Canoë transforme Hochelaga-Maisonneuve une phase à la fois

9 décembre 2025
Par Benoit Poirier

Le promoteur Rachel Julien donnait, à la mi-novembre, le coup d'envoi de la deuxième phase du projet Canoë, dans l'est de Montréal. Sa livraison est prévue pour l'été 2027, alors que la troisième d'un total de six phases est déjà en préparation.

Située au 4500, rue Hochelaga, sur le site de l'ancien ProGym, cette deuxième phase prendra la forme d'un immeuble de huit étages qui abritera 89 unités d'habitation en copropriété au prix du marché de même que cinq commerces au rez-de-chaussée, dont un centre de la petite enfance de 80 places.

 

Divers espaces communs ont également été prévus, dont un chalet urbain avec coin café et espace de cotravail, une salle d'entraînement et des terrasses sur le toit dotées de BBQ et d'aires de détente.

 

Cinq phases plus une

« Nous sommes devenus propriétaires du terrain en février 2019, explique Mélanie Robitaille, vice-présidente directrice générale de Rachel Julien. Nous avons lancé les prélocations et les préventes des phases un et deux le 16 octobre 2024. La construction de la phase un, qui est une phase locative abordable, s'est terminée le 1er juillet dernier. Nous avons livré 210 unités, maintenant toutes habitées, une épicerie de 35 000 pieds carrés et deux commerces de proximité. »

 

Suivra la deuxième phase, actuellement à l'étape de l'excavation, la quatrième phase, qui a été renommée phase 3 après que le promoteur ait cédé à la Ville de Montréal un lot aux fins de réalisation de 150 unités de coopératives d'habitation.

 

La nouvelle phase 3 permettra d'offrir 225 logements locatifs additionnels. À l'instar de la première phase, « nous avons soumis une demande de financement au gouvernement fédéral, à travers la même stratégie nationale du logement, en espérant que cette phase puisse se qualifier pour être 100 pour cent (%) abordable. Si nous obtenons notre financement, nous pourrions entreprendre les travaux aussitôt qu'en mai 2026 et espérer avoir une livraison quelque 22 mois plus tard », s'enthousiasme-t-elle.

 

À terme, le terrain de 245 000 pieds carrés situé dans un quartier résidentiel à proximité de deux stations de métro et d'une rue commerciale (Ontario) verra pousser plus de 900 unités d’habitation réparties dans différents bâtiments, de hauteurs variées, allant de trois à douze étages.

 

En excluant le projet municipal, la valeur globale du projet atteint près de 400 millions de dollars (M$), soit 91 M$, 42 M$ et 89 M$, respectivement pour les phases 1, 2 et 3, ainsi que 165 M$ pour les phases 4 et 5 du promoteur.

 

Mesures durables

Enveloppe des bâtiments optimisée, échangeurs-récupérateurs efficaces et apport d’air neuf dans les corridors alimenté par aérothermie, appareils de plomberie à faible débit d’eau, toitures blanches, toits-terrasses végétalisés avec potagers urbains, gestion durable des déchets et places de stationnement électrifiées figurent au nombre des mesures durables que le promoteur met de l'avant. En outre, des espaces verts et des places publiques occuperont 50 % de la superficie du site, dont 10 % par un nouveau parc linéaire pour lesquels une centaine d'arbres seraient plantés.

 

Si la phase 1 engendre 75 % moins d'émission de gaz à effet et est 48 % plus efficace qu'un bâtiment conventionnel, rapporte Mélanie Robitaille, l'équipe compte hausser cette performance à 60 % pour la phase 3. « Nous serons obligés de nous commettre à capter les eaux de chaleurs des égouts puis de réaliser des choses plus complexes que nous n'avons pas l'habitude de faire. Mais nous avons vraiment envie de traverser ça. C'est difficile à atteindre, c'est coûteux, mais nous pensons être capables d'y arriver. » Cela est toutefois plus difficile à réaliser avec les copropriétés, avoue-t-elle. « Il y a des efforts qui sont faits, mais toujours en gardant en tête ce que les gens sont capables de se payer. »

 

Concours d'architecture

La conception du projet porte la signature du consortium ADHOC Architectes/Ædifica, dont les services ont été retenus à la suite d'un concours d'architecture. « Nous faisons très rarement cela dans le secteur privé, confie Mélanie Robitaille. Nous avons demandé à trois firmes, que nous avons rémunérées, de déposer une idéation pour ce site-là. Nous avons été séduits par la proposition d'Ædifica et d'ADHOC, notamment parce qu'il y a une diagonale piétonne qui traverse le site, de l'avenue Bennett à la rue Hochelaga. Nous allons y installer la majorité de nos commerces ».

 

Complètent l'équipe de conception et de réalisation de la phase 2 les architectes paysagistes d'Uneparcelle, Gauvreau Design pour l'aménagement intérieur, de même que les ingénieurs et les ingénieures de BPA (mécanique et électrique), Leroux + Cyr (structure) et MHA Experts Conseil (civil).