Implantation de serres de cannabis à Weedon

23 juillet 2018
Par Jean Garon
Implantation de serres de cannabis à Weedon

La compagnie de Vancouver MYM Nutraceuticals a procédé à la première pelletée de terre, le 19 juin 2018, pour officialiser le lancement de son projet de construction de serres pour la culture et la transformation de cannabis à Weedon, en Estrie.

Établi sur une terre de 329 acres dans le Rang 2 à Weedon, le projet requerra des investissements de plus de 200 M$ et créera 400 emplois directs. MYM y fera construire quinze serres de cannabis thérapeutique dont la superficie totalisera 1 500 000 pieds carrés.

 

Le projet comprend aussi la construction d’un centre multifonctionnel de 100 000 pieds carrés qui abritera un musée, un centre de recherche, un centre d’interprétation et de formation, une clinique, un auditorium ainsi qu’un hôtel pour accueillir les conférenciers, chercheurs, invités et touristes.

 

Comme l’entreprise ne détient pas encore le permis d’exploitation de Santé Canada, souligne le porte-parole Daniel Nadeau, elle doit donc aller de l’avant et construire une première serre de 30 000 pieds carrés dès cette année, qui respecte les normes exigées en matière d’exploitation et de sécurité. Une deuxième phase de travaux mènerait à la livraison de 30 000 autres pieds carrés de serre de production au printemps 2019, suivie d’une troisième phase visant la livraison de toutes les serres au début de 2020.

 

Le Groupe Icore, qui assure la gérance de construction au chantier, veille déjà à l’exécution des travaux civils, notamment pour le déboisement et l’essouchage d’une partie du site, ainsi qu’aux travaux d’excavation et à la préparation des fondations et des ancrages.

 

« Le plus gros défi en ce moment, témoigne le président de la compagnie, Ignazio Scalia, c’est de trouver la main-d’oeuvre localement pour les travaux de construction et, éventuellement, pour les installations de production et de transformation du cannabis. »

 

Le chargé de projet pour l’entreprise MYM, Fabian Garcia, veillera aussi au cheminement des travaux pour la livraison à temps des installations afi n d’assurer la mise en production dès l’an prochain. Pour lui, l’alimentation énergétique demeure le défi principal. « Il y a d’énormes besoins d’électricité à l’année pour l’éclairage indispensable à la culture du cannabis et les équipements de transformation, auxquels s’ajouteront d’autres sources d’énergie pour le chauffage et la climatisation. » Toutes les options (biomasse, gaz naturel, solaire, géothermie) sont évaluées afin d’assurer un approvisionnement énergétique suffisant et constant selon les ressources disponibles.

 

Au plan conceptuel, il reste encore des détails à régler, notamment la finalisation des plans architecturaux par l’architecte Latimer Hu. De son côté, l’architecte David Leslie agira à titre de consultant pour la certification LEED. Un autre beau défi en perspective, puisqu’il est extrêmement difficile d’obtenir cette certification pour des bâtiments agricoles ou industriels, ceux-ci étant considérés nettement plus énergivores. La firme Axio, spécialisée en environnement, a également été mise à contribution.

 

La conception des plans d’ingénierie a été confiée à la firme GéniCité pour la partie civile, à Bigis Experts Conseils pour la structure et au Groupe Carbonic pour la mécanique et l’électricité. L’ingénieur responsable des travaux électromécaniques, Simon Davidson, précise à ce propos que les plans des serres et bâtiments seront faits en modélisation numérique 3D avec la plateforme Revit généralement utilisée en Building Information Modeling (BIM).

 

« C’est un projet éminemment complexe, confie-t-il, où l’on tente d’intégrer des énergies renouvelables, notamment par l’installation de quelques unités solaires. Seule la géothermie est écartée, les capacités énergétiques étant jugées insuffisantes localement. Pour la consommation de l’eau, on prévoit l’installation d’une station de pompage et de traitement des eaux en plus de la récupération des eaux de pluie. Il est question aussi de recycler les rebuts végétaux pour les mélanger avec la biomasse afin d’alimenter les chaudières. »

 

Tout compte fait, c’est un projet qui évoluera à la vitesse grand V au cours des prochains mois, où plusieurs corps de métier seront appelés à y oeuvrer. Des appels d’offres seraient d’ailleurs bientôt publiés pour le choix des fournisseurs.

 

Cet article est paru dans l’édition du vendredi le 5 juillet 2018 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous.

 

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