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  • 6 mars 2025
    Par Anthony St-Pierre

    L’école internationale Bloomingdale située à Vijayawada, en Inde, se présente comme un précurseur du pouvoir transformateur de l'architecture paramétrique en provoquant un changement de paradigme dans l'éducation préscolaire.

    L'utilisation de panneaux vitrés sur toute la hauteur et du toit en gazon, l'organisation spatiale fluide des salles de classe, l’utilisation abondante de la préfabrication et de technologies computationnelles, ainsi qu'une forme architecturale paramétrique, s'écartent du « bâtiment typique en boîte », créant une structure distincte, non conformiste et ludique.

     

    Organisation spatiale non conventionnelle

    La maternelle occupe une superficie de 4 000 pieds carrés au sein du campus, adjacente au bâtiment scolaire existant. Reliant les deux bâtiments, une cour en contrebas suit la topographie du site et monte vers la nouvelle extension comme si elle gravissait une colline.

     

    Cette organisation du site, associée à la nécessité d’accueillir environ 100 enfants, a offert aux architectes de la firme andblack design studio l'opportunité de développer quelque chose d'unique pour le campus scolaire. Le résultat est un design qui remet en question l'idée de ce que doit être une école. Il le fait en réunissant la forme construite, le paysage et les intérieurs en une seule entité, en utilisant une organisation spatiale non conventionnelle, des technologies modernes et des matériaux robustes.

     

    Fluidité et interconnexion

    L'architecture de l’école internationale Bloomingdale se distingue des normes de conception scolaire habituelles. Au lieu des salles de classe typiques en forme de boîte pour un espace intérieur de 3 000 pieds carrés, l'agencement envisage des salles de classe comme des espaces fluides et interconnectés qui favorisent les déplacements libres et les interactions.

     

    Le design fusionne harmonieusement les espaces de jeu et d'apprentissage, estompant les frontières entre les deux. La cour contribue à cet effet en s'adaptant selon les besoins comme terrain de jeu, salle de classe, amphithéâtre ou bassin de boue. Cette expérience spatiale unique est renforcée par l'utilisation de panneaux vitrés sur toute la hauteur à la place des murs et de lucarnes sur le toit. Ce faisant, le design élimine la distinction entre l'intérieur et l'extérieur, faisant ainsi du paysage une extension de l'espace construit et inversement.

     

    Comme dans un cocon

    Un autre point de rupture avec l'architecture scolaire conventionnelle est la dépendance du design à la forme construite plutôt qu'aux couleurs vives pour susciter l'intérêt visuel. Au cœur de cette idée se trouve la réflexion suivante : « Le bâtiment, au lieu de faire partie du paysage, devrait être une forme du paysage en soi. » Cela est évident grâce au toit incurvé et ondulant, imitant une vague ou peut-être des collines roulantes. Lorsqu'on regarde le bâtiment de loin, l'observateur peut immédiatement apercevoir le paysage au-delà, donnant l'impression que le bâtiment fait partie de la scène elle-même. Un regard plus attentif révèle l'ingéniosité réelle du design : les enfants habitant le bâtiment comme s'ils étaient protégés à l'intérieur d'un cocon.

     

    Une structure métallique unique

    La forme fluide du toit – recouvert de gazon et reposant sur un espace structurel dégagé, sans supports internes ni cloisons – a été conçue à l'aide d'outils informatiques. Son ingéniosité réside dans la manière dont la surface verte surplombe le reste de la forme construite, en faisant un point de repère dans la région. Ce qui est encore plus surprenant, c'est que la structure elle-même a été réalisée avec un budget limité, en adoptant un processus de construction efficace tenant compte des ressources et des technologies disponibles.

     

    Une utilisation abondante de matériaux préfabriqués est un autre aspect clé du design. Le noyau structurel du toit a été érigé sur site en utilisant des éléments préfabriqués et des techniques de construction qui consistaient à diriger des plaques de jonction uniques à chaque intersection des sections creuses circulaires courbées le long des axes X et Y. La courbure requise a été obtenue en variant les hauteurs des jonctions fabriquées et assemblées avec précision. Les complexités structurelles pour obtenir la peau externe lisse ont été résolues par l'intégration d'une coque en ferro-ciment au-dessus de la structure métallique unique.

