Sainte-Marie tourne la page des inondations avec un nouveau complexe municipal

15 décembre 2025
Par Benoit Poirier

Après la caserne de pompiers, au tour de l'hôtel de ville et de la bibliothèque municipale de se retrouver à distance de la rivière Chaudière. Un déménagement essentiel, une somme de 33 M$ bien investie.

« C'est quelque chose à vivre ! Pour les personnes directement touchées, comme pour l'ensemble de la population ! », relate Jacques Boutin, directeur général de la Ville de Sainte-Marie au sujet des inondations successives qui ont affligé la localité riveraine. « Il n'y a pas beaucoup de villes dont 400 maisons ont dû être démolies à la suite de ces sinistres, ce qui a engendré 100 M$ de richesse foncière en moins et 1 M$ de revenus fonciers de moins par année, en raison de ces démolitions. En plus, nous avons perdu 70 pour cent (%) de nos archives. Ce n'est pas très agréable. »

 

Le futur complexe municipal est à être érigé hors des zones inondables, sur l’avenue de la Cité, à proximité de la Polyvalente Benoît-Vachon (PBV) et du Centre Caztel, avec lequel il partagera une quarantaine de cases de stationnement en surface. De plus, deux niveaux de stationnement souterrains totalisant 60 cases serviront de socle au nouveau bâtiment de quatre étages « pour ne pas trop utiliser nos stationnements actuels. De plus, on sauve un terrain », explique le directeur général.

 

Il abritera les divers services municipaux et la bibliothèque Honorius-Provost avec leur réception respective en plus d'un atrium. Les niveaux 2 et 4 seront dotés d'une terrasse. Le bâtiment de six niveaux, donc, aura une superficie brute totalisant 7 360 mètres carrés (m.c.), dont 3 140 m.c. pour l'hôtel de ville, 1 800 m.c. pour la bibliothèque, qui sera trois fois plus spacieuse, et 2 420 m.c. pour les deux sous-sols.

 

Construction Pierre Blouin, qui a remporté la mise en juillet dernier pour le coût de 27 386 772 $, a entrepris l'excavation en septembre. « Nous sommes tombés dans de bonnes années par rapport aux appels d'offres », se réjouit le directeur général, la Ville ayant suscité l'intérêt de six soumissionnaires, le mieux offrant se situant à plus de 3 M$ en deçà de ce qui avait été budgété. Prennent également part au projet le consortium DG3A et Bourgeois/Lechasseur architectes, BPA (électromécanique), de même que Les consultants GEN+ inc./GENIE + (génie civil et structure).

 

Les équipes s'affairent actuellement à couler les fondations et les assises des deux ascenseurs. On visait d'emblée une livraison pour mars 2027. « Mais si nous regardons le dossier de la caserne, constate Jacques Boutin, on s'aperçoit que régler les derniers éléments, c'est très long. Donc, en se donnant plutôt jusqu'autour de l'automne 2027, on ne se trompe pas. »

 

Le gouvernement du Québec a accordé plus de 17,3 M$ par l'entremise du Programme de résilience et d'adaptation face aux inondations (PRAFI) sous l'égide du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) ainsi que près de 2,5 M$ du ministère de la Culture et des Communications. « La Ville a payé 5,8 M$ comptant. Il ne reste ainsi que 7,4 M$ à financer pour un bâtiment semblable. C'est très peu par rapport à la valeur ajoutée », souligne-t-il.

 

Les pieds bien au sec

Rappelons que la caserne de pompiers, qui était jusqu'ici adjacente à l'hôtel de ville, constitue un projet distinct. Également construite par Construction Pierre Blouin, on la retrouve désormais sur la route Saint-Martin. Bureaux, salle de mesures d’urgence, zone de décontamination, aire de vie, dortoir et vestiaires y ont été aménagés pour une somme totalisant 16,7 M$. Les travaux, entamés en septembre 2024, sont pour ainsi dire terminés.

 

Quant à l'actuel hôtel de ville, soit que Sainte-Marie lui trouve une nouvelle vocation, soit qu'elle le vende, soit qu'elle le démolisse. Mais dans les deux premiers cas, elle a l'obligation de d'abord l'immuniser. « C'est-à-dire de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'impact en termes de coûts, en cas d'inondation, car on ne voudrait pas nous indemniser une deuxième fois pour un même bâtiment. »