Équipement usagé : ce qu’il faut savoir

L’équipement lourd usagé ne s’achète pas sur un coup de tête. Au-delà du prix qui peut lui paraître alléchant, l’entrepreneur a tout intérêt à bien évaluer ses besoins. Question de s’assurer que cette solution sera la bonne.

 

Par Michel De Smet

 

Vrai que l’achat d’un équipement usagé peut souvent être tentant. Sur le coup, une telle acquisition peut s’avérer très intéressante, en particulier en raison du prix sensiblement inférieur à celui d’un équipement similaire neuf. Mais pour Robert R. Borgne, directeur de la division construction et utilitaires chez Équipement Fédéral, la décision d’acquérir du matériel usagé de chantier de préférence à du neuf doit être uniquement motivée par le type et le volume de contrats que l’entrepreneur réalise habituellement.


« Le piège, avise-t-il, c’est de se laisser séduire par le prix d’un équipement usagé. L’achat doit correspondre à un besoin réel auquel vous avez à faire face sur le chantier, dans l’immédiat, ou auquel vous prévoyez être confronté dans le futur en fonction des travaux que vos clients vous demandent généralement d’exécuter. »


Il n’y a pas selon lui de profil type d’un acheteur d’usagé. La plupart des ses clients achètent à la fois du neuf et de l’usagé. En général, ceux qui privilégient le matériel neuf recherchent un équipement qui ne requiert que peu d’entretien, à la fine pointe technologique et pour lequel ils peuvent obtenir une garantie prolongée.


« Dans le cas de l’usagé, observe cet expert, il faut impérativement s’assurer que l’équipement est en excellent état, car le plus souvent aucune garantie ne lui est attachée. Tout au plus, l’acheteur pourra obtenir du vendeur une garantie de très courte durée, généralement pour un maximum de 30 jours. »


Le marché de l’équipement usagé est particulièrement populaire auprès des très petites entreprises de construction qui  exécutent des travaux de modeste envergure. Ou encore auprès d’entrepreneurs qui viennent de se lancer en affaires et disposent de ressources financières limitées.


L’achat de matériel usagé va également être favorisé dans les cas de travaux qui ne sont exécutés qu’occasionnellement. Enfin, la conjoncture que traverse l’industrie de la construction influence également le comportement des acheteurs. De fait, en période de grande activité, les entrepreneurs auront tendance à privilégier l’acquisition d’équipement neuf.


« En définitive, fait remarquer Robert R. Borgne, c’est la même logique d’achat qui s’applique tant pour l’usagé que pour le neuf.  Il faut apprendre à bien évaluer ses besoins et aussi se soucier de la valeur de revente de l’équipement. »


Dans le cas de l’acquisition de matériel de seconde main, il suggère de se livrer à une inspection minutieuse. Plus particulièrement lorsque l’équipement est acheté lors d’un encan où les prix sont généralement peu élevés, mais dans lequel, selon lui, sont proposées à la vente des machines dont l’état mécanique peut laisser à désirer.


Soulignons que, contrairement à de l’équipement neuf, les acheteurs financent généralement leur acquisition par un prêt à tempérament. « Le crédit-bail a souvent la faveur dans le cas de matériel neuf parce qu’il s’avère intéressant sur le plan fiscal. Cependant, en ce qui concerne l’équipement usagé, la dépréciation de sa valeur fait en sorte que l’impact fiscal devient dérisoire », conclut Robert R. Borgne.

 

3 conseils pour acquérir de l’usagé

1. Ne pas se laisser aveugler par un prix alléchant. La décision d’achat doit correspondre à un besoin réel, présent ou projeté dans le futur, en relation avec le type de travaux que vous exécutez habituellement.


2. Normalement, le vendeur devrait vous fournir d’entrée de jeu, documents à l’appui, toutes les informations concernant l’historique de l’équipement que vous vous proposez d’acheter. Les composantes électroniques et les analyses de lubrifiants donnent également des indications précieuses. Si, malgré tout, des doutes subsistent, n’hésitez pas à faire appel à un expert qui complétera l’examen.


3. Fréquenter régulièrement les encans, même si vous ne comptez pas réaliser d’acquisition de matériel à court terme, constitue la meilleure initiative pour se faire une idée des prix du matériel usagé.