     

    La lumière en mouvement

    Lorsque cette structure est vue de l'intérieur, le toit crée un sentiment captivant à la fois d'émerveillement et de mystère. Les éléments structurels exposés le long du plafond offrent un magnifique contraste avec la surface recouverte de gazon à l'extérieur, permettant ainsi au véritable caractère des matériaux de s'exprimer pleinement. L'effet visuel de cette palette de matériaux austères est accentué par la lumière naturelle qui se diffuse à travers les lucarnes, soulignant la courbure continue et créant un point d'ancrage dans chaque salle de classe. Le mouvement de la lumière et de l'ombre, qui se diffuse dans la salle de classe au fil de la journée, ajoute un autre élément ludique au design.

     

    Source : ArchDaily

  • Un centre de R&D marqué du sceau du secret pour Défense nationale

    Plusieurs inconnues occultent la construction des nouvelles installations de recherche de la base de Valcartier. Dont la nature précise des travaux.
  • 11 novembre 2025
    Par Anthony St-Pierre

    Situé sur le flanc d’une colline dans un quartier résidentiel, en prolongement du complexe scolaire Jules-Ferry, le nouveau centre de loisirs de Cébazat restructure les accès, les cours de récréation et les cheminements des écoles maternelle et primaire, tout en s’intégrant harmonieusement à son environnement.

    Ce bâtiment compact de plain-pied possède un toit à pentes multiples, lequel favorise une insertion fluide dans le tissu urbain et crée de généreux volumes intérieurs, conférant aux lieux une atmosphère chaleureuse et conviviale, adaptée aux enfants.

     

    La nouvelle installation comprend trois grandes salles d’activités et deux dortoirs polyvalents, tous orientés à l’est, en direction des aires de jeux et des espaces éducatifs. Une large circulation centrale, baignée de lumière naturelle, fait également office d’espace de vie à part entière.

     

    Conçu pour offrir un cadre sain, ludique et respectueux de l’environnement, l’édifice présente une structure en bois, une isolation en paille et des poutres apparentes. Les cloisons en blocs de chanvre et les enduits en terre renforcent cette approche biosourcée, ancrée dans des matériaux vivants.

     

    Un site, trois niveaux

    Le projet tire parti de la topographie du terrain en s’implantant sur la partie supérieure d’un plateau existant, directement relié à la rue. Ce choix permet de limiter les travaux de terrassement et de préserver l’intégrité du site. Le bâtiment, de plain-pied, s’ouvre sur la rue de Terre-Blanche et se distingue par un vaste parvis ombragé, accessible à tous grâce à l’aménagement d’une rampe et d’escaliers. Cet espace d’accueil est agrémenté de mobilier urbain : supports à vélos, assises, éclairage et plantations.

     

    Deux cheminements structurent la circulation et les usages. Une allée supérieure, bordée d’arbres, prolonge le parvis et est dédiée aux accès techniques et au personnel. Une allée inférieure, réservée aux écoliers, relie quant à elle les cours de récréation à l’accueil de loisirs. La compacité du bâtiment libère de vastes espaces extérieurs dédiés aux jeux, tandis que des zones abritées assurent la transition entre intérieur et extérieur : une cour couverte attenante à l’entrée principale au sud et une aire de jeux reliée directement au parcours des enfants au nord.

     

    Architecture sobre

    Le style architectural sobre s’exprime à travers une toiture à pans multiples qui fait écho aux maisons environnantes, aux bâtiments scolaires existants et au paysage naturel. Le recours à des matériaux locaux et à des entrepreneurs de la région renforce l’ancrage du projet dans l’économie locale.

     

    Les aménagements extérieurs sont repensés selon les principes des cours oasis, afin d’offrir aux enfants un environnement tempéré, verdoyant et inclusif : les arbres existants sont préservés, et la végétation est densifiée pour créer des îlots de fraîcheur. Une variété de plantes locales, comestibles et résistantes aux changements climatiques est déployée en différentes strates.

     

    Le sol devient perméable grâce à l’utilisation de dalles engazonnées, de zones plantées et de paillis organique. Les cours sont conçues comme des espaces partagés, accessibles et polyvalents, combinant zones actives et calmes : potagers, jeux d’équilibre, aires de pique-nique, assises, terrains sportifs, bacs à sable, etc. Ces aménagements ont été définis en concertation avec les usagers.

     

    Une nouvelle identité

    L’architecture du bâtiment repose sur trois principes :

     

    1. Une compacité maîtrisée permettant d’optimiser les surfaces de façade;
    2. Deux retraits volumétriques marquant clairement les accès : une cour d’entrée au sud et une cour récréative au nord;
    3. Une toiture à pans multiples créant une silhouette familière et domestique, en résonance avec l’univers de la petite enfance.

