Les Bassins du Havre : un concept citadin entouré d’eau

Par François G. Cellier

Montréal a été désigné Ville Unesco de design, en 2006, par l’Alliance globale pour la diversité culturelle. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a tenu à le rappeler lors du lancement du projet de copropriétés Les Bassins du Havre, le 14 juin dernier. Cette mégacopropriété, qui comptera au final 1 800 appartements et maisons de ville, promet d’être relevée sur le plan esthétique. Construite au coût de 650 millions $, elle vise les certifications LEED-ND (Neighborhood Development) et LEED-NC (New Construction), niveau de base. La première phase des travaux compte cinq bâtiments, dont une tour de 20 étages et quatre immeubles s’élevant sur 8 étages, pour un total de 600 unités.

 

Quartier résidentiel intégré qui prendra forme à l’angle des rues du Séminaire et Ottawa, dans Griffintown, Les Bassins du Havre renfermeront un marais filtrant. Celui-ci récoltera les eaux de ruissellement de la rue et des allées piétonnières du site. Il comprendra divers types de substrats dans lesquels l’eau passera pour y être filtrée, avant de retourner dans le canal de Lachine. D’autres bassins recueilleront les eaux pluviales en provenance des toitures. Ces eaux feront l’objet d’une oxygénation pour empêcher la création d’odeurs et de bactéries. Elles aboutiront dans un collecteur de la Ville de Montréal, pour éventuellement être réacheminées dans le canal de Lachine. « Ces bassins visent une gestion de l’eau qui limitera la présence de conduites souterraines », précise Josée Bérubé, architecte PA LEED et designer urbain chez IBI-CHBA, qui travaille en consortium avec Menkes Shooner Dagenais et LeTourneux Architectes dans ce projet.

 

Certains bâtiments se retrouveront carrément dans les bassins. En ouvrant leur terrasse, les résidents des rez-de-chaussée concernés auront l’impression d’habiter sur un quai. La profondeur des bassins sera maintenue à deux pieds, grâce à un système de rétention intérieur. Au besoin, l’eau pourra y être pompée pour ensuite être ramenée à la surface. Précisons que d’autres sections des immeubles donneront sur des allées publiques.

 

La structure des édifices comportera du béton notamment constitué de cendres volantes. Sur le plan architectural, les immeubles se voudront contemporains, mais présenteront aussi des clins d’œil. « À titre d’exemple, trois tours comptant 20 étages sur la rue du Séminaire, dont une dans la première phase, rappelleront les grues de levage qui se trouvent le long des quais. Ces tours seront hautes et filiformes », mentionne Josée Bérubé. Côté aménagement intérieur, les concepteurs n’ont pas tari d’efforts pour dénicher des fenêtres d’une très grande dimension. « Elles compenseront pour la petite taille de certains appartements, et donneront l’impression aux occupants d’habiter dans des espaces plus grands », indique encore Josée Bérubé.

 

La construction des premières unités comprises dans la phase 1 commencera cet automne. Elle devrait être complétée au début de 2013. Cima + s’acquittera du génie en structure associé au projet. Bouthillette Parizeau ingénieurs-conseils prendra en charge l’ingénierie mécanique et électrique. Peter Busby, de la firme Busby Perkins & Will, apportera également sa contribution au chapitre du développement durable. Les promoteurs des Bassins du Havre, soit le Groupe Prével et Rachel Julien, construiront les bâtiments. Soulignons que le site accueillera des restaurants, cafés-terrasses et d’autres types de commerce. Une fois parachevé, ce complexe résidentiel accueillera quelque 5 000 résidents.

 


Cet article est paru dans l’édition du vendredi 17 juin 2011 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !