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  • 9 projets de modernisation d'installations récréatives en Abitibi-Témiscamingue

  • 9 février 2022
    Par Isabelle Leclerc

    On oublie parfois que Manhattan est une ile, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles. Les New-Yorkais l’ont appris à leurs dépens en 2012 lors du passage de l’ouragan Sandy. Au lendemain de la tempête qui tuait 44 résidents et causait environ 19 milliards de dollars américains de dégâts, un important processus d’évaluation des vulnérabilités au changement climatique se mettait en place.

    Parmi les actions retenues pour faire face aux inondations de plus en plus fréquentes, la plus ambitieuse est sans contredit le projet East Side Coastal Resiliency (ESCR). Financé par la Ville de New York et le gouvernement fédéral, ce plan de plus de 1,45 milliard de dollars américains consiste principalement en la construction de murs anti-inondations et de réaménagement de parcs dans l’East Side de Manhattan. Ces mesures, qui assureront une protection à long terme des bâtiments, des infrastructures et surtout des 110 000 résidents du secteur, ont été planifiées dans un souci d’intégration au tissu urbain.

     

    Protéger sans isoler

    La mise en place du projet a débuté à l’automne 2020 et derrière les panneaux informatifs disposés le long du tracé de 3,8 km plusieurs chantiers s’activent : travaux d’égouts, installation des pieux et des fondations et coffrage des premiers murs de béton armé.

     

    Des pieux en H et des micropieux sont d’abord installés pour fournir un support structurel latéral aux murs. Des palplanches sont également disposées entre 7 et 15 mètres sous le niveau du sol à certains endroits pour former un mur imbriqué qui arrêtera l’écoulement souterrain de l’eau.

     

    Deux types de murs anti-inondations sont ensuite construits : aux murs fixes qui forment la majorité de la protection s’ajoutent 18 barrières amovibles. Ces barrières à rouleau ou à battant n’isoleront les quartiers qu’en cas de tempêtes côtières majeures. Dans des conditions météorologiques « normales », elles resteront ouvertes pour assurer la continuité des déplacements et l’accès aux berges.

     

    La hauteur de ces murs varie entre 2,4 et 2,7 mètres au-dessus du niveau actuel du sol, ce qui constitue une protection élevée selon les projections de changement climatique établies par le New York City Panel on Climate Change jusqu’à l’an 2100.

     

    Verdir la ville

    Le projet ESCR constitue également une occasion pour l’administration new-yorkaise de bonifier ses parcs riverains et d’améliorer l’accès aux berges de la rivière Hudson.

     

    C’est le cas de l’East River Park, qui sera surélevé et dont le mur de protection d’environ 2,5 mètres ne sera visible qu’à ses extrémités nord et sud. Les travaux permettront d’aménager de nouveaux points d’entrée, des ponts accessibles universellement ainsi que de grands espaces gazonnés qui mèneront au bord de l’eau. Par ailleurs, les travaux dans le parc seront échelonnés de manière à ce qu’un minimum de 42 % d’espace soit disponible pour la population tout au long de la construction afin de minimiser la perte d’espace récréatif.

     

    Le terrain de jeu Murphy Brothers fait également partie des cinq parcs qui bénéficieront du projet ESCR. Les travaux de construction du mur sur son côté est seront complétés par l’ajout d’un terrain de sport en gazon synthétique, d’un parc à chiens et d’aménagements paysagers.

     

    Améliorer les infrastructures souterraines

    L’ESCR comprend également une protection des infrastructures essentielles, notamment une importante station de pompage et une sous-station électrique qui alimente une grande partie du Lower Manhattan. D’importants investissements seront également faits dans l’amélioration du réseau d’égouts et d’évacuation des eaux usées de la ville.

     

    De nouvelles conduites d’égout seront notamment construites pour réduire les inondations intérieures causées par les précipitations. Ces nouvelles lignes augmenteront la capacité du système et achemineront l’excès de débit d’eau vers la station de pompage de Manhattan pendant les orages. Le nouveau système d’acheminement parallèle garantit le transport des eaux usées vers la station de traitement pour qu’elles soient traitées.

     

    De plus, deux vannes d’interception souterraines seront installées sur l’intercepteur de branche aux extrémités nord et sud du projet. Ces vannes bloqueront les flux du réseau d’égouts provenant des zones adjacentes. De nouvelles structures en surface abritant des équipements essentiels seront également construites à ces deux endroits.

