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  • 1 novembre 2024
    Par Marianne Roberge

    Espace généreux, ouvert sur le monde et respectueux de la riche nature qui l’entoure, le futur Grand Stade Hassan II, ainsi baptisé en l’honneur de l’ancien roi du Maroc, se distingue à bien des égards. À commencer par une architecture sportive novatrice redéfinissant l'expérience du spectateur !

    Une fois achevé, ce stade de football, qui pourrait bien devenir le plus grand au monde avec sa capacité de 115 000 places, servira de domicile à l’équipe de football du Maroc et aux deux plus grands clubs marocains, soit le Raja Club Athletic et le Wydad Athletic Club.

     

    Présentant les plus récentes innovations en matière de technologie de terrain, de design et de durabilité, tout en maintenant une harmonie avec l’écosystème avoisinant, tout porte à croire que ce futur espace sportif deviendra un lieu emblématique, autant pour le Maroc que pour le football.

     

    Un stade attendu… depuis deux décennies !

    Après une gestation rocambolesque de plus de vingt ans où il s’est vu maintes fois déplacé, annulé, transformé, reporté, voire quasi oublié, le projet prend enfin vie avec l’aboutissement du concours d’architecture, remporté par le consortium conduit par l’architecte marocain Tarik Oualalou en mars 2024. Ce consortium est chargé de la conception, des études techniques ainsi que du suivi des travaux.

     

    Confirmée en octobre 2023, la construction s’est finalement amorcée en 2024, traçant le point de départ de ce chantier tant attendu se déroulant sur un site de 100 hectares à El Mansouria, dans la province de Benslimane, à 38 km au nord de Casablanca.

     

    Les travaux s’échelonneront jusqu’à la livraison du stade, dont l’ouverture est prévue pour 2028.

     

    Une architecture célébrant le patrimoine culturel du Maroc

    Alliant tradition et modernité et ancrée dans l’esprit de l’hospitalité marocaine, l’architecture du stade Hassan II est fortement inspirée des traditionnels rassemblements sociaux marocains appelés « moussem », de ses tentes traditionnelles dites « caïdales », ainsi que de la topographie et des paysages de ce pays.

     

    Son toit gigantesque et translucide, constitué d’un treillis en aluminium unique, constitue d’ailleurs l’un des éléments remarquables du projet. Avec son design hors du commun, rappelant la forme de ces fameuses tentes, il s’intègre de façon vraiment spectaculaire dans son environnement boisé.

     

    En effet, sa structure est soutenue par un anneau de 32 escaliers créant des passerelles monumentales qui mènent à des jardins luxuriants positionnés sur des plateformes surélevées, chacune située à 28 mètres au-dessus du sol.

     

    En créant une oasis de verdure sous la canopée translucide de ce toit extraordinaire, les jardins offrent aux visiteurs une expérience spatiale unique. Cet effet est amplifié par une série de jardins botaniques disposés sous les extrémités de la couverture, au niveau du sol.

     

    Cette conception peu banale offre autant d’attraits esthétiques qu’elle répond aux préoccupations pratiques en matière d’ombre, de ventilation naturelle et d’acoustique.

     

    Un lieu de football colossal

    La zone principale des gradins du stade est structurée de manière non moins impressionnante.

     

    En effet, à chaque extrémité de l’immense « bol » du stade, sur chacune des tribunes principales, trois niveaux abrupts et compacts de sièges viennent assurer une atmosphère dynamique et spectaculaire. Ces deux grandes tribunes permettent d’accueillir 29 500 spectateurs en admission générale par extrémité.

     

    De plus, de chaque côté du terrain, cinq niveaux d’hospitalité destinés aux VIP et VVIP seront situés le long de chacune des tribunes principales, offrant des sièges pour 12 000 invités ainsi qu’une loge royale.

     

    Une approche durable des infrastructures sportives

    Au-delà de son apparence captant l’attention, le stade incarne également son engagement envers les principes du design et de la construction durables.

     

    Ainsi, les architectes ont intégré à ce projet différentes caractéristiques permettant de minimiser l’impact environnemental de celui-ci. Pensons notamment à l’apport de systèmes éconergétiques, à des installations permettant la récupération des eaux pluviales et au choix de matériaux durables pour sa construction.

     

    Grandiose au-delà du football !

    Entièrement pensé et conçu pour répondre aux normes de la FIFA, le stade deviendra un lieu d’accueil potentiel pour la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, le Maroc ayant été désigné comme l’un des pays hôtes du tournoi, aux côtés de l'Espagne et du Portugal.

     

    Plus encore, Hassan II se construit au cœur d’un immense complexe sportif de 100 hectares visant à devenir un centre national de formation et de recherche de haut niveau dans de nombreuses disciplines sportives.

     

    En plus du grand stade de football, ce complexe sera doté d’un stade d’athlétisme d’une capacité de 25 000 spectateurs, de quatre terrains d’entraînement, d’une salle multisport, d’une salle de gymnastique, d’une piscine olympique, d’un centre de conférences et d’expositions, d’un hôtel, d’un centre commercial et d’un parc.

