – Lac-Saint-Jean (330 M$) et la mine Qakimajurq de Xstrata Nickel à la Baie-James (265 M$).

 

La CCQ avance dans ses perspectives 2012 qu’à moyen terme, l’industrie minière et celle de l’aluminium continueront à stimuler le secteur industriel. D’ici 2014, le volume de travail pourrait même franchir le cap des 22 millions d’heures travaillées, du jamais vu depuis le début des années 90.

 

Projet d’usine de transformation des produits de la mer aux Îles-de-la-Madeleine

Enfin, mentionnons l’importance pour la communauté insulaire des Îles-de-la-Madeleine qui vont de l’avant avec le projet d’usine de transformation des produits de la mer d’un montant de 21 millions de dollars. L’entreprise procédera également à l’achat d’équipement plus performant ainsi qu’à la modernisation de son usine située à Gros-Cap.

 


Cet article est tiré du Supplément thématique – Projets 2012. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

 

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