     

    L’organisation spatiale du centre de loisirs s’articule autour d’un espace de circulation central reliant les deux entrées et conçu comme un véritable lieu de vie : zone d’accueil, vestiaires, point d’information, etc. Deux circulations secondaires permettent de séparer les flux : l’une réservée au personnel, l’autre menant vers la cour et les sanitaires.

     

    Les salles d’activités sont orientées à l’est, du côté de la cour, tandis que les locaux de service, d’administration et les sanitaires s’ouvrent à l’ouest, vers la voie de service. De larges ouvertures vitrées assurent une connexion visuelle entre l’espace de circulation et les différentes pièces.

     

    Les toitures à pans multiples, d’inspiration archétypale, contribuent à la qualité des espaces intérieurs en créant des volumes généreux et en mettant en valeur la structure.

     

    Le principe constructif du bâtiment est à la fois simple et évolutif : des chevrons en bois massif tendus entre les pannes faîtières et les sablières limitent le nombre de points d’appui, offrant ainsi une grande liberté dans l’aménagement des espaces et une adaptabilité du bâtiment.

     

    Selon une trame régulière, les façades sont rythmées par des montants verticaux qui donnent du relief au bardage. Trois largeurs de pignons répondent aux différents besoins du programme.

     

    Aménagement et signalétique sur mesure

     Une attention particulière a été portée à la qualité des espaces intérieurs afin de répondre aux besoins spécifiques du centre et des enfants. Les volumes intérieurs généreux suivent les lignes de pente des toitures, mettant le bois à l’honneur.

     

    Le mobilier sur mesure, également conçu en bois, s’intègre harmonieusement à cet environnement, alliant esthétique et fonctionnalité. Des bancs dotés d’espaces de rangement, des surfaces de travail adaptées et des placards intégrés contribuent à la cohérence et à l’ergonomie des lieux.

     

    Pensé pour favoriser le bien-être, la perception spatiale et le développement sensoriel des enfants, le choix des couleurs a fait l’objet d’une attention particulière. Une atmosphère chaleureuse se dégage de la combinaison des matériaux et des teintes : bois apparent dans la charpente, les panneaux et les faux plafonds, planchers en linoléum, nuances de rouge sur les murs en chanvre et les panneaux de liège, ainsi qu’une touche de vert, utilisée ponctuellement sur certains éléments comme les plans de travail et les carreaux.

     

    Une signalétique a été spécialement conçue pour le centre de loisirs. Les panneaux de toiture aux formes archétypales sont devenus le symbole du bâtiment. Cette identité visuelle se retrouve sur les enseignes à l’entrée ainsi que sur les décors adhésifs apposés aux vitrages.

     

    L’ensemble de la signalétique a été réalisé en tôle d’aluminium brossé, offrant une finition à la fois sobre et élégante. Les noms des salles ont été déterminés en concertation avec les usagers, afin de refléter leur appropriation du lieu et de renforcer le sentiment d’appartenance.

     

    Matériaux naturels et durables

    Le bâtiment incarne une approche engagée et ancrée localement, au service de ses usagers. L’utilisation de matériaux biosourcés et locaux a permis de créer un environnement sain, adapté aux enfants.

     

    Le projet est conçu avec une ossature et une structure en bois, isolées en paille, dont une grande partie provient du Massif central. Les cloisons intérieures sont réalisées soit en blocs de chanvre enduits de terre, soit en ossature bois avec parements en bois perforé. Les revêtements de plafond et le mobilier sont également en bois, tandis que les sols sont en linoléum naturel.

     

    Le soubassement est en béton bas carbone. Une attention particulière a été portée à la durabilité du bois utilisé à l’extérieur : un bardage pré-grisé a été choisi pour garantir un vieillissement maîtrisé dans le temps. De plus, les menuiseries extérieures, certifiées BTM (Bois des territoires du Massif central), sont peintes afin d’assurer une durée de vie supérieure à dix ans.

     

    Par ailleurs, le projet se distingue tant sur le plan de sa compacité, de son inertie thermique et de sa bonne isolation, que par son système de production et de consommation énergétique.

     

    Côté ventilation, un puits provençal assure naturellement la ventilation des sanitaires, tandis qu’un système de ventilation double flux doté d’un module adiabatique dessert les grandes salles.

