Défi des villes intelligentes : les exemples de Lévis et Nicolet

21 juin 2018
Par Marie Gagnon
Maquette du projet un boulevard intelligent, à Lévis. Photo : Ville de Lévis

Le Défi des villes intelligentes d’Infrastructure Canada suscite bien des espoirs au Québec, notamment du côté de Lévis et de Nicolet.

Plus tôt ce printemps, les deux villes ont soumis leur candidature au Défi des villes intelligentes, lancé en novembre dernier par Infrastructure Canada. Ce concours pancanadien offre aux municipalités de toutes tailles la possibilité de réaliser des projets structurants dans l’objectif d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens grâce à l’innovation, aux technologies connectées et aux données numériques.

 

Rehausser la sécurité

Avec son projet Chaussée intelligente, la Ville de Nicolet veut améliorer la sécurité et la mobilité de ses citoyens sur son territoire. « Nicolet a déjà amorcé un virage technologique, souligne sa mairesse Geneviève Dubois. On a installé des bornes de recharge électrique et constitué un parc de véhicules électriques en mode partagé entre les employés municipaux, les organismes communautaires et les citoyens. Et, présentement, on se prépare à convertir tous nos luminaires aux DEL.

 

« Avec le projet Chaussée intelligente, on souhaite aller encore plus loin pour favoriser un meilleur partage de la route entre les usagers. Pour en établir les orientations, on a d’abord mené des consultations auprès de nos citoyens afin de savoir ce que signifie pour eux une ville intelligente. Le projet que nous avons déposé dans le cadre du défi représente un amalgame entre la vision de la Ville et les préoccupations de nos citoyens. »

 

Briguant le prix de cinq millions de dollars dans la catégorie des municipalités de 30 000 habitants ou moins, le projet de Nicolet comporte une vingtaine d’actions. Parmi celles-ci, des traverses de piétons sécurisées au moyen d’hologrammes pour signaler la présence imminente de piétons, notamment en zone scolaire.

 

« Cette technologie n’existe pas actuellement en sécurité publique. Mais si on se retrouve parmi les finalistes du défi, la Ville va recevoir une somme de 250 000 $ pour développer le concept. Cela pourrait se faire en partenariat avec IVÉO, un organisme voué à l’innovation dans le secteur des villes et de la mobilité intelligentes, avec lequel nous travaillons déjà. »

 

Toujours en zone urbaine, le projet de Nicolet prévoit également des feux intelligents, dont les séquences sont ajustées en fonction de l’achalandage, et un système de gestion du stationnement intégré aux luminaires de rue pour indiquer les places disponibles.

 

« En zone rurale, on voudrait installer des capteurs pour prévenir les accidents avec la grande faune, relève pour sa part Sébastien Turgeon, conseiller en communication de Nicolet. […] On pense également à un marquage de chaussée photoluminescent pour accroitre la sécurité des usagers de la route, à l’extérieur de la ville. »

 

La prévention d’abord

Tout comme Nicolet, Lévis désire optimiser la mobilité sur son territoire en misant sur une gestion intelligente des feux de circulation du boulevard Guillaume-Couture, une portion de la route 132 qui sillonne la ville sur une vingtaine de kilomètres. « On s’apprête à mettre en place des mesures afin d’augmenter la part modale du transport collectif sur cet axe structurant de la ville, mentionne Pierre Asselin, conseiller en urbanisme.

 

« En instaurant un tel système aux 26 carrefours du tronçon, on éviterait que les véhicules soient immobilisés inutilement et que les moteurs tournent au ralenti, poursuit-il. La gestion se ferait en temps réel plutôt que d’être standardisée. Autrement dit, les feux réagiraient à la demande, en accordant la priorité aux véhicules circulant sur le boulevard Guillaume- Couture ainsi qu’aux véhicules d’urgence et au transport en commun. »

 

Selon des estimations préliminaires, un tel système permettrait aux usagers de gagner de 8 à 10 minutes sur l’ensemble du trajet. Une économie de temps considérable, où chaque minute gagnée se traduirait par des frais d’exploitation moindres. « Le but, c’est de donner plus de services aux citoyens, explique Marie-Lise Côté, directrice du Bureau de la mobilité durable de Lévis. Si le réseau coûte moins cher à exploiter, on peut redéployer les services de transport en commun et ainsi les rendre plus attrayants. »

 

Le projet Un boulevard intelligent, qui pourrait rapporter à Lévis l’un des deux prix de 10 millions de dollars dans le cadre du défi, s’inscrit dans la vision globale de la mobilité de la Ville, dont les trois grandes orientations sont la réalisation d’un projet structurant de transport collectif, l’amélioration des axes routiers existants et la participation au projet de troisième lien entre les deux rives. Lévis a d’ailleurs reçu, en mars dernier, une subvention de 87 millions de dollars pour y donner forme.

 

Pratiques et innovations

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