Par Justine de l’Église
Le plus important, faut-il le mentionner, lorsqu’on entreprend des travaux de bétonnage, c’est de ne rien omettre. Car les imprévus peuvent surgir rapidement et entraîner des répercussions souvent onéreuses. « C’est pourquoi nous avons créé la fiche prébétonnage, une liste détaillée qui passe en revue chaque aspect de la mise en œuvre des travaux, résume Luc Bédard, directeur général de l’Association Béton Québec. Avec ses 10 sections, elle couvre les aspects du bétonnage de A à Z, de la conception à son usage. Elle assure d’éviter toutes les mauvaises surprises. »
Une technique efficace
Cette fiche a ceci de particulier : la commande du béton peut s’effectuer selon une option normative ou de performance. Avec l’approche normative – la plus fréquente – le maître d’œuvre est responsable du dosage du béton, suivant des critères précis. Lorsque la spécification est faite en fonction de la performance recherchée, le producteur doit détailler tout le pédigri du béton offert. Il relève de ce dernier de livrer un produit qui répond aux critères exigés par le maître d’œuvre. « Il s’agit d’une technique efficace, mais elle n’est pas encore très répandue », déplore Luc Bédard.
Une industrie bétonnière transformée
Comme il existe plusieurs types de béton, l’ingénieur insiste sur l’importance de planifier chaque étape des travaux. Les dernières décennies ont en effet été le témoin d’une transformation en profondeur de l’industrie bétonnière. Les constructeurs ont désormais accès à un éventail de produits performants et de plus en plus écologiques. Sans en faire une revue exhaustive, il souligne au passage les développements les plus significatifs.
À commencer par l’apparition, au courant des années 1970, des superplastifiants. Ces produits novateurs permettent de réduire la part d’eau du composé, le rendant à la fois plus résistant et plus fluide. Vers 1990, la technologie rend ce béton autoplaçant, c’est-à-dire si maniable qu’il ne nécessite aucune vibration lorsqu’il est coulé. Plus récemment, l’industrie accueillait les bétons semi-autoplaçants, qui se situent entre l’affaissement du béton ordinaire et l’étalement du béton autoplaçant. « C’est le meilleur des deux mondes », affirme Luc Bédard.
Un autre changement marquant est l’arrivée de la pompe à béton, il y a environ 20 ans. De plus en plus répandue, cette solution accélère la cadence de la pose du béton, celui-ci étant livré plus près de sa cible, tout en effectuant un travail de qualité. Le processus est plus sécuritaire et requiert moins de personnel en chantier.
Virage vert et innovation
En matière de développement, l’industrie du béton n’est pas en reste sur les autres secteurs de la construction. Il y a quelques années déjà, elle amorçait un virage vert avec l’ajout de matières résiduelles dans le composé. Comme les cendres volantes provenant des centrales électriques au charbon, qui réduisent la part de ciment portland, dont la production est responsable d’importantes émissions de CO2.
Luc Bédard signale également que, depuis une dizaine d’années, le recyclage du béton en granulat se fait de façon systématique. Par ailleurs, un composé contenant du dioxyde de titane tente actuellement une percée sur le marché. Ce béton, qui agit comme dépolluant, décompose les particules d’azote présentes dans l’air. « L’industrie bétonnière ne cesse d’innover. La seule limite à l’utilisation du béton, c’est la créativité de l’homme », conclut-il.
Cet article est paru dans l’édition du mardi 5 mars 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !

