Premier PTI de l’administration Plante-Dorais

22 février 2018
Par Jean Garon
Programme d’immobilisations 2018-2020 de Montréal : ouverture à fond des robinet

À la défense de son récent budget, le dévoilement du tout premier Programme triennal d’immobilisations (PTI) de l’administration de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, semble justifier ses annonces d’augmentations des taxes.

En tout, ce sont 6 milliards 383 millions de dollars qu’elle projette investir dans les immobilisations au cours des trois prochaines années, soit un montant du même ordre que celui prévu pour les années 2017 à 2019.

 

L’accroissement des investissements dans les infrastructures de l’eau et des routes demeure l’axe central de ce PTI 2018-2020. Concrètement, près des deux tiers des investissements ou 4 milliards 117 millions de dollars y seront consacrés afin d’éliminer le déficit d’entretien depuis plusieurs années du réseau d’aqueduc et d’égout et celui de la voirie. Que les entrepreneurs se le tiennent donc pour dit : ce sont plus de 1 000 kilomètres de rues et plus de 400 kilomètres de conduites sur les réseaux secondaires d’aqueduc et d’égout sur lesquels ils seront appels à œuvrer pour les refaire ou les remplacer !

 

Globalement, le nouveau PTI prévoit répartir les investissements comme suit d’ici 2020 :

  • 2 085 M$ en 2018
  • 2 158 M$ en 2019
  • 2 140 M$ en 2020

 

Proportionnellement, 4 423 M$ des investissements projetés seront alloués à des projets visant la protection et la réhabilitation des éléments d’actifs existants, tandis que le reste, 1 920 M$, ira au développement de nouvelles infrastructures.

 

Dans le détail du PTI, la Ville indique qu’une somme de 1 682,1 M$ sera consacrée aux infrastructures de l’eau, dont 537 M$ dès cette année. Ces investissements se traduiront en divers travaux dans les projets suivants (sur les budgets totaux indiqués entre parenthèses) :

  • Le renouvellement du réseau secondaire d’aqueduc et d’égout (513,1 M$);
  • La désinfection des eaux usées par l’ozone (207,6 M$);
  • La modernisation des quatre usines de production d’eau potable, soit Atwater, Des Baillets, Pierrefonds et Pointe-Claire (103,8 M$);
  • Les travaux de réfection sur les ouvrages de retention Rockfield, William, Lavigne, Leduc et Saint-Thomas (161,5 M$);
  • Les travaux de réfection sur les réservoirs et les stations de pompage Rosemont et McTavish (127,1 M$);
  • L’intervention sur le réseau de conduites primaires d’aqueduc (113,5 M$);
  • L’intervention sur les collecteurs d’égout (69,1 M$);
  • La réalisation du Plan d’alimentation des réseaux de l’ouest, incluant la modernisation des usines de production d’eau potable de Lachine et de Dorval (68,4 M$).

 

En ce qui concerne le transport et la voirie, la Ville de Montréal y investira 2 258 M$ dans les infrastructures routières (incluant les pistes cyclables), soit plus du tiers de son budget. De ce montant, elle consacrera 1 797 M$ dans la protection des actifs et 461,4 M$ dans le développement de nouvelles infrastructures. Parmi les principaux projets visés, le PTI inscrit :

  • Le réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest pour les phases 1 et 2 (95 M$);
  • Le réaménagement urbain pour la mise en fonction du système rapide par bus (SRB) sur le boulevard Pie-IX (72,5 M$);
  • Le réaménagement de la rue Saint-Hubert (60,9 M$);
  • La mise à niveau de l’éclairage des rues (55,9 M$);
  • L’accompagnement de la Caisse de dépôt et de placement du Québec dans la réalisation du projet du Réseau électrique métropolitain (31 M$);
  • Le réaménagement du boulevard Laurentien et de la rue Lachapelle (30,9 M$);
  • Le remplacement du pont Jacques-Bizard (29,0 M$);
  • La coordination des interfaces entre le réseau routier municipal et le réseau autoroutier de l’échangeur Turcot (19,3 M$);
  • L’accompagnement dans l’établissement des liens routiers avec le corridor du nouveau pont Champlain (17,9 M$);
  • Le réaménagement de la rue Jean-Talon (15,1 M$);
  • L’aménagement d’un nouveau boulevard dans la future emprise de l’autoroute 440 reliant le boulevard Gouin à l’autoroute 40 (13,5 M$);
  • Le raccordement du boulevard Cavendish de l’arrondissement Saint-Laurent à Côte Saint-Luc (13 M$);
  • Le réaménagement de l’intersection Côte des- Neiges‒Remembrance (12,6 M$);
  • Le développement et l’optimisation du système de vélo en libre-service BIXI (9,4 M$).

 

Le président du comité exécutif et responsable des finances, Benoit Dorais, et la mairesse Valérie Plante - Photo de Jean Garon

 

De nombreux autres investissements totalisant 537,1 M$ prévus dans le PTI sont destinés aux arrondissements. Cela représente une hausse de 20,3 % dans les immobilisations par rapport au PTI précédent. Il est à noter que des projets et des programmes d’appui aux arrondissements sont également prévus à hauteur de 861,0 M$, ce qui porte les investissements consacrés aux arrondissements à un total de 1 398,1 M$.

 

Parmi la vingtaine de projets et programmes indiqués dans le PTI, plusieurs concernent la réfection et la réhabilitation des infrastructures routières, la protection des actifs immobiliers (services de police, sécurité incendie, réseaux des bibliothèques, etc.) l’aménagement des pistes cyclables et des parcs, la construction de logements sociaux et communautaires, ainsi que le développement des technologies de l’information.

 

En gros, l’administration Plante-Dorais estime qu’il s’agit d’un plan d’immobilisations responsable qui s’inscrit dans la continuité de l’administration précédente, tout en se démarquant avec des projets priorisés par leur formation politique et par leur volonté d’accélérer et accroître les réalisations.

 

« Il faut augmenter la cadence des investissements de 500 à près de 600 M$ dans les immobilisations dès cette année pour combler un certain rattrapage », a entonné la mairesse Valérie Plante. Cela représente une hausse de 20 % des réalisations par rapport aux performances antérieures. Pour aller au-delà des intentions, la Ville mise sur l’affectation de ressources additionnelles, l’accélération du processus d’adoption des orientations et des budgets des projets et, finalement, la simplification de leur mise en oeuvre par une gestion saine et un financement efficient.

 

Cet article est paru dans l’édition du jeudi le 8 février 2018 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous.

 

Tendances et opportunités

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