Renée Daoust, architecte et urbaniste: pour des projets intégrés et permanents

26 septembre 2013
Par Dominique Lemoine

Des firmes Cardinal Hardy comme étudiante à temps partiel à Daoust Lestage comme associée, Renée Daoust, architecte et urbaniste, a pris sa place dans l'univers de l'architecture et de la construction en développant et en promouvant une approche d'intégration des projets dans leur environnement urbain. Motivations : briser les silos entre ces deux disciplines, comprendre la ville pour mieux y construire.

 

Née à Montréal, elle savait depuis l'enfance qu'elle voulait devenir architecte. Son oncle avait une résidence conçue par un architecte. « Je trouvais ça extraordinaire la notion d'environnement façonné. » Avec ses parents, les aventures en Gaspésie se transformaient en voyages initiatiques d'une « Auberge des Gouverneurs très contemporaine » à l'autre, dont les architectes sont plus tard devenus ses associés.

 

Ce qu'elle aime le plus du métier est le plaisir qu'il lui procure et la possibilité de voir les différences urbaines entre chacune des villes où elle travaille (Montréal, Toronto, Calgary, par exemple), ce qui fonctionne bien ou moins bien. Une de ses motivations très importantes est de faire en sorte que les gens adoptent les projets. « On fait des projets pour eux. On veut qu'ils se sentent bien dans nos places publiques. »

 

Sa firme actuelle, Daoust Lestage, a été entre autres chargée de projet et design dans la réhabilitation du Quartier international et la réalisation des espaces de bureaux du Centre CDP Capital avec son mobilier. Et ce, dans un design urbain comprenant rue Université, square Victoria et place Jean-Paul-Riopelle. Elle dit que « c'était la première fois qu'on pouvait formaliser l'approche développée depuis des années ».

 

Valoriser la culture permanente

La culture permanente en architecture et design urbain et industriel d'ici devrait être au moins autant célébrée que la culture événementielle des festivals et autres, selon Renée Daoust. « Le temps alloué à la planification et à l'administration », par exemple en PPP, « rend l'architecture légale et comptable » selon elle, laissant moins de temps aux professionnels pour réaliser des plans et devis de bâtiments de qualité.

 

Quand elle compare avec ceux d'ici les outils économiques et financiers dont disposent les architectes de pays « de design » comme la Finlande, les Pays-Bas ou le Danemark, elle trouve que la culture permanente d'ici n'est pas assez valorisée. D'autant plus « qu'en voyage les gens veulent voir des bâtiments et des places publiques intéressantes. Il y aurait des retombées économiques intéressantes ».

 

À son avis, Montréal est bel et bien une ville « de design », mais avec des outils économiques et financiers pas assez développés. Tout comme des bâtiments du Vieux-Montréal sont encore là après plusieurs années, elle estime qu'il faut penser les projets en fonction des 50, 75, 100 prochaines années. Et ce, pour « créer le patrimoine de demain en investissant dans la qualité ».

 

Mais selon elle, cette façon de penser n'est pas là en ce moment : « on économise sur la construction, mais on paie sur l'entretien ». Ainsi n'y aurait-il plus d'héritage de qualité, remarque-t-elle. « Il faut en faire le constat pour faire en sorte que l'architecture reste une profession dans laquelle on investit dans la qualité. Je me rends compte que c'est un combat à mener pour les plus jeunes, que ça va être important d'en parler. »

 

À l'aise sur les chantiers

Renée Daoust se dit toujours très présente sur les chantiers. Être présent du début à la fin pour s'assurer que le chantier va bien fait partie de l'approche Daoust Lestage, « on ne laisse pas aller un projet ». Elle affirme qu'il faut parfois se battre pour faire un projet de qualité et y parler fort pour être entendu, mais que ça se fait de façon respectueuse. « Avec les gens de chantiers, on a l'heure juste », apprécie-t-elle.

 

Elle a donc pu remarquer qu'il y a de plus en plus de femmes dans l'industrie de la construction. Et elle note au passage qu'il y a toujours eu beaucoup de femmes architectes chez Daoust Lestage, une particularité. À son avis, le milieu a bien changé et n'est plus « misogyne » comme il pouvait l'être il y a 10 ou 15 ans et encore plus auparavant. « Le milieu ne pense plus de la même façon et c'est très enrichissant », croit-elle.

 

Selon elle, la mixité apporte des points de vue différents, intéressants et complémentaires. Les femmes se placent de plus en plus dans des postes d'architectes ou gestionnaires de compagnies de construction.

 

Aux employeurs, elle recommande de respecter la volonté de fonder une famille et les obligations qui y sont associées. « Ça fait partie de la vie, c'est une chose avec laquelle il faut négocier, avec souplesse et respect, même si ça fait beaucoup de choses à gérer. Elles travaillent fort pour se réaliser et elles sont des membres importantes de l'équipe, en plus d'être des professionnelles avec une bonne expertise. »

 


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Femmes en construction

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