Jouer la carte de la conception intégrée

25 janvier 2015
Par Rénald Fortier

Le nouveau siège social de Dicom, à Dorval, est le fruit d’une conception intégrée qui aura permis d’optimiser la performance de cette réalisation durable. En équilibre avec le budget établi.

L’entreprise de distribution Dicom loge désormais à l’enseigne du développement durable dans son nouveau siège social de Dorval, où sont réunis tous ses services administratifs sous un même toit depuis l’automne dernier. C’est que cet édifice de bureaux lumineux de 5 261 mètres carrés, répartis sur deux étages et un niveau souterrain, intègre de nombreuses mesures écologiques et éconergétiques lui permettant de se qualifier pour l’obtention d’une certification LEED-NC, niveau Or.

 

Il faut dire que cette construction ayant requis un investissement de l’ordre de 10 millions de dollars, et dont l’ossature d’acier est enveloppée d’un mur-rideau de verre et d’aluminium se mariant avec des revêtements d’acier et de brique, a été conçue avec l’objectif d’en optimiser le plus possible la performance. Tant sur le plan environnemental que sur celui du confort des occupants.

 

Une visée qui a enjoint aux concepteurs de préconiser les meilleures solutions, non sans veiller à demeurer à l’intérieur des budgets initialement établis. C’est pourquoi Espace Construction, qui a vu à la fois à la gérance du projet et à celle de la construction, n’a pas tardé à mettre en oeuvre un processus de design intégré sitôt après avoir embauché les architectes Rubin & Rotman ainsi que la firme d’experts-conseils en efficacité énergétique et certification LEED Systèmes Énergie TST. Puis à compléter rapidement la composition de l’équipe de projet pour réunir toutes les expertises autour de la table.

 

Charles-Henri Brunet et Jean A. Saba - Photo de René-Claude Senécal

 

Jean A. Saba, vice-président au développement de cette entreprise de Dorval, raconte : « Nous avons commencé à plancher sur ce projet, de concert avec le client, un an avant que ne démarre la construction. Avant même qu’un seul dessin ne soit produit, nous avions déjà des discussions avec les architectes, les ingénieurs et TST pour identifier les solutions qui nous permettraient de livrer un véritable bâtiment durable répondant aux besoins exprimés par Dicom. »

 

C’est ainsi que l’on a décidé de tirer profit de stratégies tels le recours à une enveloppe performante, l’apport abondant de luminosité naturelle, l’utilisation de l’énergie solaire passive et la récupération des eaux de pluie des toitures. Ou encore que l’on a intégré au design un système géothermique pour répondre à une grande partie des besoins en chauffage et en climatisation, des planchers radiants au pourtour des espaces ou un éclairage artificiel combinant des luminaires LED et T-8, pour ne citer que ces autres exemples.

 

Sans oublier que des défis particuliers ont appelé l’application de solutions non moins communes. Comme ce fut le cas sur le plan de la gestion des eaux de ruissellement, le site devant être entièrement occupé par l’implantation du bâtiment et des stationnements. Ainsi, on a opté pour la mise en place d’îlots de biorétention dans les aires de stationnement à l’avant et à l’arrière, ainsi que d’un système constitué de grandes conduites souterraines pour stocker l’eau de pluie (préalablement biofiltrée) avant de la rediriger vers la nappe phréatique.

 

Analyses et simulations

« Chacune de nos décisions a été soupesée avant d’être arrêtée, note Charles-Henri Brunet, président d’Espace Construction. Et des simulations ont été réalisées par TST pour voir jusqu’où on pouvait aller pour ajouter le maximum de valeur aux composantes du bâtiment, tout en demeurant en adéquation avec les budgets alloués.

 

« Pour l’enveloppe, cite-t-il en exemple, nous avons étudié différentes approches en fonction des différents types de produits disponibles. Nous aurions pu chercher à obtenir une résistance thermique très élevée, mais il aurait fallu dépenser une fortune pour y arriver. Nous avons plutôt choisi de travailler avec une bonne performance, oui, mais en tenant compte notamment dans notre conception de son interaction avec la géothermie, les unités de chauffage au toit ainsi que de la récupération de la chaleur sur l’air vicié évacué. »

 

Une intégration gagnante, aux yeux de Charles-Henri Brunet, puisque la réduction de la consommation énergétique dépassera 30 % par rapport à la référence du Code modèle national de l’énergie pour les bâtiments. Sans compter que la consommation d’eau potable du nouvel immeuble de l’avenue Ryan sera réduite de plus de 50 % comparativement aux exigences de LEED, pour ne mentionner que cet autre indicateur attestant de sa performance environnementale.

 

ÉQUIPE DE PROJET

Client : Dicom
Gérance de projet et de construction, coordination LEED : Espace Construction
Architecture : Rubin & Rotman Architectes
Expertise en efficacité énergétique et bâtiment durable : Systèmes Énergie TST
Génie mécanique : Kolostat
Génie électrique : Les Services exp
Génie civil et architecture du paysage : Groupe SMI
Génie structural : Les Conseillers BCA Consultants

 

MESURES DURABLES
  • Membrane de toiture blanche [1 466 m ca] à haute réflectance [IRS=86]
  • Toits verts [3] extensifs [superficie totale de 154 m ca]
  • Récupération de l’eau des toits pour actionner les toilettes
  • Appareil de plomberie à débit réduit [lavabos : 8,3 l/min ; douches : 6,6 l/min ; toilettes : 4,8 l/chasse ; urinoirs : 1,9 l/chasse]
  • Mur végétal [23 m ca] s’élevant sur deux étages
  • Réduction de matériaux [cloisons intérieures minimisées, plafonds ajourés…]
  • Bois certifié FSC
  • Matériaux d’extraction et de fabrication régionale
  • Système de biofiltration et de rétention des eaux pluviales
  • Enveloppe du bâtiment performante (murs : R-13.63 ; toiture : R-19.59 ; fenestration : R-2.22)
  • Apport de l’énergie solaire passive en hiver
  • Occultation des gains solaires en été au moyen de pare-soleil
  • Système géothermique [8 puits à 152 mètres de profondeur] combiné avec quatre unités au toit
  • Récupération de la chaleur sur l’air vicié évacué au moyen d’une roue thermique
  • Luminosité naturelle dans la majorité des espaces [81,14 %]
  • Vue sur l’extérieur dans près de 94 % des espaces régulièrement occupés
  • Récupération de 95 % des déchets de construction au chantier

 


Cet article est tiré du Supplément thématique – Bâtiment 2014. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !