Une année de transition pour l'industrie

13 avril 2018
Par Marie Gagnon
L’industrie de la construction traversera un entre-deux en 2018 avec l’apogée de

L’industrie de la construction traversera un entre-deux en 2018 avec l’apogée de grands chantiers et la stabilité relative de certains secteurs.

La fin de grands chantiers dans certains secteurs névralgiques d’un côté et le démarrage de nouveaux projets d’envergure d’ici la fin de l’année, de l’autre. L’industrie de la construction connaîtra une période charnière en 2018, et ce, malgré une croissance économique plus forte que prévu l’an dernier. Le niveau d’activité demeurera toutefois élevé, avec près de 144 millions d’heures travaillées prévues d’ici décembre.

 

Comme l’indique la Commission de la construction du Québec (CCQ) dans ses prévisions annuelles, c’est le secteur du génie civil et de la voirie qui soutiendra l’activité dans l’industrie en cours d’année avec 30 millions d’heures prévues. Même si plusieurs chantiers des sous-secteurs de l’éolien, des lignes de transport et des centrales hydroélectriques ont atteint leur apogée, de nouveaux projets de transport d’envergure se mettront bientôt en branle et alimenteront le secteur.

 

Génie et voirie en tête

Dans le Grand Montréal, où l’échangeur Turcot et le nouveau pont Champlain continueront de générer de l’activité, la CCQ signale notamment le remplacement du pont Jacques-Bizard, un projet estimé à 100 millions de dollars, et la mise en route du Réseau express métropolitain (REM), d’une valeur de 6,3 milliards.

 

La région de Québec sera aussi très active, avec le début de la phase 2 de l’élargissement de l’autoroute Henri-IV, qui pourrait s’échelonner sur cinq ans et dont les coûts sont estimés à 500 M$. Dans le Bas-Saint-Laurent, c’est la troisième phase du réaménagement de la route 185 en autoroute (947 M$) qui amènera de l’eau au moulin de ce sous-secteur.

 

L’industriel au ralenti

Du côté du secteur industriel, où la CCQ a enregistré en 2017 un recul de 6 % des heures travaillées, imputable essentiellement à la fin de la construction de la cimenterie McInnis, aucun grand projet n’est prévu à court terme pour prendre le relais des chantiers complétés entre 2016 et 2017. Mis à part, bien sûr, le redémarrage attendu de la mine du lac Bloom par Champion Iron, dont les travaux sont évalués à 327 M$.

 

 CCQ, janvier 2018

 

« Contrairement à nos prévisions, l’année 2017 s’est soldée par une forte croissance économique, note le directeur de la recherche et de la documentation de la CCQ, Charles Brant. Cette croissance positive s’est entre autres traduite par une demande accrue pour certains minerais, comme le fer et l’aluminium, qui ont vu leurs cours grimper. « La bonne tenue de l’économie s’est aussi reflétée dans la création d’emplois, qui s’est révélée plus forte que prévu, et le taux de chômage, qui est passé sous la barre des six pour cent, ajoute-t-il. Ces facteurs favorables ont stimulé la consommation des ménages et propulsé les mises en chantier dans le secteur résidentiel, qui a performé au-delà de nos attentes. Par contre, la hausse du taux directeur amorcée l’an dernier pourrait avoir un impact négatif cette année. »

 

Le résidentiel en hauteur

La CCQ anticipe en effet une diminution de 6 % des mises en chantier résidentielles, qui devraient s’établir à 40 500 nouvelles fondations cette année. En revanche, le marché des immeubles résidentiels en hauteur, qui fait partie du secteur institutionnel et commercial, continuera de répondre à une forte demande. Depuis 2015, ce type d’immeuble connaît une croissance soutenue, et c’est là une tendance qui devrait persister.

 

Mis à part les chantiers déjà amorcés, comme le Westbury à Montréal (250 M$), plusieurs projets d’importance seront mis en route en 2018. Du lot, la Tour des Canadiens III (150 M$), qui prévoit 567 unités dans un édifice de 55 étages, le 628 Saint-Jacques (150 M$), un ensemble de 35 étages et de 251 unités d’habitation en copropriété, ainsi que District Union, un quartier multigénérationnel d’une valeur globale de 900 M$ et dont la première phase, qui prévoit 364 unités pour un investissement de 174 M$, s’amorcera sous peu.

 

L’institutionnel en incubation

En dépit d’un léger ralentissement, en partie attribuable à la fin de la deuxième phase du CHUM, le sous-secteur institutionnel demeurera très actif encore cette année, avec le parachèvement des travaux au CHU Sainte-Justine et la démolition de l’hôpital Saint-Luc, en prélude de la phase 3 du CHUM qui débutera en 2019. Ce sous-secteur connaîtra également un nouveau souffle avec la construction du Centre femme-jeunesse-famille du CHU de Sherbrooke (198 M$) et la modernisation de l’Institut de cardiologie de Montréal (189 M$).

 

Enfin, dans la construction commerciale, le volume d’activité sera plutôt stable, estime la CCQ. Pendant que certains projets d’importance se poursuivront, dont le Solar Uniquartier (1,3 G$) à Brossard et l’Espace Montmorency (420 M$) à Montréal, d’autres contribueront à stimuler l’activité. L’organisme parapublic pointe notamment la construction du Square Children’s (450 M$), la revitalisation de l’Esplanade Ville-Marie (200 M$), la rénovation majeure du Centre Eaton (200 M$) et l’édification du Centre de transport Bellechasse (254 M$).

 

 

 


Cet article est tiré du Supplément thématique – Projets 2018. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

 

 

 

Tendances et opportunités

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