Savoir choisir de l’outillage performant

9 juin 2014
Par Marie Gagnon
Réjean Blouin - Photo : Archives / René-Claude Senécal

Pour optimiser la productivité au chantier, il faut pouvoir compter sur les bons outils. Quelques critères à prendre en compte au moment de l’achat.

« À mauvais ouvrier, point de bon outil », dit le proverbe. Et si c’était l’outil qui n’était pas adapté à la tâche ? Au chantier, faut-il le préciser, le rendement des travailleurs passe notamment par un outillage performant. Pourtant, nombre d’entrepreneurs fondent encore leur choix uniquement sur le coût de l’appareil, au détriment de la fiabilité, de la performance et du service après-vente. Un piège à éviter à tout prix, prévient le président d’Outil Pac, un des principaux fournisseurs d’outils industriels au Québec.

 

« La première question qu’il faut se poser, c’est l’usage qu’on va en faire, dit Réjean Blouin. Parce que les besoins vont varier en fonction du métier. Prenons une perceuse, par exemple. On ne choisira pas le même modèle si on est plombier, électricien ou entrepreneur général. L’électricien, pour ses travaux en hauteur, doit tenir compte du poids de l’outil. Tandis que le plombier qui doit passer une conduite au travers d’une fondation, va d’abord rechercher la puissance et la robustesse. »

 

Il met en garde également contre la tentation de choisir son outillage en fonction de la renommée du fabricant. Autrement dit, d’acheter un nom plutôt qu’un produit adapté à ses besoins. Un peu à la manière des constructeurs automobiles, la plupart des fabricants d’outillage offrent une gamme étendue de produits afin de répondre à divers usages. Certains sont conçus pour une utilisation occasionnelle, alors que d’autres peuvent satisfaire au service le plus intense.

 

« Toutes les marques offrent des modèles haut de gamme destinés à un usage intensif, souligne au passage Réjean Blouin. Ils sont d’une fabrication extrêmement robuste, ils vont résister à la surchauffe et leur fiabilité est démontrée. »

 

Question de garantie, il rappelle que les outils à main sont assortis d’une garantie d’un an contre tout défaut de fabrication. L’acheteur peut aussi souscrire une garantie prolongée sauf que, en cas de mésusage ou par faute d’un entretien adéquat, celle-ci s’annule.

 

Le service aussi

Autre point à prendre en considération au moment de l’achat : le service à la clientèle. C’est la valeur ajoutée offerte par le détaillant, des petits plus qui le distinguent de la concurrence mais qui peuvent représenter gros, notamment en cas de bris ou de panne d’un appareil. Quels sont les délais de réparation ? Offrez-vous un produit de remplacement ? La livraison au chantier est-elle comprise ? Voilà autant de questions qu’il convient de poser à son fournisseur… avant d’acheter.

 

« Certains outils sont des produits de niche ; ils sont conçus pour répondre à des usages très spécifiques, comme les perceuses magnétiques, des machines qui s’utilisent principalement en charpente métallique, note Réjean Blouin. Mais encore faut-il savoir s’en servir. C’est pourquoi la formation à l’utilisateur, un service qui peut être offert par le détaillant ou un représentant du manufacturier, doit également faire partie des critères de choix. Après tout, ce que l’on vise, c’est le rendement. » Parce que les coûts d’un mauvais choix peuvent représenter jusqu’à 30 % des frais indirects, le fondateur d’Outil Pac insiste sur la nécessité de faire des achats réfléchis.

 

« Le calcul est simple, fait-il valoir. Un homme au chantier coûte environ 60 dollars l’heure. S’il ne peut pas travailler à cause d’un outil défectueux, on le paie pour rien. Et pendant qu’il ne travaille pas, le projet prend du retard. Et quand un projet s’éternise, c’est la rentabilité dans son ensemble qui risque d’être affectée. »

 

Enfin, Réjean Blouin conseille également d’éviter les achats en ligne, où les seuls critères de choix reposent le plus souvent sur le prix et la marque du fabricant. « Qu’en estil du service après-vente ? De la formation à l’utilisateur ? De l’exécution de la garantie ? C’est parfois tentant parce que les prix sont souvent alléchants, mais on peut aussi se faire jouer des tours », dit-il en conclusion.

 

TROIS PIÈGES À ÉVITER
  • Fonder son choix uniquement sur le prix
  • Ne pas tenir compte de l’usage de l’outil
  • Négliger de se renseigner sur le service
Pratiques et innovations

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