     

    Pour le chauffage et la climatisation, le centre de loisirs recourt à la géothermie, couplée à une pompe à chaleur eau/eau. Ce système réversible hiver/été permet de chauffer et rafraîchir les espaces de manière économique par le plancher radiant.

     

    L’ensemble des équipements techniques a été soigneusement intégré à l’architecture : les grilles de ventilation sont positionnées avec précision, les conduits dissimulés dans les plafonds, les collecteurs intégrés au mobilier, et la toiture est pré-équipée pour accueillir des panneaux photovoltaïques.

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  • 31 mars 2025
    Par Anthony St-Pierre

    Conçue par la firme britannique Zaha Hadid Architects, la station de métro du quartier financier King Abdullah, à Riyad, sert non seulement de point de correspondance principal sur le réseau, mais va aussi au-delà d’un simple lieu de transition en tant qu'espace public dynamique et multifonctionnel.

    Le réseau du métro de Riyad, qui a commencé ses opérations en décembre 2024 avec l'ouverture de ses lignes bleue, jaune et violette (lignes 1, 4 et 6), permettra de réduire la congestion routière, de raccourcir les temps de trajet et d’encourager l'utilisation de modes de transport durables par la population croissante de Riyad, en Arabie saoudite.

     

    En tant que plus long système de transport sans conducteur au monde, son réseau s'étend sur plus de 176 kilomètres à travers 6 lignes et 85 stations, reliant les principaux quartiers, centres d'affaires et sites culturels de la capitale saoudienne. Commandé par la Commission royale pour la ville de Riyad (RCRC), ce métro répondra tant aux besoins des résidents que des visiteurs, avec une capacité quotidienne de 3,6 millions de passagers.

     

    Hub de transport multimodal

    La station de métro du quartier financier King Abdullah (KAFD) sert de point de correspondance principal sur le nouveau réseau, reliant le terminus du KAFD, l'aéroport international King Khalid, et offrant un accès au pont aérien pour le monorail local du KAFD.

     

    Les six quais ferroviaires de la station, répartis sur quatre niveaux, se connectent aux services de bus et de park-and-ride, créant ainsi un important hub de transport multimodal pour la ville, ainsi que de nouvelles places publiques intérieures et extérieures pour le quartier financier.

     

    Contribuant à l'identité du nouveau système de métro de Riyad, le design de la station KAFD met l'accent sur la connectivité. Le trafic prévisionnel ferroviaire, automobile et piétonnier de la station a été modélisé, cartographié et structuré pour optimiser la circulation interne et éviter la congestion.

     

    Inspiration désertique

    La configuration qui en résulte est un treillis tridimensionnel défini par une séquence de sinusoïdes opposées (générées par la répétition et la variation de fréquence des flux de trafic quotidiens de la station), qui servent de colonne vertébrale pour la circulation du bâtiment. Ces sinusoïdes s'étendent jusqu'à l'extérieur de la station, revêtue de panneaux en béton ultra-performants.

     

    Les perforations géométriques de la façade réduisent les gains solaires, en tant que réinterprétation contemporaine de l'abri environnemental traditionnel dans l'architecture vernaculaire de la région. La composition de la façade de la station fait écho aux motifs générés par les vents du désert dans le sable, où plusieurs fréquences et réverbérations créent la répétition complexe des motifs visibles dans le monde naturel.

     

    Efficacité structurelle… et environnementale

    La station de métro KAFD est composée d'un ensemble d'éléments fortement corrélés par la répétition, la symétrie et l'échelle. Le design a été continuellement optimisé par la firme d’architecture tout au long de son développement afin d'augmenter l'efficacité structurelle et la performance environnementale, tout en simplifiant le processus de construction sans compromettre la qualité spatiale, laquelle intègre parfaitement la structure autoportante de son enveloppe extérieure avec la structure interne de la station, qui soutient les quais de train et les viaducs.

     

    Offrant un confort optimal avec une demande énergétique minimale, la station combine des caractéristiques de design passif efficaces avec un système de refroidissement haute efficacité alimenté par des énergies renouvelables et ajusté automatiquement en fonction des niveaux de passagers tout au long de la journée, tandis que des panneaux de porte coulissants sur chaque quai maintiennent l'air frais à l'intérieur de la station. La station de métro KAFD a d’ailleurs obtenu la certification LEED Or du US Green Building Council.

     

    Source : ArchDaily

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