Previsions de l’industrie : une bonne année en perspective selon la CCQ

31 janvier 2019
Par Marie Gagnon
Previsions de l’industrie : une bonne année en perspective selon la CCQ

Le niveau d’activité restera élevé cette année dans l’industrie. C’est du moins ce que prévoit la Commission de la construction du Québec (CCQ), qui a sorti, début décembre, sa boule de cristal pour prédire à quoi ressembleraient les douze prochains mois.

Tous secteurs confondus, la CCQ anticipe ainsi un recul de 3 % du nombre d’heures travaillées par rapport à 2018. Malgré ce léger repli, l’industrie vivra tout de même en 2019 une de ses meilleures années depuis 2013, avec un volume global de 156,5 millions d’heures.

 

Seul le secteur du génie civil et de la voirie connaîtra un certain répit en 2019. Après avoir enregistré 32,5 millions d’heures en 2018, ce secteur devrait en générer 29 millions cette année, soit 11 % de moins que l’an dernier. Ce ralentissement s’explique entre autres par le parachèvement du nouveau pont Champlain. Le début des travaux du Réseau express métropolitain (6,3 milliards de dollars) et au pont-tunnel Louis-H.-La Fontaine (1 milliard de dollars), de même que la démolition de l’ancien pont Champlain (400 millions de dollars), devraient toutefois atténuer cette perte.

 

Dans le sous-secteur des routes et infrastructures, l’activité demeurera néanmoins à un niveau élevé. Plusieurs projets d’envergure continueront en effet de soutenir ce sous-secteur tout au long de l’année. On pense notamment à la phase 3 du réaménagement de la route 185 en autoroute (947 millions de dollars), à la réfection de la route 389 (468 millions de dollars), à la construction d’un garage souterrain pour les voitures de métro (440 millions de dollars), à la phase 2 de l’élargissement de l’autoroute Henri-IV (291 millions de dollars) et à la démolition de l’ancien pont Champlain (400 millions de dollars).

 

Du côté des centrales et des lignes électriques, la fin de la construction de la ligne Chamouchouane-Bout-de-l’Île, survenue à l’automne dernier, et la complétion graduelle du complexe La Romaine, prévue pour 2021, causeront un ralentissement de l’activité dans ce sous-secteur. Ce fléchissement sera toutefois compensé par la construction de la ligne à 735 kV Micoua-Saguenay (793 millions de dollars), qui débutera cette année pour prendre fin en 2022.

 

Un regain pour l’industriel

Dans le secteur industriel, la confiance des investisseurs et la bonne tenue de l’économie laissent entrevoir des perspectives favorables pour l’année qui débute. La CCQ prévoit que ce secteur devrait finir l’année avec 11,5 millions d’heures travaillées, en hausse de 10 % par rapport à 2018. Cependant, l’incertitude entourant le commerce mondial, ainsi qu’une faible demande de la part de la Chine, maintient le cours des métaux à des niveaux plutôt faibles. Les perspectives de croissance mondiale restant bonnes, la situation pourrait s’améliorer.

 

Plusieurs projets motivent cet optimisme. À commencer par la construction de la mine de lithium de Whabouchi et de l’usine de transformation de Nemaska Lithium (832 millions de dollars). Rio Tinto Alcan participera aussi à cette embellie en poursuivant la construction de son usine de filtration de bauxite (250 millions de dollars), tout comme Médicago avec son usine de production de vaccins (245 millions de dollars) et Kruger, qui a annoncé l’été dernier la construction d’une usine à Sherbrooke (575 millions de dollars). L’usine d’éthanol cellulosique d’Enerkem (200 millions de dollars) et la phase 2 de l’usine de magnésium d’Alliance Magnésium (105 millions de dollars) contribueront également à la bonne marche du secteur.

 

À plein régime

Malgré une baisse de 1 % du volume de ses heures travaillées l’an dernier, la construction institutionnelle et commerciale tournera à plein régime cette année pour atteindre 87 millions d’heures travaillées. Le sous-secteur institutionnel compte déjà sur plusieurs chantiers dans le domaine de la santé, dont la dernière phase du CHUM et la poursuite de la construction du CHU de Québec. De nouveaux projets viendront appuyer ces perspectives, comme la rénovation de la base militaire de Bagotville (300 millions de dollars) et l’agrandissement de l’hôpital Pierre-Le Gardeur (150 millions de dollars).

 

Après des investissements massifs en 2018, l’activité dans le domaine de l’éducation reculera cette année avec le parachèvement du Complexe des sciences du Campus MIL. La mise en chantier du nouveau pavillon de HEC Montréal (183 millions de dollars) viendra quelque peu rééquilibrer l’équation. Par ailleurs, la construction commerciale conservera son dynamisme en 2019 grâce à des projets comme le Solar Uniquartier (1,3 milliard de dollars) et le Royalmount (1,7 milliard de dollars). D’autres chantiers de moindre importance seront également actifs, comme Espace Montmorency (500 millions de dollars), le Westbury (250 millions de dollars) et Humaniti (200 millions de dollars).

 

D’autre part, le nouveau siège social de la Banque Nationale (500 millions de dollars) contribuera à rehausser l’activité dans le marché des immeubles de bureaux. Des investissements sont également attendus dans les établissements de loisir, tout comme en transport public avec la construction du centre de transport Bellechasse (254 millions de dollars). Quant au segment multirésidentiel, qui a connu son apogée l’an dernier, il devrait régresser légèrement en 2019, et ce, malgré la venue de Victoria sur le parc (300 millions de dollars).

 

Enfin, dans le secteur résidentiel, les perspectives pour 2019 sont positives même si la CCQ s’attend à un niveau d’activité moindre. La confiance des ménages reste forte et alimentera la demande. Les mises en chantier demeureront donc élevées, 42 000 unités étant prévues, mais les heures travaillées reculeront pour s’établir à 29 millions. Pour sa part, le marché de la revente a continué de se resserrer et les stocks d’invendus sont à leur plus bas depuis 2010. De plus, les taux d’inoccupation restent faibles dans le logement locatif comme dans les résidences pour aînés.

 

Palmarès des régions

Le portrait sera cependant un peu différent selon les régions. Bien que la CCQ s’attende à une baisse d’activité de 3 % à l’échelle de la province, quelques régions sortiront du lot. La Baie-James figure ainsi en tête de liste, avec une hausse de 10 % par rapport à 2018 grâce à la mine Whabouchi, suivie par l’Estrie (+4 %), l’Outaouais (+4 %) et l’Abitibi-Témiscamingue (+3 %).

 

Trois régions connaîtront un recul, soit la Côte-Nord (-7 %), en raison de l’avancement de la Romaine, le Grand Montréal, où la fin des travaux au nouveau pont Champlain se traduira par une baisse de 5 % de l’activité, et la Mauricie (-3 %). Dans le Bas-Saint-Laurent, la poursuite du Complexe aquatique de Rimouski contribuera à maintenir le volume d’activité à un niveau stable.

 

Cet article est paru dans l’édition du 17 janvier 2019 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous.

 

Tendances et opportunités

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