Une toiture pour lutter contre la pollution

Par Justine de l’Église

 

De plus en plus d’études établissent un lien entre pollution atmosphérique et prévalence de maladies respiratoires et cardiovasculaires. En 2011, une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health révèle en outre que la pollution de l’air des grandes villes augmenterait jusqu’à 30 % les risques de naissances prématurées.

 

Pour contrer ces méfaits environnementaux, un entrepôt automobile de la Rive-Sud a fait preuve d’innovation en introduisant la toute première toiture dépolluante au Québec. « La membrane existante était en bout de vie, il fallait la changer pour éviter d’éventuelles infiltrations d’eau dans le bâtiment, relate Bruno Bernard, directeur des ventes, Québec Maritimes, pour Siplast. Un consultant de Toronto a proposé un produit Siplast au siège social, et il a été retenu. »

 

Un matériau étanche activé par les UV

En octobre dernier, l’entreprise internationale a recouvert l’immeuble de 15 000 mètres carrés d’une membrane élastomère NOx-Activ. Comme l’établissement est situé sur une voie d’accès très passante, les gaz d’échappement émis par les véhicules y sont très importants. Cette toiture éliminera donc l’équivalent des NOx émis par 60 véhicules parcourant 20 000 km annuellement. Ce matériau, reconnu pour son étanchéité, possède un avantage considérable sur les autres produits offerts sur le marché : son surfaçage de granulés minéraux contient du dioxyde de titane, un agent photocatalytique qui dégrade les oxydes d’azote présents dans l’air. 

 

Le fonctionnement de la membrane est fort simple : activée par le rayonnement ultraviolet (UV) du soleil, elle provoque la décomposition des polluants en sels inertes (nitrates) qui sont par la suite lessivés par les eaux de pluies. La concentration en nitrates est alors aussi peu élevée que celle d’une eau minérale.

 

Longue durée de vie

Mieux encore, le catalyseur ne s’épuise pas et demeure inaltéré par la réaction chimique. Il reste actif tant et aussi longtemps qu’il est soumis aux rayons UV. Quant à la membrane élastomère, elle possède une durée de vie estimée de 20 à 30 ans. « En procédant à un entretien régulier d’une toiture, on peut espérer en augmenter considérablement la longévité, sinon la doubler », signale monsieur Bernard.

 

Siplast est maintenant partenaire avec la compagnie québécoise Toiture R@9 pour faire la promotion et la mise en marché au Québec de ce produit déjà bien connu en Europe.  Une seule autre toiture dépolluante a été installée à Toronto, mais l’entreprise prévoit en construire plusieurs autres dans les prochaines années. La pose de ce type de membrane, dont le surcoût d’installation est minime, se veut une stratégie novatrice pour rendre les bâtiments plus écologiques.

 


Cet article est paru dans l’édition du mardi 26 février 2013 du journal Constructo. Pour un accès privilégié à l’ensemble des contenus et avant-projets publiés par Constructo, abonnez-vous !