     

    Un projet grandiose dans un autre projet… tout aussi grandiose !

     

    Le Stade Hassan II en bref

    Coût : 490 M$

    Emplacement : El Mansouria, région de Casablanca-Settat, Maroc

    Construction : 2024 à 2028

    Ouverture : 2028

    Gestionnaire de projet : SONARGES

    Équipe de projet :

    • Architecture : Populous, en collaboration avec Oualalou + Choi
    • Ingénierie :
      • Maffeis Engineering
      • ME Engineering
      • Rider Levett Bucknall
      • Momentum
      • SEPSI
    • Entrepreneurs généraux :
      • Société générale des travaux du Maroc (SGTM) : travaux de terrassement

    Capacité : 115 000 spectateurs

     

    Sources : ArchDaily, Wikipedia, Populous, Industry Tap et Deezen

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  • 6 mars 2025
    Par Anthony St-Pierre

    L’école internationale Bloomingdale située à Vijayawada, en Inde, se présente comme un précurseur du pouvoir transformateur de l'architecture paramétrique en provoquant un changement de paradigme dans l'éducation préscolaire.

    L'utilisation de panneaux vitrés sur toute la hauteur et du toit en gazon, l'organisation spatiale fluide des salles de classe, l’utilisation abondante de la préfabrication et de technologies computationnelles, ainsi qu'une forme architecturale paramétrique, s'écartent du « bâtiment typique en boîte », créant une structure distincte, non conformiste et ludique.

     

    Organisation spatiale non conventionnelle

    La maternelle occupe une superficie de 4 000 pieds carrés au sein du campus, adjacente au bâtiment scolaire existant. Reliant les deux bâtiments, une cour en contrebas suit la topographie du site et monte vers la nouvelle extension comme si elle gravissait une colline.

     

    Cette organisation du site, associée à la nécessité d’accueillir environ 100 enfants, a offert aux architectes de la firme andblack design studio l'opportunité de développer quelque chose d'unique pour le campus scolaire. Le résultat est un design qui remet en question l'idée de ce que doit être une école. Il le fait en réunissant la forme construite, le paysage et les intérieurs en une seule entité, en utilisant une organisation spatiale non conventionnelle, des technologies modernes et des matériaux robustes.

     

    Fluidité et interconnexion

    L'architecture de l’école internationale Bloomingdale se distingue des normes de conception scolaire habituelles. Au lieu des salles de classe typiques en forme de boîte pour un espace intérieur de 3 000 pieds carrés, l'agencement envisage des salles de classe comme des espaces fluides et interconnectés qui favorisent les déplacements libres et les interactions.

     

    Le design fusionne harmonieusement les espaces de jeu et d'apprentissage, estompant les frontières entre les deux. La cour contribue à cet effet en s'adaptant selon les besoins comme terrain de jeu, salle de classe, amphithéâtre ou bassin de boue. Cette expérience spatiale unique est renforcée par l'utilisation de panneaux vitrés sur toute la hauteur à la place des murs et de lucarnes sur le toit. Ce faisant, le design élimine la distinction entre l'intérieur et l'extérieur, faisant ainsi du paysage une extension de l'espace construit et inversement.

     

    Comme dans un cocon

    Un autre point de rupture avec l'architecture scolaire conventionnelle est la dépendance du design à la forme construite plutôt qu'aux couleurs vives pour susciter l'intérêt visuel. Au cœur de cette idée se trouve la réflexion suivante : « Le bâtiment, au lieu de faire partie du paysage, devrait être une forme du paysage en soi. » Cela est évident grâce au toit incurvé et ondulant, imitant une vague ou peut-être des collines roulantes. Lorsqu'on regarde le bâtiment de loin, l'observateur peut immédiatement apercevoir le paysage au-delà, donnant l'impression que le bâtiment fait partie de la scène elle-même. Un regard plus attentif révèle l'ingéniosité réelle du design : les enfants habitant le bâtiment comme s'ils étaient protégés à l'intérieur d'un cocon.

     

    Une structure métallique unique

    La forme fluide du toit – recouvert de gazon et reposant sur un espace structurel dégagé, sans supports internes ni cloisons – a été conçue à l'aide d'outils informatiques. Son ingéniosité réside dans la manière dont la surface verte surplombe le reste de la forme construite, en faisant un point de repère dans la région. Ce qui est encore plus surprenant, c'est que la structure elle-même a été réalisée avec un budget limité, en adoptant un processus de construction efficace tenant compte des ressources et des technologies disponibles.

