Passer en mode écoquartiers à Québec

22 juillet 2013
Par Rénald Fortier
L’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres

Leboeuf Société immobilière s’apprête à réaliser de front non pas un ni deux, mais plutôt trois écoquartiers à Québec. Zoom sur un verdissement urbain de masse.

Leboeuf Société immobilière, avec ses partenaires, remportait coup sur coup en juin dernier les appels de propositions émis par la Ville de Québec en vue de la réalisation des écoquartiers de la Pointe-aux-Lièvres, aux limites du quartier Saint-Roch, et de la Pointe-D’Estimauville, dans l’arrondissement de Beauport. Ces deux projets, qui permettront de requalifier autant de friches urbaines, totaliseront des investissements évalués à quelque 340 millions de dollars. Selon le calendrier de réalisation établi, ils seront mis en chantier dès le printemps 2013.

 

« Si nous pouvons aller de l’avant rapidement avec la mise en oeuvre de ces deux projets, c’est qu’il s’agit en quelque sorte dans chaque cas d’un copier-coller du concept de notre écoquartier Nodélo, dont la réalisation sera aussi enclenchée au printemps 2013 dans l’arrondissement Charlesbourg. Nous avons travaillé au développement de ce projet pendant plus de quatre ans et là, nous en sommes à la phase de la prévente », indique le président de Leboeuf Société immobilière, Sébastien Leboeuf.

 

Sébastien Leboeuf

 

Les trois écoquartiers que ce promoteur québécois développera de front totaliseront près de 2 500 unités d’habitation parmi lesquelles on trouvera – selon les projets – des lofts, des copropriétés, des logements locatifs, des maisons de ville, des jumelés et des résidences pour personnes âgées. Ils cumuleront également plus de 25 000 mètres carrés d’espaces commerciaux.

 

« C’est sûr que ce sont trois gros projets, convient Sébastien Leboeuf, mais ce sont trois secteurs d’implantation présentant des marchés différents. Nous avons donc un marché cible pour chaque écoquartier. La capacité de nouvelle construction annuelle est environ de 800 unités d’habitation pour chacun de ces endroits et nous, on vise une centaine d’unités par année. Nous ne sommes donc pas inquiets pour le succès de nos écoquartiers. Ils seront réalisés dans le même esprit, mais chacun aura une identité distincte. »

 

Stratégies écologiques

Les futurs écoquartiers partageront tous la même plate-forme écologique. Et les cibles que se sont données Leboeuf Société immobilière et ses équipes de projets sont pour le moins ambitieuses. Comme une réduction de 60 % de la consommation énergétique des bâtiments, un niveau de performance que l’on compte atteindre en misant sur l’application des différentes technologies éconergétiques : géothermie, thermodrains, chauffe-eau instantanés, récupérateurs de chaleur, appareils d’éclairage à diodes électroluminescentes

 

L’eau potable ne sera pas en reste avec une réduction escomptée de 40 %, ceci grâce à l’utilisation d’appareils de plomberie à faible débit et à la récupération de l’eau de pluie sur les toits pour activer la chasse des toilettes. Les eaux de ruissellement feront également l’objet d’une attention particulière, alors que seront aménagés des bassins de rétention et de sédimentation, ainsi que des marais filtrants, pour ralentir et limiter les rejets dans les égouts municipaux.

 

Parmi les solutions hors de l’ordinaire qui seront préconisées dans les trois écoquartiers, on relève la mise en place d’un système ENVAC pour la récupération et de tri sélectif des déchets ménagers. Les matières résiduelles domestiques (rebuts et recyclage) seront ainsi séparées à la source, au moyen de trois conduits distincts qui desserviront tous les paliers des bâtiments, de même que les parcs et les aires publiques.

 

De nombreuses autres mesures vertes seront appliquées dans la foulée de la réalisation de ces projets. Par exemple, la récupération des débris de chantier en vue de leur recyclage, voire de leur réutilisation dans le cas des matériaux de remblais et déblais, le recours à des matériaux écologiques et l’installation de bornes de recharge.

 

Les trois projets pilotés par Leboeuf Société immobilière s’inspireront du système d’évaluation LEED, mais aucun ne briguera la certification. Sébastien Leboeuf explique : « LEED, dit-il, c’est un processus assez laborieux et coûteux. En s’alignant sur ses exigences, mais en n’ayant pas à débourser pour toute la paperasse notamment, nous allons éviter des coûts. Et ces économies vont profiter à nos clients.

« Parce que si c’est important pour nous d’être verts, conclut l’homme d’affaires, il reste qu’il y a un coût à ça. Ainsi, si l’on construit des bâtiments écologiques mais qu’on ne les fait pas certifier, nous allons épargner des milliers de dollars que nous pourrons refiler à notre clientèle. Car il est tout aussi important de demeurer compétitif sur le marché. »

 

Nodélo

 

NODÉLO

L’écoquartier Nodélo prendra forme au nord de la rue Georges-Muir, entre l’autoroute 73 et le boulevard Henri- Bourassa, dans l’arrondissement de Charlesbourg. Il comptera 1 500 unités d’habitation et plus de 9 000 mètres carrés d’espaces à vocation commerciale.

Pour mener à bien ce projet, Leboeuf Société immobilière s’est notamment entourée de d’ABCP et d’Yvan Blouin architecte (architecture), de Genivar (ingénierie) et de Projet Paysage (architecture du paysage).

 

POINTE-AUX-LIÈVRES

L’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres longera la rivière Saint-Charles et son parc linéaire, au nord du quartier Saint-Roch. Il regroupera 275 unités d’habitation et 1 800 mètres carrés d’espace commerciaux, le tout réparti dans des bâtiments de quatre à neuf étages.

Parmi les membres de l’équipe de projet, soulignons EBC (construction), Genivar (ingénierie), Yvan Blouin architecte (architecture), Projet Paysage (planification et architecture de paysage), LEQ (ingénierie des sols et des matériaux) et EROM (design urbain).

 

POINTE-D’ESTIMAUVILLE

Évalué à 500 millions de dollars, l’écoquartier de la Pointe-D’Estimauville sera déployé principalement dans les axes de l’avenue D’Estimauville et du boulevard Sainte-Anne. Il réunira, dans des bâtiments comptant entre trois et huit étages, 700 unités d’habitation et 15 000 mètres carrés d’aires commerciales.

Comme dans le cas de l’écoquartier de la Pointe-aux- Lièvres, l’équipe de projet sera notamment formée d’EBC (construction), Genivar (ingénierie), Yvan Blouin architecte (architecture), Projet Paysage (planification et architecture de paysage), LEQ (ingénierie des sols et des matériaux) et EROM (design urbain).

 

 


Cet article est tiré du Supplément thématique – Environnement 2012. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

 

 

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