Vivre, sortir et travailler à Agora

29 mars 2019
Par Marie Gagnon
Vivre, sortir et travailler à Agora

À Gatineau, Agora conjuguera bureaux, commerces et résidences regroupés sous le thème du mieux-être collectif et du développement durable.

Dans le secteur Hull se dessine un quartier urbain qui a pour ambition de prendre soin de la planète et de ses occupants. Ce quartier, c’est Agora, un développement immobilier mixte niché dans un écrin de verdure, au coeur du Plateau de la Capitale. Ce microcosme, qui table sur une architecture écoresponsable, propose un cadre de vie dynamique favorisant les transports alternatifs et le bien-être de la collectivité.

 

Agora, c’est aussi une place publique bordée de commerces, de restaurants et de cafés. Inspirée de la Grèce antique, où l’agora constituait le centre de la vie politique et économique de la cité, cette place sera non seulement le coeur névralgique du quartier, mais également le point de convergence de la communauté avec sa fontaine, son aire de jeux, son mobilier urbain ainsi que ses aménagements paysagers.

 

Un lieu rassembleur

Antoine Bellerive, Directeur ventes/marketing chez Construction Junic. Photo de Olivier Charbonneau Karma Photo

 

« Ça fait 30 ans qu’on développe le Plateau, on y a construit un nombre incalculable d’habitations, rappelle Antoine Bellerive, directeur Ventes et marketing chez Construction Junic. Avec Agora, on veut offrir un lieu de rassemblement à la communauté. Pour ça, on a créé des alliances avec deux autres firmes qui possèdent des expertises complémentaires à la nôtre, soit Divalco, pour ses compétences en gestion immobilière, et Construction JPL, pour son expérience en gestion de projets et en développement commercial. »

 

Lancée en septembre dernier et d’une valeur de 300 millions de dollars, sa première phase mènera à la construction de 11 bâtiments qui compteront 600 unités locatives, 22 000 mètres carrés (m2) de bureaux et 12 000 m2 de commerces. « Mis à part un restaurant d’un seul niveau et quelques tours de 10 étages à venir au cours des phases ultérieures, la plupart des immeubles auront cinq niveaux, indique Majorie Marcotte, coordonnatrice au développement et à la conception pour le projet. Ils abriteront des commerces au rez-de-chaussée, des bureaux au premier étage et des logements aux niveaux supérieurs. »

 

Pour l’instant, Agora ne prévoit que du locatif, mais un volet condos est attendu dans les phases subséquentes, ajoute Antoine Bellerive, soulignant par ailleurs que le marché immobilier à Gatineau est plus en santé qu’ailleurs dans la province. Les taux d’occupation tournent en effet autour de 99 pour cent et les loyers sont sensiblement les mêmes qu’à Montréal.

 

Une vision globale

On s’en doute, le caractère novateur d’Agora ne se limite pas à son ampleur, bien au contraire. La vision portée par ses promoteurs est avant tout fondée sur l’humain et l’environnement. En d’autres termes, cela signifie que le projet briguera les certifications LEED et WELL, assurant ainsi que les bâtiments et la communauté préserveront l’eau, l’énergie et les ressources, tout en favorisant la santé humaine, le bien-être collectif ainsi que la performance environnementale.

 

« C’est une vision globale qu’on souhaite “marketer”, confie Alex Beaudoin, consultant LEED et vice-président Idéation et conception chez Divalco. On ne veut pas développer juste pour développer, on veut aussi instiguer un changement. Parce que c’est facile de prétendre être vert. Avec LEED et WELL, on met un sceau de crédibilité sur notre approche. La vocation mixte d’Agora facilite de plus l’adoption de WELL en créant des synergies entre les transports, les industries et les commerces. »

 

Une communauté en santé

Il indique cependant que ce ne sont pas les bâtiments qui porteront la marque WELL mais bien la collectivité. Le projet est en effet conçu selon les barèmes du projet pilote WELL Community, un nouveau système d’évaluation des quartiers établissant une référence mondiale pour des communautés viables et en bonne santé. À l’instar de WELL Building, WELL Community repose sur des fondements scientifiques et applique des principes qui favorisent la santé humaine non seulement à l’intérieur des habitations, mais aussi dans les lieux publics.

 

Majorie Marcotte, Coordonnatrice au développement et à la conception pour le projet Agora. Photo de Olivier Charbonneau Karma Photo

 

Ainsi, en plus de miser sur un commerce durable et équitable – les grandes surfaces n’y auront pas pignon sur rue –, Agora a été pensé pour limiter le transport véhiculaire, un premier pas vers le mieux-être de ses résidents. Ses promoteurs ont travaillé de pair avec la Ville de Gatineau pour maintenir les liens avec les autres phases du Plateau, de sorte que les nouvelles rues cheminent vers la place publique et la bibliothèque municipale qui y verra le jour.

 

« WELL Community est une norme assez contraignante, c’est pourquoi on vise seulement le niveau certifié, explique Alex Beaudoin. Par exemple, on peut obtenir des points si on offre un service de garde ou un congé de maternité. Sauf que les entreprises le font déjà et les congés de maternité sont enchâssés dans la loi. Même chose pour le critère concernant l’alimentation. WELL impose une limite de sucre dans les boissons, mais cette responsabilité revient aux restaurateurs. On a donc laissé tomber ces crédits. »

 

Des mesures efficaces

Les promoteurs ont toutefois employé les grands moyens pour que l’effervescence de la place publique ne trouble pas la quiétude des riverains. Ils ont notamment embauché un professionnel en enveloppe du bâtiment afin d’améliorer l’acoustique des immeubles en périphérie de la place. De plus, pour limiter la pollution lumineuse, les lampadaires seront tamisés à partir de 22 heures, sans pour autant nuire à la vie nocturne.

 

Alex Beaudoin, Consultant LEED et vice-président idéation et conception pour Divalco. Photo de Olivier Charbonneau Karma Photo

 

À l’intérieur des bâtiments, WELL Community se limite aux aires communes. Alex Beaudoin cite au passage le traitement réservé aux couloirs et aux cages d’escalier afin d’en promouvoir l’usage. Contrairement aux ascenseurs, où les finis architecturaux et la diffusion de musique créent une ambiance feutrée, les cages d’escalier sont en effet souvent peu invitantes avec leurs néons et leurs murs de béton froids.

 

À Agora, ces aires de circulation deviendront des destinations en soi. Les escaliers seront éclairés d’une lumière douce et sans contraste. Ils seront aussi agrémentés de plantes et d’oeuvres d’art. Les promoteurs songent également à des messages qui incitent à l’activité physique et à prendre soin de soi. Les corridors résidentiels seront aussi décorés et éclairés d’une lumière tamisée. « WELL va faire en sorte que les résidents se sentent vraiment bien à Agora, note Alex Beaudoin. Et si les gens se sentent bien, ils vont rester. »

 

AGORA EN BREF
  • Site : 48 560 m2, dont 38 % d’espaces verts
  • Place publique : 7 284 m2 (18 acres)
  • Nombre de phases : 3
  • Échéancier de la première phase : 2018 à 2023
  • Étape actuelle : coulée de la fondation du premier bâtiment, demande de permis pour la place publique et deux autres bâtiments

 

 

LES ARTISANS D’AGORA
  • Architecture : Lapalme Rheault (conception) et L’Écuyer Lefaivre (exécution)
  • Ingénierie : Cima+ (civil), JPL Consultants (structure), Cosmel (mécanique/électricité)
  • Design : Humà Design Architecture du paysage : Projet Paysage
  • Éclairage : CS Design WELL et LEED : WSP
  • Construction : Construction JPL

 

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