30 ans pour le Fonds immobilier de solidarité FTQ

11 janvier 2022
Par Elizabeth Pouliot

Filiale immobilière du fonds de solidarité de la fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), le fonds immobilier de solidarité FTQ fête cette année ses 30 ans d’existence. Petit tour d’horizon de ce leader en immobilier au Québec.

Il est avant tout primordial de distinguer le Fonds immobilier du Fonds de solidarité. Le premier, créé dans le but de pouvoir participer à ce secteur économique, investit, en équité avec un partenaire, dans le développement et la construction de projets immobiliers. La maison mère, elle, récolte des fonds auprès de ses 723 501 épargnants actionnaires, qu’elle investit dans les entreprises du Québec, tous secteurs d’activités confondus. « Au Fonds immobilier, nous achetons un terrain en partenariat avec un développeur et nous participons à l’évolution et à la construction de cet actif. Puis, sur un horizon de 5 à 7 ans, nous vendrons notre participation, c’est-à-dire que notre partenaire ou un tiers parti rachètera notre part à la valeur marchande », explique Normand Bélanger, président-directeur général du Fonds immobilier FTQ.

 

Normand Bélanger, président-directeur général du Fonds immobilier FTQ. Crédit : Gracieuseté

 

Au 31 mai 2021, le Fonds immobilier détenait un portefeuille de 54 projets en construction ou en développement d’une valeur de 3,6 milliards et de 98 immeubles en gestion d’actifs. À l’heure actuelle, ce sont des projets comme Espace Montmorency à Laval, Solar Uniquartier à Brossard ou encore, d’ici peu, les terrains de la brasserie Molson à Montréal qui font rayonner le Fonds immobilier et travailler des centaines de personnes.

 

Évolution et révolution

Le domaine de l’immobilier s’est métamorphosé en trois décennies. Les actifs à usage unique, très répandus auparavant, ont fait place aux actifs mixtes. Les projets locatifs résidentiels, de bureaux et commerciaux ne font souvent qu’un aujourd’hui et résident alors sous le même toit. Humaniti, au centre-ville de Montréal, en est un bon exemple. De plus, les certifications LEED sont devenues choses communes et d’autres comme WELL apparaissent tranquillement. « Tout ça demande une façon de faire très différente. De plus en plus, nous allons axer le développement sur la conception intégrée. Nous réunissons donc autour de la table les bons professionnels qui pourront déterminer les meilleures pratiques à suivre », précise Normand Bélanger. Les condos aussi étaient beaucoup moins présents il y a 30 ans, moment où les maisons unifamiliales avaient davantage la cote. Intrinsèques aux actifs immobiliers, les stationnements ont également évolué. « Il y a 15 ans, pour chaque 1 000 pieds carrés d’espace de condo, nous avions 1 ¼ espace de stationnement. Aujourd’hui, nous venons de lancer 265 unités avec Devimco Immobilier sur le site de Radio-Canada et nous avons 106 espaces de stationnement seulement », mentionne le président-directeur général du Fonds immobilier.

 

Passionné et impliqué

Contribuant à l’économie québécoise par la création d’emplois, mais aussi par des rendements positifs pour les actionnaires-épargnants de sa maison mère, le Fonds immobilier tient à s’impliquer socialement. À titre d’exemple, 15 % de ses investissements annuels en immobilier atterrissent dans des projets sociaux, communautaires ou abordables. « C’est vraiment au coeur de notre mission, qui vient définir notre approche responsable. Notre modèle d’affaires nous pousse à être un investisseur d’impact. C’est notre rôle d’être solidaire », mentionne Marianne Duguay, vice-présidente à la gestion d’actifs au Fonds immobilier du Fonds de solidarité FTQ.

 

En 2021, le Fonds immobilier s’est d’ailleurs doté de sa première politique-cadre de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE). D’ici la fin de l’année, il vise à mettre en place un comité consultatif RSE qui sera responsable d’élaborer, d’opérationnaliser et de déployer son plan d’action, précisant ainsi ses objectifs en matière de RSE et de développement durable. « Nous en faisons beaucoup et depuis longtemps, note Marianne Duguay. Et avant la conclusion d’une entente, nous nous assurons toujours d’avoir des partenaires et des fournisseurs de bonne réputation à travers un bilan social. » Pour y arriver, la direction d’évaluation avec les travailleurs du Fonds de solidarité FTQ évalue la gestion des ressources humaines, les relations de travail, les communications et autres de l’éventuel partenaire. « Nous déterminons ainsi s’il s’agit ou non d’un bon citoyen corporatif. »

 

Marianne Duguay, vice-présidente à la gestion d’actifs au Fonds immobilier du Fonds de solidarité FTQ. Crédit : Gracieuseté

 

Dans l’avenir, le Fonds immobilier souhaite poursuivre l’amélioration de sa performance, notamment en ce qui concerne ses pratiques. Il veut donc se munir d’indicateurs de performance reconnus et mesurables, que ce soit en reddition de compte ou pour ses décisions d’investissement. « Nous intégrerons ces pratiques RSE de façon plus formelle dans le but d’être, nous aussi, un bon citoyen corporatif, mais également dans le but d’améliorer et d’augmenter la pérennité et la rentabilité financière de nos actifs », conclut Marianne Duguay.

 

Plus largement, Normand Bélanger croit que, dans le futur, le milieu de la construction n’aura d’autre choix que de se moderniser davantage. « C’est un secteur qui devra améliorer son efficacité et sa productivité. » Et pour lui, l’immobilier a le vent dans les voiles et il faudrait en profiter pour densifier l’île de Montréal, afin de contrecarrer l’étalement urbain grandissant. « Récemment, le Fonds participe au développement qui se fera autour du Réseau express métropolitain (REM) ou des futures lignes de métro par l’acquisition d’espaces à développer ou à redévelopper. » Alors, rendez-vous dans un autre 30 ans pour constater la concrétisation de toutes ces réalisations !