Plan Nord : une manne de projets

15 juin 2012
Par Michel De Smet
Route 167, Monts Otish - Photo de Léonhardy/Polygéo

Des investissements de 80 milliards de dollars sur 25 ans, dont 47 millions dans les énergies renouvelables et 33 milliards dans la création d’infrastructures publiques.

Le mégaprojet du Plan Nord

Le mégaprojet que constitue le Plan Nord servira notamment de tremplin au gouvernement québécois pour accélérer son développement hydroélectrique.

 

À cet égard, Québec s’engage à mettre en place un réseau supplémentaire d’une puissance de 3 000 MW d’hydroélectricité, 300 MW d’éolien et 200 MW prenant d’autres sources d’énergies renouvelables, ce qui nécessitera, à ce seul chapitre, des investissements à hauteur de 25 milliards $.

 

On imagine facilement l’impact qu’un tel projet aura sur le développement d’infrastructures de toutes sortes, en particulier la construction de nouvelles routes ou encore de lignes de transport d’énergie. Pour l’heure toutefois, il apparaît clairement que le secteur minier sera le premier bénéficiaire du Plan Nord.

 

Faut-il le rappeler, le Nord assure la totalité de la production québécoise de nickel, de cobalt, de platine, de zinc et de minerai de fer. De plus, il recèle une part importante de la production aurifère, sans oublier le lithium, le vanadium et des éléments de terre rares qui sont utilisés dans une multitude de domaines, en particulier dans la haute technologie, pour lesquels la demande internationale est en croissance constante.

 

Ce n’est donc pas par hasard si, en mai 2011, Québec annonçait son premier projet majeur d’infrastructure routière dans le cadre du Plan Nord qui va profiter au premier chef à une société minière. Il s’agit du prolongement de la route 167 sur une longueur de 268 kilomètres entre le lac Albanel et les monts Otish. Pour ce faire, le gouvernement fédéral investira 331 millions de dollars au cours des cinq prochaines années. Une fois terminée, la route reliera le projet minier Renard, propriété de Stornoway Diamond, à Chibougamau, qui investira au moins 450 millions dans ce chantier.

 

Les ressources minérales en diamant sont évaluées à 30 millions de carats sur une durée d’exploitation de 25 ans. La minière qui prévoit entreprendre l’extraction diamantaire dans cinq ans participe à hauteur de 44 millions de dollars dans les travaux routiers actuellement en cours.

 

Diversité de projets miniers

Sur le terrain, la deuxième plus importante société aurifère canadienne, Goldcorp investit 1,4 milliard de dollars dans son projet Éléonore, à 350 kilomètres au nord de Matagami, pour lequel elle a obtenu le feu vert de Québec en novembre dernier. Une entente avec la nation crie Wemindji de la Baie-James prévoit que ces derniers seront associés au développement du projet. Les travaux sont actuellement en cours et l’extraction devraient débuter en 2014 pour s’étendre sur 15 années.

 

Par ailleurs, fin août 2011, la minière chinoise Jilin Nickel Industry a annoncé qu’elle va accroître son investissement de 400 millions de dollars de plus que prévu dans son projet de nickel au Nunavik. Cette somme double l’investissement initial que l’entreprise s’était déjà engagée à investir dans la mine, située à proximité de Kangiqsujuaq. La mise en exploitation est prévue pour le second semestre de cette année. Il est à noter que la présence de la minière chinoise dans le Grand Nord du Québec est le fait de l’acquisition qu’elle a réalisée en 2012 de la minière Canadian Royalties.

 

La société Xstrata investira pour sa part 530 millions de dollars américains dans le développement de nouveaux projets miniers à sa mine de nickel Raglan située au Nunavik. Cet investissement couvre l’agrandissement de sa mine déjà en activité ainsi que le creusage d’un nouveau site, baptisé Qakimajurq. Les deux sites feront passer la production annuelle à 32 000 tonnes de concentré d’ici 2014. Parallèlement, la compagnie effectuera des travaux majeurs à son usine d’affinage afin qu’elle puisse traiter le minerai à haute teneur et fournir une production de 40 000 tonnes de concentré d’ici 2016.

 

Le minerai de fer n’est pas en reste. En mai 2011, ArcelorMittal a annoncé un investissement de 2,1 milliards de dollars d’ici 2015 pour l’expansion du complexe minier du Mont-Wright, à Fermont. Cet agrandissement permettra à la compagnie d’augmenter sa production annuelle actuelle de 14 millions de tonnes de concentré de fer à 24 millions, pour la porter à 100 millions dans trois ans. Environ 1 500 travailleurs seront en activité sur le chantier en 2012 durant les travaux d’agrandissement. La mine, une fois les travaux complétés, deviendra l’une des plus importantes en Amérique du Nord.

 

Un autre mégaprojet d’extraction de minerai de fer est actuellement en préparation au village Aupaluk dans la Baie d’Ungava. La société Oceanic Iron Ore a déjà investi 12 millions de dollars en analyse de terrain, transport de matériel et logistique. La minière compte investir 3,7 milliards de dollars avec l’objectif d’extraire annuellement 20 millions de tonnes de concentré à l’orée de 2016. Le projet devrait avoir une durée de vie de 24 ans.

 

De son côté, la société Ressources Adriana mène actuellement une étude de faisabilité dans le but d’exploiter, en partenariat avec la société d’État chinoise Wisco, un gisement de fer entre Kuujjuuaq et Shefferville qui produirait 50 millions de tonnes par an. Le projet de 13 milliards de dollars impliquerait la construction d’un lien ferroviaire de 850 kilomètres jusqu’au port de Sept-Îles.

 


Cet article est tiré du Supplément thématique – Projets 2012. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

 

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