Quand l'IA s'attaque à la paperasse des chantiers

21 juillet 2026
Par Benoit Poirier

Groupe DCR innove avec DocRevo, une application propulsée par l’intelligence artificielle qui a valu à l'entrepreneur général basé à Boucherville le prix Construire Innovation 2026.

La nouvelle application a recours à l'IA pour contribuer à la modernisation des pratiques de l'industrie de la construction. En structurant les données et en éliminant les tâches répétitives, l'outil automatise la création de documentation de projets, simplifie la collecte de renseignements et réduit considérablement le temps de production des documents.

 

Tout cela avec rigueur et en augmentant l'efficacité du processus tout comme ce qui a trait à la traçabilité. Une solution qui devrait améliorer l'efficacité et la compétitivité des entreprises dans un domaine où la gestion documentaire est souvent fastidieuse. Mais l'application a été conçue spécifiquement pour le secteur de la construction. Pour l'instant.

 

DocRevo n'a aucun rapport avec le BIM. Il s'agit d'un logiciel d'automatisation des processus administratifs. Essentiellement. Il sert à alléger la paperasse liée aux documents d'appel d'offres que l'on remet, en fin de projet.

 

« Ça regroupe tout ce que l'on doit remettre à un client. Ça comporte plusieurs types de documents, qu'il s'agisse des garanties, de l'ensemble des fiches techniques et des lots d'entretien, de tous les plans tels que construits, des certificats de conformité, vraiment toute la documentation qu'un client te demande de lui remettre à la fin pour libérer tes paiements », explique François Sansfaçon Hamel, président, Groupe DCR.

 

Le fait de centraliser l'ensemble des données au même endroit est un avantage indéniable. Le processus qui, auparavant, exigeait d'innombrables heures de production manuelle de multiples PDF peut maintenant être automatisé. Sans compter que l'application permet de comparer divers documents et demandes pour assurer leur conformité avec les devis.

 

Une mise en marché souhaitée pour 2027

L'entrepreneur général a mis en œuvre ce projet pour optimiser ses processus d'affaires, indique François Sansfaçon Hamel. L'application, qui est fonctionnelle depuis avril 2025, est toujours à l'étape du développement.

 

« Nous sommes en train d'augmenter l'algorithme pour que notre modèle puisse s'adapter à toute sorte d'appels d'offres publics et devis de performance. Nous n'arrêtons pas de l'améliorer. Puis nous sommes en train d'aller chercher une subvention pour développer une phase 2. »

 

Pour la mettre en marché ? Pas pour l'instant, mais bientôt, avance-t-il. « Nous voulons la transformer en une plateforme multiusager afin de pouvoir en faire la commercialisation en 2027. »

 

Lorsqu'on parle d'IA, on parle de rapidité, d'efficacité, de traitement de quantité colossale d'information en un temps record. Mais comment composer avec les risques d'erreurs ? Et qu'en est-il de l'impact de l'arrivée de cette puissante technologie dans le domaine de la construction ? François Sansfaçon Hamel l'envisage de façon très positive, mais avec un certain bémol.

 

« En ce qui concerne notre outil, il y a toujours une analyse, une validation qui est faite par l'humain, mais on sauve quasiment 80 % de l'entrée de données, s'enthousiasme-t-il. Je ne pense pas que l'IA en général va enlever des emplois. Je pense plutôt que nous allons remodéliser les rôles et les responsabilités de l'ensemble des organisations pour créer, à l'interne, des tâches plus à valeur ajoutée.

 

« Nous aurons beaucoup plus de validation à faire si on utilise l'intelligence artificielle. Nous allons devenir des spécialistes en validation, là. Puis, lorsque ces modèles seront bien entraînés, après je dirais plusieurs années, aurons-nous autant de validations à faire ? L'avenir nous le dira. Pour l'instant, nous ne sommes pas rendus là. »

 

L'application se montre très efficace dans le cas de tâches complexes et fastidieuses, comme un fichier Excel élaboré, donne-t-il en exemple. « Nous sommes allés chercher une rapidité là phénoménale avec ça. » Ce n'est toutefois pas le cas en gestion de projets.

 

« Tout ce qui touche aux échéanciers, tout ce qui concerne, admettons, des méthodes de travail spécifiques avec les lieux précis, nous ne sommes pas rendus là avec l'intelligence artificielle. Nous pouvons lui fournir un plan, lui donner des photos pour nous faire une méthode de levage, nous faire une méthode de travail, par exemple. Il peut nous donner les grandes lignes. Mais un chargé de projet devra toujours mettre son grain de sel. Puis l'expérience terrain, la machine ne l'aura nécessairement pas. Oui, c'est un plus. Mais l'humain doit encore être là pour plusieurs années, je crois, avant qu'on puisse s'y fier à 100 %. » Donc pas de mises à pied massives en vue. « Aucunement, aucunement. »