Nouveau pont Champlain : un casse-tête aux pièces imposantes

21 juin 2018
Par Michel Bouchard
Nouveau pont Champlain : un casse-tête aux pièces imposantes

La construction du nouveau pont Champlain, l’un des plus importants chantiers en cours en Amérique du Nord, nécessite la convergence vers un seul et même lieu de nombreuses composantes d’envergure. Elles sont les pièces d’un casse-tête fort complexe en ce qui a trait à l’approvisionnement.

Afin d’optimiser le déroulement des travaux sur le chantier, l’équipe de Signature sur le Saint-Laurent, affectée à la construction de cette imposante infrastructure, a opté pour une stratégie de fabrication hors site de ses composantes principales.

 

L’acheminement de pièces de dimensions et de poids hors normes en si grande quantité, dans un endroit aussi difficile d’accès, n’est toutefois pas une sinécure. Cela requiert l’élaboration de stratégies minutieuses ainsi qu’une coordination synergique avec les différents intervenants impliqués. « C’est un projet unique en termes de logistique, de gestion des actifs, de coordination et d’entreposage, explique Alexandre Demers, directeur, gestion des matériaux approvisionnement chez Signature sur le Saint-Laurent.

 

Pour la majorité des projets d’envergure, on n’est pas autant limité à l’accès comme c’est le cas ici à cause de l’eau et des restrictions imposées par le fait d’oeuvrer en milieu urbain. L’obligation d’impliquer plusieurs intermédiaires simultanément complexifie le projet. La communication s’avère donc cruciale entre les fournisseurs, les transporteurs et les équipes de construction. »

 

Changer le plan de match

La stratégie de départ, consistant en grande partie en le transport des pièces via le réseau routier, a rapidement dû faire place à des solutions alternatives. Les mesures limitant la charge sur certaines infrastructures fédérales et provinciales ont forcé l’équipe à revoir le plan d’action. « C’est ainsi qu’on est passé d’un plan de transport simple à un modèle multimodal qui impliquait encore le réseau routier, oui, mais également le transport maritime et ferroviaire. »

 

Le fleuve Saint-Laurent étant un cours d’eau peu profond où le courant se veut puissant, notamment là où les travaux ont lieu, il était nécessaire d’acheminer les pièces par le biais du tracé le plus efficace. « Nous avons fait réaliser des études bathymétriques pour nous assurer d’avoir une voie optimale. »

 

La détermination du trajet idéal n’était qu’une étape, et la suivante consistait à trouver une façon efficace et sécuritaire d’acheminer les composantes de taille considérable à bon port. « Nous avons passé beaucoup d’heures à la table à dessin et nous avons fait beaucoup de recherche et de développement pour en arriver à une solution. Nous avons fait fabriquer des remorqueurs spécifiquement conçus pour naviguer cette section précise du Saint-Laurent, comprise entre le port de Montréal et le pont Victoria. Avec l’aide de nos fournisseurs, nous avons aussi fait fabriquer une barge à treuil capable de supporter les conditions marines du Saint-Laurent et d’appuyer le transport de ces pièces.

 

« L’équipe de construction du projet a opté pour une stratégie de fabrication hors site; ainsi, une grande quantité des pièces qui composent le nouveau pont a été ou sera fabriquée et entreposée, avant d’être transportée pour qu’on procède à l’installation. Comme tout se fait en amont, l’enjeu quant à l’entreposage était de gérer les grandes quantités d’inventaire, la coordination du transport et la séquence d’installation. C’est-à-dire de fournir le chantier en pièces selon un horaire préétabli précis. »

 

Les bonnes pièces, au bon moment

Pour permettre le bon déroulement des travaux, les différentes composantes préfabriquées – panneaux, dalles de tablier, poutres et caissons, par exemple – devaient être acheminées au moment voulu et opportun.

 

La coordination demeure la clé de la réussite dans un défi de cette envergure. « Parfois, il faut livrer plusieurs pièces destinées à être assemblées entre elles par trois modes de transport différents; c’est là que la synergie doit opérer. On doit même s’assurer de placer les composantes dans le bon angle sur les wagons, les remorques ou les barges pour qu’elles arrivent à destination dans le sens voulu et qu’elles puissent être installées sans avoir à être manipulées inutilement.

 

« L’avantage de construire un pont en pièces détachées, c’est qu’on gagne rapidement en efficacité au chantier. La courbe d’apprentissage est croissante parce qu’on le fait plus d’une fois. Les étapes sont maitrisées et on est au devant de la construction. »

 

LE NOUVEAU PONT CHAMPLAIN, C’EST :
  • 9 638 dalles de tablier en béton
  • 360 segments préfabriqués de béton
  • 601 poutres-caisson en acier
  • 204 composantes d’acier
  • 160 poutres pour le pont de L’Île-des-Soeurs

 

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