     

    Une utilisation abondante de matériaux préfabriqués est un autre aspect clé du design. Le noyau structurel du toit a été érigé sur site en utilisant des éléments préfabriqués et des techniques de construction qui consistaient à diriger des plaques de jonction uniques à chaque intersection des sections creuses circulaires courbées le long des axes X et Y. La courbure requise a été obtenue en variant les hauteurs des jonctions fabriquées et assemblées avec précision. Les complexités structurelles pour obtenir la peau externe lisse ont été résolues par l'intégration d'une coque en ferro-ciment au-dessus de la structure métallique unique.

     

    La lumière en mouvement

    Lorsque cette structure est vue de l'intérieur, le toit crée un sentiment captivant à la fois d'émerveillement et de mystère. Les éléments structurels exposés le long du plafond offrent un magnifique contraste avec la surface recouverte de gazon à l'extérieur, permettant ainsi au véritable caractère des matériaux de s'exprimer pleinement. L'effet visuel de cette palette de matériaux austères est accentué par la lumière naturelle qui se diffuse à travers les lucarnes, soulignant la courbure continue et créant un point d'ancrage dans chaque salle de classe. Le mouvement de la lumière et de l'ombre, qui se diffuse dans la salle de classe au fil de la journée, ajoute un autre élément ludique au design.

     

    Source : ArchDaily

  • 6 septembre 2022

    Imaginé par la firme d’architecture ATRIUM, ce projet réinvente la typologie du pont en tant qu'espace à la fois transitoire et récréatif.

    D’une longueur de 380 mètres, le pont piétonnier d'Almaty, au Kazakhstan, relie deux espaces verts autrement séparés par une autoroute : le jardin botanique et le parc Sunkar. En plus d'un parcours direct et utilitaire, un chemin sinueux a été aménagé le long du pont afin de permettre aux piétons de flâner et de diversifier leurs expériences spatiales.

     

    Le projet implique une interférence minimale avec le paysage. Le pont s’intègre délicatement dans les espaces verts environnants, mais en fait également partie puisque sa structure est utilisée comme bacs pour des plantes et des arbres. Cette végétation et les plateformes d'observation confèrent au pont une silhouette expressive qui le transforme en un lieu symbolique.

     

    Depuis le jardin botanique, les visiteurs pénètrent dans une colline dotée d'une terrasse d'observation et d'espaces événementiels. Il s'agit d'une composition spatiale à plusieurs niveaux, soigneusement intégrée au relief. Dans cette partie du projet, le concept des chemins alternatifs se poursuit avec un escalier qui peut être rapidement gravi et une longue rampe ayant une inclinaison de cinq degrés.

     

    Cette infrastructure moderne symbolise le développement d'Almaty en tant que ville verte innovante, mais souligne également ses traditions.  Les concepteurs se sont inspirés de l'identité nationale et ont incorporé des ornements kazakhs dans le tracé des chemins principaux et des rampes supplémentaires.

     

    Le projet a remporté le premier prix dans la catégorie « Unbuilt Transportation » des A+ Awards.

     

    Source : Studio Atrium (v2Com)

  • L'aluminium, une solution durable pour les habitations communautaires

    L'aluminium, une solution durable pour les habitations communautaires

    Création d'espaces de vie répondant aux besoins des résidents, gestion de l’espace et contraintes économiques, la conception d'habitations communautaires comporte plusieurs défis pouvant rendre complexe ce processus. Et si l’aluminium aidait à optimiser la durabilité des nouvelles constructions ?

    Une baladodiffusion de Constructo, commanditée par AluQuébec.

    Choisir judicieusement les matériaux utilisés dans la conception des habitations communautaires peut permettre de diminuer les coûts d’entretien des bâtiments et, à long terme, réduire les dépenses d’un organisme communautaire malgré un investissement initial plus important. Voyons comment l’aluminium, par sa résistance à la corrosion, aux intempéries et à l'usure, a contribué à la durabilité de la Maison Lauberivière et de L’Albédo, à Québec.

     

    Dans ce troisième épisode, nous accueillons Francis Fortin, architecte associé chez Lafond Côté architectes, pour discuter de ces deux projets où l’aluminium a été utilisé avec brio.

     

    Nous traiterons ensemble de questions telles que :

    • Comment l’aluminium a-t-il été intégré dans les projets de la Maison de Lauberivière et de L’Albédo ?
    • En quoi le recours à l’aluminium s’est-il inscrit dans une perspective innovante ?
    • Quels attributs de l’aluminium ont semblé particulièrement intéressants pour ces projets ?
    • Pourquoi avoir choisi ce matériau, même si le coût à l’acquisition est plus élevé ?
    • Quels défis a posé l’intégration de ces revêtements en aluminium, voire leur création de toute pièce, et comment ont-ils été surmontés ?

     

    « L’aluminium est durable et sans entretien. Nous servons une clientèle qui n’a pas de grands moyens financiers et on veut que les ressources aillent aux usagers. Si le client doit avoir des frais annuels d’entretien, l’argent ne va pas à la bonne place. D’où le choix d’employer ce matériau. »
    - Francis Fortin, architecte associé chez Lafond Côté architectes

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