École Clair-Soleil : la construction modulaire au service de l’éducation

22 septembre 2025
Par Benoit Poirier

Construite en respectant un échéancier extrêmement serré et des paramètres exigeants, l'école primaire Clair-Soleil, dans le secteur Saint-Nicolas, à Lévis, constitue une première au Québec. Et tout un exploit.

Érigé en un temps record pour le coût de quelque 18 M$, cet établissement entièrement constitué d'éléments modulaires a une espérance de vie de 50 ans. Ses 74 constituantes de 12 mètres de longueur couvrent une superficie totale de 3375 mètres carrés (m²) répartis sur deux étages, avec une emprise de 1700 m² au sol.

 

L'école temporaire abrite, à l'intention des 360 élèves qui la fréquentent, 16 classes, une salle de musique, deux gymnases, 15 bureaux et six espaces sanitaires, en plus de salles de rangements et de réunion, de locaux pour les enseignants et d'espaces collaboratifs.

 

De nombreux défis

L'origine du projet remonte à 2021. À la suite d'une inspection exhaustive, des problèmes structurels visant la maçonnerie ont été décelés en amont d'un projet d'agrandissement et de rénovation de l'école.

 

« Nous avons alors décidé de fermer l'école à la suite de la recommandation de l'ingénieur. À compter de septembre 2024, les élèves ont été relocalisés dans six écoles du secteur. Entre-temps, nous avons réussi à obtenir une autorisation pour construire, dans l'urgence, un complexe modulaire pour reloger en un même lieu tous les élèves et le personnel enseignant », relate Amina Sai, directrice des Services des ressources matérielles au Centre de services scolaire des Navigateurs (CSSDN), initiateur du projet.

 

« Comme les travaux de génie civil ne pouvaient pas commencer avant le début avril, la plus grande difficulté dans ce projet-là a évidemment été le temps », confie Cédric Bolduc-Cliche, directeur général du Groupe RCM, qui a réalisé le bâtiment modulaire. Sans parler de conditions géologiques et météorologiques défavorables.

 

Les équipes ont tout de même réussi à livrer l'essentiel du chantier... trois jours en retard sur la date prévue pour la rentrée. Mais pas de blâme. Non plus pour certains travaux qu'il restait à compléter, tels que la complétion du secteur administratif ainsi que des travaux d'aménagement extérieurs. « Ça va quand même bien. Notre objectif premier était d'accueillir les élèves pour la rentrée », souligne Amina Sai.

 

Des « blocs LEGO » tout à fait conformes

Les unités modulaires sont placées sur une chaîne de montage dans l'usine de l'entreprise située à Saint-Benoît-Labre, en Beauce, où 70 à 90 pour cent du travail est effectué. On ne parle pas ici de maisons mobiles ni de roulottes de chantier. « Tous nos projets sont soumis aux mêmes règles que pour une construction conventionnelle. Architecture, électricité, mécanique, câblage, structure, tout est conçu sur mesure selon le Code du bâtiment, ceci dans des conditions optimales », insiste Cédric Bolduc-Cliche.

 

École Clair-Soleil : la construction modulaire au service de l’éducation. Crédit : Groupe RCM

 

« L'intégration de structures d'acier à même les modules permet d'avoir des grands espaces ouverts, pour un gymnase, par exemple. Et aucun module n'est vraiment autonome. Il faut que faut que ça forme un tout. »

 

Le projet a été réalisé en trois phases, chacun d'elle ayant été entreprise au fur et à mesure de la finalisation d'une portion des travaux de génie civil, de fondation et de montage de la structure. Une fois installés, les équipes effectuent les liens électromécaniques, les raccords aux infrastructures municipales et le revêtement extérieur.

 

Parallèlement aux experts du Groupe RCM, le donneur d'ordres avait réuni une équipe multidisciplinaire pour produire le devis de performance et valider les travaux. Celle-ci regroupait les firmes Brigad architecture, GBI (structure et civil) et Pluritec (électromécanique).

 

Le CSSDN prévoit solliciter, en octobre 2025, les firmes de professionnels en vue de la déconstruction puis de la reconstruction de l'école originale. Celle-ci pourrait être livrée en 2028. Après quoi, le bâtiment modulaire pourrait soit être déménagé soit demeurer sur place. Plusieurs scénarios sont envisagés.