     

    Un projet de conception durable

    Pour l’administration new-yorkaise, le projet East Side Coastal Resiliency représente une étape critique vers la mise en œuvre des objectifs de résilience et de durabilité de la ville.

     

    Plusieurs éléments de conception durable ont donc été intégrés au projet, tels des stations de repos pourvues de toits verts, des pavés perméables sous le pont de Williamsburg, des cellules photovoltaïques et des stations de recharge pour véhicules électriques dans les structures d’entretien, des poteaux d’éclairage à DEL dans le parc de Stuyvesant Cove et la réutilisation des arbres.

     

    Le projet vise à obtenir les certifications Envision, WEDG et LEED.

     

    Une mobilisation municipale

    L’équipe du projet ESCR est dirigée par le Département du design et de la construction (DDC) de la Ville de New York, le Bureau de la résilience du maire et le Département des parcs et des loisirs. Les autres agences partenaires comprennent le Département des transports, le Département de la protection de l’environnement, le Département de l’urbanisme et la Société de développement économique de la ville de New York. Une importante équipe de communication a également été établie pour présenter le projet, pour prendre part à des événements communautaires, répondre aux questions des résidents et informer la population sur l’avancement des travaux.

     

    Quant à l’équipe de construction, le consortium HNTB/LiRo a été sélectionné au terme d’un processus d’approvisionnement en tant que consultant en gestion de programme et en gestion de la construction pour appuyer la Ville. Une vingtaine d’autres entreprises s’ajoutent également à l’équipe.

     

    Le projet ESCR a été divisé principalement en deux zones. La zone de projet 1 se situe dans le Lower East Side entre les rues Montgomery et East 15th et inclut le East River Park. Les travaux préparatoires dans cette zone ont débuté en décembre 2021 et le chantier se poursuivra jusqu’à la fin de 2026.  La zone de projet 2 est située entre les rues East 15th et East 25th. Elle comprend plusieurs parcs ainsi que des rues adjacentes aux installations de la centrale électrique Con Edison. Les travaux de ce secteur devraient être terminés à la fin de 2024.

     

    Source : Ville de New York

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  • 7 juin 2021
    Par Anthony St-Pierre

    La firme d’architecture britannique Margot Krasojević Architecture a présenté une proposition audacieuse pour résoudre les problèmes de pollution de l’océan Indien, soit la construction d’un complexe flottant de luxe au large des côtes australiennes, fabriqué à partir de déchets.

    L’objectif est de concevoir un hôtel flottant au large des côtes, la durabilité figurant au premier plan des critères de conception. Le projet fera également la part belle aux énergies renouvelables.

     

    L’hôtel proposera une série de chambres compartimentées et des terrains pour la pratique du camping. Les douches utiliseront de l’eau de mer filtrée et distillée pompée sur le site à l’aide de l’énergie solaire.

     

    Les premiers visiteurs pourraient être accueillis au début de 2025.

     

    Protéger l’écosystème

    L’hôtel flottera au sud du territoire australien, où une augmentation de la pollution de plastique a endommagé les écosystèmes de l’archipel des Cocos (Keeling), piégeant et tuant des bernard-l’ermite, lesquels font partie des crustacés constituant une part importante des environnements tropicaux et dont le déclin pourrait avoir un impact significatif sur les écosystèmes environnants.

     

    Un complexe hôtelier conçu à partir de plastique recyclé. Crédit : Margot Krasojević Architecture

     

    La conception a évolué pour devenir une ile artificielle en plastique océanique. Un logiciel de simulation a été utilisé pour comprendre le mouvement et la migration des déchets plastiques les plus imposants, transportés à travers les océans par des gyres océaniques.

     

    Margot Krasojević Architecture a ainsi développé une infrastructure visant à atténuer l’enjeu de l’accumulation de déchets plastiques océaniques. Le logiciel de simulation des courants océaniques a créé une cartographie de l’accumulation de la plus forte densité de déchets plastiques, laquelle a servi de point de départ pour comprendre comment les collecter et les valoriser de manière constructive, dans la réalisation d’une ile artificielle d’habitation. Ces amas de polluants océaniques ainsi que leur collecte et leur filtrage sont les principaux critères de conception impliqués dans la localisation et l’évolution de l’ile.

     

    Une ile en constante évolution

    Le concept de l’hôtel doit évoluer continuellement comme une structure autoréparatrice. Le bâtiment se développera à partir des plastiques jetés et ensuite capturés à travers ses filtres. Pour ce faire, des bras gonflés rassembleront et déposeront les plastiques afin qu’ils soient placés dans des faisceaux de mailles, agissant ainsi comme des dispositifs de flottaison. L’idée est inspirée d’une équipe néerlandaise qui a cherché à utiliser différents matériaux récupérés pour créer un terre-plein, soit une étendue artificielle de terre acquise sur la mer par remblaiement.

