La Ville de Laval entend bien tout mettre en œuvre pour transformer le secteur de la station de métro Cartier en un « milieu de vie complet axé sur les courtes distances, où l’on peut habiter, travailler et se divertir à deux pas de chez soi ».
Sur les tables à dessin depuis 2026, entrepris en 2022 avec l'adoption du programme particulier d’urbanisme (PPU) Cartier, ce vaste projet de revitalisation et de densification se poursuit avec des travaux d'infrastructures de quelque 20 M$.
Ce secteur constitue l'entrée de ville. Il se déploie de part et d'autre du boulevard des Laurentides, à partir du pont Viau, qui fait le lien avec l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, jusqu'au boulevard de la Concorde, au nord.
Afin de le rendre plus convivial et sécuritaire et en vue de voir s'y multiplier le nombre d'unités d'habitation – on vise la construction de près de 1 800 logements –, divers travaux sont planifiés, d'abord pour mettre à niveau 2,5 km du réseau souterrain, plusieurs segments ayant atteint leur fin de vie utile et leur pleine capacité.
« Ce sont vraiment des interventions qui sont requises, soit parce qu'il y a des enjeux au niveau des infrastructures et de la mobilité, soit pour s'arrimer avec le développement urbain qui est anticipé », indique Marie-Hélène Breault, conseillère en urbanisme au Service de l’urbanisme de la Ville de Laval.
« Nous travaillons sur la résilience de nos réseaux. Donc, nous augmentons leurs diamètres, mais nous réalisons aussi des aménagements en surface. Nous venons introduire des infrastructures vertes de drainage, des jardins de pluie, des noues, pour aider à mieux répondre aux événements climatiques que l'on connaît et à améliorer la qualité des rejets d'eaux pluviales. De même, nous allons revoir certaines configurations et ajouter du verdissement pour bonifier l'ambiance, la qualité de vie. Nous venons ainsi travailler sur la mobilité en élargissant des trottoirs, des pistes ou des bandes cyclables, ou en en ajoutant là où il n'y en a pas », explique François Cousineau, gestionnaire de projet d’envergure au Service de l’ingénierie de la Ville de Laval.
Opération métamorphose
Au nombre des projets priorisés à court terme figure l'ouverture d'une rue donnant accès au couvent des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, acquis en février dernier par la Ville, ainsi que des travaux de réfection et de reconfiguration d'infrastructure de rues et d'espaces publics.
Au programme : la poursuite, d’ici 2027, de l’aménagement d’un immense bassin de rétention de 15 000 mètres cubes sous le parc Cartier, pour éviter les épisodes de surverse du réseau sanitaire dans la rivière des Prairies lors de pluies abondantes ; la complétion de l’aménagement du parc d’entrée de ville; et des travaux sur les rues du Pont Viau et du boulevard des Prairies, entrepris en 2025.
Suivront la réfection de la rue d'Orly puis l'élargissement et le prolongement de la rue Labelle à l'est du boulevard des Laurentides, qui fera ultérieurement l'objet de travaux majeurs actuellement à l'étape de la planification. La petite rue de Quimper, qui s'apparente quasiment à une sortie autoroutière et qui se trouve dans l'axe de la rue Labelle, sera démantelée pour laisser place à une intersection en bonne et due forme avec feux de circulation et traverses piétonnes, « en cohérence avec ce qu'on veut pour le quartier et tout le développement qui s'en vient », fait valoir Marie-Hélène Breault. La rue Saint-Hubert sera également refaite, à partir du boulevard Lévesque jusqu'à la Place Juge-Desnoyers, en bordure de la rivière.
L'objectif de ce branle-bas de combat demeure l'accueil de nouveaux résidents dans la troisième ville la plus populeuse du Québec. Mais comment densifier un quartier déjà occupé ? « Dans une réalité où nous n'avons pas nécessairement les emprises adéquates, il faut aller chercher, par exemple, une surlargeur. Il y avait quand même d'anciens commerces et des bâtiments qui étaient vacants ou qui était, disons, en fin en fin de vie utile. Alors c'est vraiment de s'assurer que nous pouvons à la fois faire les travaux en infrastructures pour permettre le redéveloppement urbain et que le redéveloppement soit vraiment ciblé dans les secteurs stratégiques. »
La Ville de Laval s'est tout récemment portée acquéreur de la propriété, incluant le couvent, des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, située dans le quartier Pont-Viau, pour le coût de 7,96 M$.
Organisme à but non lucratif, Le Collectif autour d’une tasse (CAT) assurera la requalification et la transformation du bâtiment de 170 000 pieds carrés (pi²) en un lieu culturel et communautaire. Le projet inclut la création d’environ 200 logements hors marché en collaboration avec l'entreprise d’économie sociale Interloge.
« Du côté de la Ville, précise Marie-Hélène Breault, nous devrons aménager une rue, puis également aménager un sentier de mobilité active. Donc, il y aura vraiment une amélioration du domaine public avec l'accessibilité à la péninsule et permettre aux citoyens de rejoindre les deux rives, donc d'avoir un accès beaucoup plus facile, notamment à la rivière des Prairies et aux berges Délia Tétreault, fondatrice de la communauté religieuse.

