Si l’évolution technologique de la machinerie lourde a facilité son entretien préventif, elle a en revanche complexifié sa réparation dans certains cas. Mieux vaut donc prévenir que guérir.
Par Rénald Fortier
Ergonomie améliorée, manoeuvrabilité accrue, capacité de levage supérieure... L’évolution technologique a permis de rehausser grandement la performance de la machinerie lourde au cours des dernières années. À la fois pour l’entrepreneur et l’opérateur, qui y gagnent respectivement en productivité et en confort.
« Les machines sont aujourd’hui plus légères pour une même capacité de travail par rapport à autrefois. Elles sont aussi plus rapides, plus nerveuses et plus précises. Sans compter qu’elles consomment beaucoup moins de carburant », observe Jérôme Roy, professeur au Centre de formation en mécanique de véhicules lourds, à Lévis.
Pour ce spécialiste de la mécanique d’engins de chantier, il ne fait pas de doute que les avancées technologiques, notamment l’avènement des composantes électroniques, ont aussi contribué à changer la donne sur les plans de l’entretien et de la réparation. Surtout lorsqu’il s’agit de résoudre des troubles complexes. « Il y a deux côtés à la médaille, dit-il. Pour le mécanicien, on peut dire que l’électronique a simplifié le diagnostic.
Car c’est l’ordinateur, à partir de codes, qui va le diriger vers la source du problème. S’il s’agit d’un trouble relativement simple, il peut ainsi le solutionner très rapidement.
« Par contre, ajoute l’enseignant, certaines réparations peuvent se révéler plus complexes. Par exemple, l’ordinateur peut te sortir tel ou tel code laissant croire que l’on est en présence d’un problème de senseur alors que c’est un trouble mécanique qui est en cause. Ce qui fait que l’on peut chercher longtemps avec des oeillères parce que l’on a en tête que le supposé problème de nature électronique. »
Jérôme Roy signale aussi que ne répare qui veut la machinerie moderne. D’une part, parce que l’électronique requiert de disposer de l’équipement approprié pour poser le diagnostic ; d’autre part, parce qu’il devient de plus en plus difficile de se maintenir au diapason de l’évolution technologique de toutes les marques d’équipement qui sont maintenant sur le marché.
À telle enseigne qu’il conseille aux entrepreneurs de se tourner vers le fournisseur quand vient le temps de solutionner un problème. « Parce qu’ils travaillent toujours sur les mêmes machines, explique-t-il, et que ce sont toujours les mêmes troubles qui reviennent. Alors, l’entrepreneur va aussi économiser sur le coût de la réparation puisque son équipement pourra ainsi être réparé plus rapidement. »
Miser sur la prévention
L’entrepreneur a évidemment tout intérêt à prévenir les problèmes en entretenant bien sa machinerie. D’autant plus que l’évolution technologique l’a facilité de beaucoup. Avec l’injection électronique, par exemple, plus besoin de démonter et de changer des composantes de la pompe comme auparavant, il suffit simplement d’aller dans le programme à l’aide d’un ordinateur. Il en va de même pour les points de graissage, toujours à titre d’exemple, qui sont maintenant centralisés.
« Un équipement lourd, ça coûte cher, indique Jérôme Roy. Pour parer aux bris qui peuvent occasionner des pertes de productivité, il faut donc l’entretenir. Il n’y a aucune raison de faire preuve de négligence, surtout que les nouveaux équipements exigent moins d’entretien parce que l’on a fait disparaître des composantes mécaniques au profit de composantes électroniques qui ne requièrent pratiquement pas de maintenance.
« Un bon entretien, ajoute-t-il, ça commence avec une inspection régulière pour s’assurer, par exemple, qu’il n’y ait pas de perte de fluides. Et il faut se conformer aux recommandations contenues dans le guide d’entretien du fabricant et aussi conserver un suivi des interventions dont a fait l’objet chaque équipement. Parce que plus on accumule de l’information sur une machine, mieux on peut circonscrire la nature d’un éventuel problème. »