     

    L’ile sera composée de sacs remplis de mailles de plastiques océaniques récupérés, comme des bouteilles ou des pneus ; ceux-ci seront ensuite tissés pour créer une décharge flottante. La zone sera ancrée au fond de l’océan, tandis que le sable et le limon seront déposés sur les dispositifs de flottaison en plastique récupéré.

     

    Une toile tissée de végétaux

    L’idée est de rendre la zone hospitalière pour nourrir les palétuviers dont les racines poussent autour des sacs en plastique remplis de mailles, en cimentant ceux-ci pour créer une structure stable. Des mangroves ont également été utilisées pour prévenir les inondations, celles-ci capturant ou piégeant les sédiments, autoconstruisant ainsi un mur grâce à leurs racines qui, en gonflant, absorbent l’eau et empêchent l’ile de chavirer ou de couler. La croissance de celle-ci, afin de devenir habitable, est donc directement reliée à celle des végétaux.

     

    Un complexe hôtelier conçu à partir de plastique recyclé. Crédit : Margot Krasojević Architecture

     

    Un élément intéressant du projet consiste en une structure plissée de sangles entrelacées, fabriquée à partir de treillis de fibres de béton ensemencées et biodégradables. Ces « tentacules » sont libérés au contact de la montée des eaux. Ils se dilatent et se gonflent dans la houle venant en sens inverse en absorbant l’eau, créant ainsi une barrière artificielle piégeant les sédiments et absorbant le trop-plein d’eau.

     

    Ce sont les racines de la mangrove qui constituent le gilet de sauvetage de l’ile en cas d’urgence, car elles permettent l’étalement des sédiments piégés, créant ainsi des terres artificielles, presque comme une bouée gonflable. Chaque tentacule entièrement immergé se dilate et tombe sur le suivant, construisant un mur temporaire empêchant l’eau d’inonder l’ile tout en la soutenant en cas de dommage. Une fois la tempête terminée, les tentacules se vident. À l’aide de pompes alimentées par des panneaux solaires, l’eau est redirigée hors de l’ile et rejetée dans l’océan Indien. Les tentacules se dilatent avec la pression de l’eau amoindrie, permettant à l’ile de flotter.

     

    Cette toile imbriquée agit comme une structure ouverte en capturant les sédiments. Elle fait office de filet en piégeant ceux qui s’y logent afin qu’ils puissent s’accumuler en profondeur et en densité. Cela permet ainsi aux mangroves de pousser et à la sous-structure de pollution plastique de prendre de l’ampleur, tout en amortissant les vagues tel un brise-lames.

     

    Source : Margot Krasojević Architecture

  • Québec se met en route vers la mobilité durable

    Écologique et économique, la mobilité durable fait son entrée sur de nombreux territoires et la ville de Québec ne fait pas exception.
  • 1 novembre 2024
    Par Marianne Roberge

    Espace généreux, ouvert sur le monde et respectueux de la riche nature qui l’entoure, le futur Grand Stade Hassan II, ainsi baptisé en l’honneur de l’ancien roi du Maroc, se distingue à bien des égards. À commencer par une architecture sportive novatrice redéfinissant l'expérience du spectateur !

    Une fois achevé, ce stade de football, qui pourrait bien devenir le plus grand au monde avec sa capacité de 115 000 places, servira de domicile à l’équipe de football du Maroc et aux deux plus grands clubs marocains, soit le Raja Club Athletic et le Wydad Athletic Club.

     

    Présentant les plus récentes innovations en matière de technologie de terrain, de design et de durabilité, tout en maintenant une harmonie avec l’écosystème avoisinant, tout porte à croire que ce futur espace sportif deviendra un lieu emblématique, autant pour le Maroc que pour le football.

     

    Un stade attendu… depuis deux décennies !

    Après une gestation rocambolesque de plus de vingt ans où il s’est vu maintes fois déplacé, annulé, transformé, reporté, voire quasi oublié, le projet prend enfin vie avec l’aboutissement du concours d’architecture, remporté par le consortium conduit par l’architecte marocain Tarik Oualalou en mars 2024. Ce consortium est chargé de la conception, des études techniques ainsi que du suivi des travaux.

