Mégachantier à l'Aéroport Montréal-Trudeau

18 mai 2018
Par Jean Garon

Bonne nouvelle pour les voyageurs et les gens d’affaires de la métropole: l’administration d’Aéroports de Montréal (ADM) prépare un projet d’agrandissement estimé à 2,5 milliards de dollars à l’Aéroport Montréal-Trudeau (Dorval).

C’est le président-directeur général d’ADM, Philippe Rainville, qui en a fait l’annonce, lundi, lors d’un dîner d’affaires organisé par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. Après plus d’une année de réflexion, l’organisation en est venue à la conclusion qu’il lui fallait investir massivement dans ses infrastructures d’accueil pour réussir à gérer la croissance de l’affluence de passagers et pour demeurer efficace au plan des opérations.

 

Dans les faits, l’Aéroport Montréal-Trudeau a doublé sa clientèle depuis 2004, laquelle est passée de 9 millions de passagers à plus de 18 millions en 2017. Son offre de destinations internationales directes a pour sa part triplé, passant de 30 à 89, sans compter les 59 autres destinations directes canadiennes et américaines, avec pour résultat qu’il se situe maintenant au sixième rang des grands aéroports internationaux en Amérique du Nord. Et cette croissance est loin d’être terminée selon le p.-d.g., qui anticipe une croissance moyenne de 4 % par année de l’achalandage d’ici 2023.

 

Cette croissance résulte de plusieurs facteurs, notamment l’augmentation croissante du nombre de voyageurs et du trafic aérien mondial, la proportion plus importante (20 %) de passagers en transit à Montréal, l’économie canadienne et montréalaise qui tourne à plein régime, et la destination Montréal, qui attire de plus en plus de touristes, d’étudiants, de gens d’affaires et d’entreprises.

 

Bref, « Montréal-Trudeau est devenu une plaque tournante sur la carte aéroportuaire mondiale, un aéroport de correspondance, un véritable hub », précise M. Rainville.

 

Pour faire partager sa vision des transformations projetées à Montréal-Trudeau, ADM a dévoilé des esquisses préliminaires préparées par la firme Lemay et associés, ainsi qu’une vidéo d’un projet signature. En gros, Philippe Rainville et son organisation ambitionnent d’améliorer considérablement l’accès à l’aéroport et d’accroître substantiellement la capacité d’accueil de la clientèle. Deux importants volets qui posent tout un défi en termes de planification, puisque leur réalisation se fera tout en assurant l’efficacité et la sécurité des opérations de l’aéroport.

 

Concrètement, le volet accès comprendra la reconstruction de deux infrastructures majeures en fin de vie, soit le stationnement étagé en face de l’aérogare, et le débarcadère dont la structure surélevée est fragilisée. On prévoit ainsi construire de nouveaux espaces de stationnements couverts et une aire de débarquement plus fluide d’une capacité triplée.

 

Vue aérienne du toit vert qui sera aménagé - Photo d'Aéroports de Montréal

 

On y aménagera également un toit vert avec des capteurs d’énergie, une marquise en verre recouvrant les nouvelles voies de circulation du débarcadère, ainsi qu’une nouvelle aérogare comprenant plusieurs portes additionnelles. À cela s’ajoute la construction d’une gare du futur Réseau express métropolitain (REM) à 35 mètres sous le stationnement étagé, incluant un vaste hall de transport intermodal facilitant les déplacements des voyageurs, que ADM réalisera au coût de 250 M$ dès l’an prochain. L’ajout de cette infrastructure permettra de créer une desserte rapide et efficace entre l’aéroport et le centre-ville, une liaison très attendue et souhaitée depuis de nombreuses années par l’ensemble de la communauté métropolitaine.

 

Pour le volet aviation, tous les systèmes sont déjà saturés. « On ne cesse d’agrandir de l’intérieur, de réaménager, d’imaginer des solutions », a confessé M. Rainville. Au cours des derniers mois, ADM a investi des millions dans la création d’un centre de correspondance pour les voyageurs en transit, dans l’ajout d’une centaine de bornes électroniques aux arrivées internationales, dans la restauration et la remise en service de huit anciens transbordeurs Mirabel, ainsi que dans l’aménagement de plusieurs stationnements éloignés pour avions. Pour les pistes, les infrastructures actuelles suffiront encore pour cinquante ans.

 

L’Aéroport Montréal-Trudeau est donc rendu à une étape charnière de son développement. C’est pourquoi ADM y investira au moins 2,5 milliards de dollars d’ici cinq ans, financés à même son service de la dette. Et ce ne serait que la phase initiale d’une séquence de projets qui s’échelonneront jusqu’en 2030. L’organisme organisera d’ailleurs des journées-rencontres dès cet été avec des entreprises et des spécialistes afin de définir plus concrètement les scénarios de projets qui mèneront au processus d’appels d’offres pour leur réalisation.

 

Cet article est paru dans l’édition du vendredi le 4 mai 2018 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous.