Faisant fi des vents défavorables, le Groupe Montoni vogue actuellement les voiles grandes déployées. L'incertitude économique et la hausse vertigineuse des coûts de construction ne l'empêchent effectivement pas de mener de front cinq projets, qu'elle a tour à tour annoncés au cours des derniers mois.
Saint-Alphonse-de-Granby
Le promoteur et gestionnaire immobilier entreprendra, au printemps 2026, l'aménagement d'un pôle commercial régional dans cette municipalité de la MRC de La Haute-Yamaska. Le site accueillerait divers services et commerces de détail sur un terrain d'une superficie de 1,8 million de pieds carrés (pi2), à proximité de l’autoroute 10 et de la route 139.
« Le projet va s'étaler sur deux ou trois années. Nous sommes vraiment dans une formule clés en main, de A à Z incluant les bâtiments », indique Jacob Plouffe, directeur de projets, Planification stratégique et Développement de terrains chez Montoni. « Nous avons aussi beaucoup de préparation de site à faire, du nivellement entre autres. Mais c'est certain que lorsqu'on parle de projets en région, comme c'est le cas de plusieurs dossiers que nous avons actuellement, nous essayons évidemment de travailler avec les acteurs locaux. »
Laval
Il y a un mois, cette fois de concert avec le Fonds immobilier de solidarité FTQ, Montoni donnait le coup d'envoi officiel à un projet industriel durable nouvelle génération d'une valeur de 325 millions de dollars (M$) à la jonction des autoroutes 15 et 440 : l’Écoparc Laval 15. Y sont prévus cinq bâtiments visant l'obtention des certifications LEED Argent et BCZ Design et Performance et dont le premier serait livré dès mai 2026. Celui-ci atteindrait, entre autres performances environnementales, une réduction de 40 % de la consommation d’eau, des économies d’énergie de 60 % et une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 50 %. Le bâtiment serait doté de quelque 130 panneaux solaires, de matériaux à faible émissivité et d'une toiture blanche.
L'ensemble du projet se déploierait en quatre phases jusqu'en 2027. Près du tiers du site, qui couvre un peu plus d'un million de pi2, serait accessible au public, offrant à celui-ci des espaces verts dont un milieu humide protégé de 400 000 pi2. Prennent notamment part au projet NEUF Architect(e)s ainsi que BCA Consultants/Acier Sélect.
Lachute
Ce projet situé dans la MRC d’Argenteuil, près de l’autoroute 50 et des routes 148 et 158, est « un peu différent », explique Jacob Plouffe. « Nous parlons ici d'une entente de collaboration d'une durée de cinq ans avec la Ville sur un terrain qui appartient à la Ville. » Elle vise un lot de 1,8 million de pi2 sur lequel seraient érigés des bâtiments durables haute performance.
« Cette entente nous permet d'échanger, de part et d'autre, sur le plan des connaissances et de l'expertise que nous avons développées au fil des ans quant au développement de terrains industriels, mais aussi en ce qui a trait à la clientèle que nous pourrions amener sur ce futur site. » Les travaux menés durant les premières années étant surtout de type exploratoires et analytiques puis consacrés aux études de marché, le directeur de projets ne s'attend pas à une première levée de terre avant 2027 ou 2028.
Saint-Laurent
Autre projet d'envergure en cours de réalisation, cette fois dans le secteur résidentiel avec Chapitre Bois-Franc. Situé près d'une des gares du Réseau express métropolitain (REM), à l’angle des boulevards Henri-Bourassa Ouest et Marcel-Laurin, sur l'île de Montréal, l'édifice de 13 étages d'une valeur de 100 M$, abritera plus de 300 unités d'habitation. Bordée d'espaces verts et généreusement fenestrée, la tour sera coiffée d'une toiture végétalisée et d'une terrasse panoramique. Le projet, auquel prennent part Sid Lee Architecture et L2C Experts-Conseils, vise l'obtention des certifications LEED Or et BCZ.
« Nous avons commencé la réhabilitation du site, précise Jacob Plouffe. Nous prévoyons recevoir les derniers permis d'ici la fin de l'année et commencer les travaux en janvier en vue d'une livraison qui nous mènerait à peu près en 2027-2028. » Une seule phase est prévue. Toutefois, Montoni songe à reprendre le concept signature qui en résulterait, alliant durabilité et efficacité énergétique, un peu partout au Québec — sans pour autant faire du copier-coller. Il s'agirait donc possiblement du premier « chapitre » d'un projet plus large. À suivre.
Trois-Rivières
Enfin, l'entreprise s'est vu confier la conception d'un plan de redéveloppement du parc de l’Exposition en un village à vocations mixtes résidentiel à haute densité/commercial/récréatif favorisant les déplacements actifs.
« Dans ce cas-ci, nous parlons d'une entente d'exclusivité qui va probablement mener à une entente de développement de quasiment cinq à dix ans. Cela nous mène jusqu'en 2034, soit pour le 400e de Trois-Rivières », rapporte Jacob Plouffe. « Nous rencontrons actuellement les gens, entre autres les citoyens, normalement au début de 2026. Nous voulons comprendre l'histoire, bien saisir le sentiment d'attachement que les gens ont pour ce site-là, mais aussi comprendre ce qui fonctionne et ce qui fonctionne un peu moins bien, puis voir de quelle façon nous pouvons redonner le site aux Trifluviens. C'est un modèle quand même assez différent, mais super intéressant pour nous, parce que cela nous permet de vraiment être à l'étape zéro d'un projet, de collaborer avec une Ville sur un site qui a énormément de potentiel. »
Assises durables
« La vision, la mentalité des gens par rapport à tout ce qui touche au développement durable évolue énormément et de plus en plus rapidement. » Les clients qui font ce choix, rapporte le directeur de projets, constatent dès les premières années une réduction considérable de leurs factures d'énergie. Dans bien des cas, dit-il, cela devient même un critère incontournable du côté des bailleurs de fonds. « Et lorsque nous construisons pour nous-mêmes, comme c'est la plupart du temps le cas, c'est beaucoup plus facile d'implanter cette vision-là parce que nous en comprenons d'emblée les avantages et les bénéfices. »
Avec en banque plus de 700 réalisations tous secteurs confondus sur les territoires québécois, ontarien et néo-brunswickois, dont Espace Montmorency, à Laval, et le futur Quartier Molson, à Montréal, le Groupe Montoni mène allègrement sa barque. De plus en plus hors des grands centres. En découle des liens gagnant-gagnant entre l'expertise de l'entreprise et le potentiel des plus petites localités, témoigne Jacob Plouffe. « C'est sûr et certain qu'en arrivant avec le bagage que nous avons, les gens sont contents qu'on démontre un certain intérêt pour leur région. C'est super intéressant de contribuer à une économie locale. Et nous cherchons à nous diversifier, à innover. Un projet comme celui de Trois-Rivières n'est pas pour demain matin. C'est un projet que nous regardons à long terme. C'est le rôle de la planification stratégique d'être en amont. Ça nous permet d'avoir une espèce de longueur d'avance. »