     

    Confirmée en octobre 2023, la construction s’est finalement amorcée en 2024, traçant le point de départ de ce chantier tant attendu se déroulant sur un site de 100 hectares à El Mansouria, dans la province de Benslimane, à 38 km au nord de Casablanca.

     

    Les travaux s’échelonneront jusqu’à la livraison du stade, dont l’ouverture est prévue pour 2028.

     

    Une architecture célébrant le patrimoine culturel du Maroc

    Alliant tradition et modernité et ancrée dans l’esprit de l’hospitalité marocaine, l’architecture du stade Hassan II est fortement inspirée des traditionnels rassemblements sociaux marocains appelés « moussem », de ses tentes traditionnelles dites « caïdales », ainsi que de la topographie et des paysages de ce pays.

     

    Son toit gigantesque et translucide, constitué d’un treillis en aluminium unique, constitue d’ailleurs l’un des éléments remarquables du projet. Avec son design hors du commun, rappelant la forme de ces fameuses tentes, il s’intègre de façon vraiment spectaculaire dans son environnement boisé.

     

    En effet, sa structure est soutenue par un anneau de 32 escaliers créant des passerelles monumentales qui mènent à des jardins luxuriants positionnés sur des plateformes surélevées, chacune située à 28 mètres au-dessus du sol.

     

    En créant une oasis de verdure sous la canopée translucide de ce toit extraordinaire, les jardins offrent aux visiteurs une expérience spatiale unique. Cet effet est amplifié par une série de jardins botaniques disposés sous les extrémités de la couverture, au niveau du sol.

     

    Cette conception peu banale offre autant d’attraits esthétiques qu’elle répond aux préoccupations pratiques en matière d’ombre, de ventilation naturelle et d’acoustique.

     

    Un lieu de football colossal

    La zone principale des gradins du stade est structurée de manière non moins impressionnante.

     

    En effet, à chaque extrémité de l’immense « bol » du stade, sur chacune des tribunes principales, trois niveaux abrupts et compacts de sièges viennent assurer une atmosphère dynamique et spectaculaire. Ces deux grandes tribunes permettent d’accueillir 29 500 spectateurs en admission générale par extrémité.

     

    De plus, de chaque côté du terrain, cinq niveaux d’hospitalité destinés aux VIP et VVIP seront situés le long de chacune des tribunes principales, offrant des sièges pour 12 000 invités ainsi qu’une loge royale.

     

    Une approche durable des infrastructures sportives

    Au-delà de son apparence captant l’attention, le stade incarne également son engagement envers les principes du design et de la construction durables.

     

    Ainsi, les architectes ont intégré à ce projet différentes caractéristiques permettant de minimiser l’impact environnemental de celui-ci. Pensons notamment à l’apport de systèmes éconergétiques, à des installations permettant la récupération des eaux pluviales et au choix de matériaux durables pour sa construction.

     

    Grandiose au-delà du football !

    Entièrement pensé et conçu pour répondre aux normes de la FIFA, le stade deviendra un lieu d’accueil potentiel pour la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, le Maroc ayant été désigné comme l’un des pays hôtes du tournoi, aux côtés de l'Espagne et du Portugal.

     

    Plus encore, Hassan II se construit au cœur d’un immense complexe sportif de 100 hectares visant à devenir un centre national de formation et de recherche de haut niveau dans de nombreuses disciplines sportives.

     

    En plus du grand stade de football, ce complexe sera doté d’un stade d’athlétisme d’une capacité de 25 000 spectateurs, de quatre terrains d’entraînement, d’une salle multisport, d’une salle de gymnastique, d’une piscine olympique, d’un centre de conférences et d’expositions, d’un hôtel, d’un centre commercial et d’un parc.

     

    Un projet grandiose dans un autre projet… tout aussi grandiose !

     

    Le Stade Hassan II en bref

    Coût : 490 M$

    Emplacement : El Mansouria, région de Casablanca-Settat, Maroc

    Construction : 2024 à 2028

    Ouverture : 2028

    Gestionnaire de projet : SONARGES

    Équipe de projet :

    • Architecture : Populous, en collaboration avec Oualalou + Choi
    • Ingénierie :
      • Maffeis Engineering
      • ME Engineering
      • Rider Levett Bucknall
      • Momentum
      • SEPSI
    • Entrepreneurs généraux :
      • Société générale des travaux du Maroc (SGTM) : travaux de terrassement

    Capacité : 115 000 spectateurs

     

    Sources : ArchDaily, Wikipedia, Populous, Industry Tap et Deezen

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