Terra Nostra, vitrine d’un urbanisme circulaire et écoresponsable

6 janvier 2026
Par Benoit Poirier

Un bâtiment abritant 323 logements locatifs abordables actuellement en chantier dans l'arrondissement montréalais d'Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, constitue la pierre angulaire du développement écoresponsable d'un site couvrant une superficie de 70 000 pieds carrés.

Alors que la mise en valeur de cet immense lot situé le long de la rue Louvain, entre les rues Christophe-Colomb et Saint-Hubert, est sous l'égide de la Société de développement Écoquartier Louvain (SDÉL), la mise en oeuvre du bâtiment constitué de cinq volumes est, elle, menée par la Société du patrimoine Angus résidentiel (SPAR), entité sœur de la Société de développement Angus (SDA).

 

« Tout ça sera relié par deux étages de stationnement en sous-sol et un rez-de-chaussée commun, présente Olivier Lemieux, chargé du projet de construction pour le projet Terra Nostra. Nous aurons une tour de 14 étages, une autre de 10 étages, puis trois bâtiments de cinq à six étages avec coursives extérieures. » Les logements compteront de trois pièces et demie à six pièces et demie. « Nous avons quand même beaucoup d'unités avec quatre chambres à coucher, ce qui est assez rare. »

 

La valeur de ce premier lot s'élève à 140 M$, dont 113 M$ en coûts de construction, sous la gouverne de Sidcan. Les firmes Provencher_Roy (architecture et aménagement extérieur), Côté Jean et Associés (structure et civil) et Dupras Ledoux (électromécanique) prennent également part à l'aventure.

 

Boucler la boucle

Recours à des matériaux durables, toitures blanches ou végétalisées, bâtiments et logements conçus pour y maximiser la luminosité et une ventilation naturelles, performance énergétique de 35 pour cent (%) supérieure à la norme, gestion responsable des eaux de pluie, 700 supports à vélo (soit deux par logement) et déroutage hors des sites d'enfouissement de résidus générés sur le chantier figurent au nombre des mesures envisagées et visant l'obtention d'une certification LEED Platine.

 

Tout cela sans compter, à terme, une place publique centrale, une allée piétonne végétalisée, une serre et des espaces réservés à la production maraîchère, un boisé, des aires de jeux, des commerces de proximité, une école primaire et un centre communautaire.

 

De plus, la SDÉL travaille avec la Ville de Montréal à l'élaboration d'un réseau thermique urbaine qui alimentera l'ensemble du site. Toutefois, comme cette option est actuellement en développement, il se peut que le projet Terra Nostra ne puisse y être d'emblée relié, mais plutôt alimenté en énergie par un système géothermique. Il s'agirait d'au-dessus d'une centaine de puits. Mais, même si la boucle thermique ne se concrétise qu'ultérieurement, le bâtiment sera de toute façon prêt à s'y alimenter en énergie, indique-t-on.

 

La préfabrication en usine de tout ce qui touche à la plomberie constitue une autre particularité du projet. Les unités standardisées, qui intégreront 70 % des éléments mécaniques et électriques, seront directement livrées au chantier pour être adossées aux salles de bains et aux cuisines. « Cela vient répondre à des enjeux de rapidité, d'échéancier mais aussi de qualité », souligne-t-il.

 

Rappelons que ce projet d'ensemble élaboré par la SDÉL découle d'une démarche citoyenne initiée en 2012 et visant la réhabilitation de ce terrain de huit hectares sur lequel se sont côtoyés durant plusieurs décennies divers services municipaux. Appartenant toujours à la Ville de Montréal, le site a été entièrement démantelé et décontaminé. Les travaux d'excavation seraient entrepris en janvier 2026.

 

« On parle d'un chantier qui peut aller jusqu'à 30 mois, selon qu'il y a de la géothermie ou pas. Et c'est un projet qui est assez complexe avec deux grues et cinq structures différentes. » Avantage non négligeable, les équipes seront les premières à investir le site. Donc beaucoup d'espace de manœuvre, bien que la Ville doive, en parallèle, aménager le parc urbain prévu aux plans.